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Gladia lève 16 millions de dollars pour révolutionner les échanges audio multilingues dans le monde de l’entreprise
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Gladia lève 16 millions de dollars pour révolutionner les échanges audio multilingues dans le monde de l’entreprise

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Le rennais Gladia défie les américains Google ou Microsoft sur la reconnaissance vocale par l’IA. Son API permet une traduction multilingue en quasi-temps réel. Sa levée de fonds de 16 millions de dollars va lui permettre de démarrer son internationalisation et de développer l’activité sur les centres d’appels, gros vecteur de revenus.

Gladia, spécialiste de la transcription audio, compte deux bureaux à Rennes et Paris — Photo : Gladia

Elle avait récolté 4 millions d’euros en juin 2022 lors d’une première levée de fonds. La start-up rennaise Gladia (35 salariés), plateforme de transcription et d’intelligence audio basée sur l’intelligence artificielle, récidive et change de braquet. Elle vient cette fois de lever 16 millions de dollars (environ 14,5 millions d’euros) lors d’un tour de financement de série A clôturé en octobre 2024. L’opération est menée par XAnge, la marque d'innovation du groupe de capital-investissement lyonnais Siparex, accompagnée des investisseurs Illuminate Financial, XTX Ventures, Athletico Ventures, Gaingels, Mana Ventures, Motier Ventures, Roosh Ventures et Soma Capital.

Reconnaissance vocale par l’IA

Gladia a été créée en 2022 à Cesson-Sévigné par le Rennais Jean-Louis Quéguiner (sans lien familial avec Clément Quéguiner, PDG du groupe finistérien Quéguiner Matériaux, NDLR), ancien directeur de la data et de l’IA chez le nordiste OVHcloud, et Jonathan Soto, un Toulousain formé à la célèbre université de recherche Massachusetts Institute of Technology aux États-Unis, serial investisseur dans des entreprises technologiques.

"J'ai fondé Gladia pour une raison très personnelle : j'étais frustré que les services de transcription audio existants ne puissent pas comprendre mon accent français"

La start-up s’est donnée comme mission d’aider les entreprises à exploiter l’intelligence artificielle de pointe et à obtenir des informations à partir de données audio. Son API (interface de programmation d’application) prend en charge des fonctionnalités avancées de reconnaissance vocale dans plus de 100 langues, et permet une transcription asynchrone en quasi simultané. "J’ai fondé Gladia pour une raison très personnelle : j’étais frustré que les services de transcription audio existants ne puissent pas comprendre mon accent français, expose Jean-Louis Quéguiner, PDG de l’entreprise. Notre équipe et nos clients internationaux changent souvent de langue lors des réunions, mais il était impossible de trouver une solution de transcription capable de gérer simultanément différentes langues et accents."

Vers une plateforme d’infrastructure audio complète

La levée de fonds va permettre à l’entreprise rennaise de passer d’un fournisseur d’API de synthèse vocale à une plateforme d’infrastructure audio complète. De quoi révolutionner des secteurs tels que les outils d’aide à la vente, les assistants d’organisation de réunion professionnelle (Teams, Meet…), mais surtout les centres d’appels, son premier marché. Ce type d’entreprises a une utilisation de la technologie IA audio pour le contrôle qualité. "En valeur, la masse salariale de personnes à travailler dans les call centers est estimée entre 300 milliards et 1 000 milliards d’euros dans le monde. Or nos outils permettent d’améliorer l’efficacité de 30 %. Ça nous offre un beau potentiel", expose Jean-Louis Quéguiner. La reconnaissance vocale par l’IA va aussi servir les plateformes de podcasts ou les outils de traitement vidéo, par exemple.

Amazon, Google et Microsoft comme concurrents

Gladia se targue d’avoir une précision dans la transcription des messages audio bien supérieure à celle de ses concurrents américains : les géants Amazon, Google et Microsoft, et d’autres acteurs de plus petite taille. "Le monde n’est pas monolingue et pas mono accent, et nous l’avons bien compris", assure le jeune patron de 36 ans. Sa technologie permet aussi de faire "parler" les émotions (stress, colère, surprise…).

Observé de près chez l’Oncle Sam, le breton vient d’être choisi par AWS, le cloud du géant américain Amazon, pour intégrer son accélérateur dédié à l’IA générative.

Nouvelles embauches

En plus du développement de son logiciel, Gladia prévoit de continuer à développer sa base de talents, avec dix nouvelles embauches en vue en 2025. L’équipe rennaise (4 personnes) s’occupe de la partie développement du logiciel. Le gros des troupes est installé à Paris (rue du Louvre), son établissement principal. "Nos clients et nos investisseurs sont présents à Paris, c’est un passage obligé pour une entreprise comme la nôtre tournée vers l’international", indique l’entrepreneur.

Cap sur New York

L’accélération à l’international fait justement partie de ses prochains défis. L’entreprise génère déjà plus de la moitié de ses revenus aux États-Unis. L’ouverture d’une agence à New York est à l’ordre du jour pour 2025 pour défricher le marché américain beaucoup plus mature sur l’IA que l’Europe. Jean-Louis Quéguiner prévoit de s’installer outre-Atlantique avec sa famille, comme ont pu le faire avant lui d’autres dirigeants bretons travaillant dans le secteur du numérique comme Matthieu Beucher (Klaxoon) ou Armel de Lesquen (Famileo).

Gladia sert actuellement plus de 90 000 utilisateurs et 600 clients entreprises dans le monde entier. L’entreprise prévoit de "doubler, voire de tripler" sa base utilisateurs en 2025. Le dirigeant reste discret sur le chiffre d’affaires qu’il souhaite atteindre.

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