Nice
Qiti veut commercialiser son application d’assurance santé internationale
Nice # Assurance # Start-up

Qiti veut commercialiser son application d’assurance santé internationale

S'abonner

La start-up deeptech niçoise Qiti a peut-être trouvé un débouché inattendu alors que le nombre de clients, qui souscrivent directement à ses solutions d’assurances basées sur de l’IA, peine à décoller.

Christophe Bremard (à gauche), le CEO de Qiti, et son associé et CTO, Guillaume Dion — Photo : Yan Forhan

Il tablait à terme sur 1 000 clients par mois. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Christophe Bremard, fondateur et CEO de Qiti, n’est pas inquiet, outre mesure, par ce retard à l’allumage. Si la start-up, qui propose depuis son lancement en avril 2021 des solutions d’assurance-santé internationale sur mesure grâce à de l’IA, n’a pas encore trouvé son public, elle tient peut-être, dans ses bureaux niçois, une nouvelle piste de développement inattendue. Après avoir levé 1,9 million d’euros en mars 2023 grâce à des apports notamment de Guillaume Sarkozy ou de John Elalouf, via son fonds Cleverton Ventures, elle a conçu et sorti, au début de l’été, une application pour smartphone qui pourrait révolutionner le secteur et suscite des convoitises. "Nous n’avions pas imaginé jusque-là de pouvoir la vendre en marque blanche ou en cédant des éléments. Mais elle nous vaut l’attention appuyée de plusieurs assureurs et courtiers qui se montrent intéressés pour la commercialiser ensuite. On y travaille donc", explique le dirigeant.

Tout-en-un

Concrètement, cette innovation technologique, multilingues, l’une des rares solutions assurantielles en full app dans le monde, offre la possibilité à ses utilisateurs, français ou non, de souscrire directement les garanties (et de gérer les sinistres) en matière de santé, responsabilité civile, rapatriement sanitaire, hospitalisation, ou assistance juridique. Le tout en s’adaptant finement au profil du souscripteur avec l’apport de l’intelligence artificielle. Elle fournit aussi, par exemple, des actualités et des alertes sur le pays, donne les numéros de téléphone d’urgence des établissements les plus proches en cas de besoin grâce à la géolocalisation ou permet de joindre un médecin 24 heures sur 24 le cas échéant. Mieux, elle apprend de ses utilisateurs pour prédire, anticiper et mettre à jour leurs besoins. Des ingrédients qui ont suscité 15 000 téléchargements et l’ouverture de 2 000 comptes en quelques mois.

Allianz ou Mondial Assistance

Problème, seulement "400 ont payé, ce qui est en dessous de nos attentes" admet le patron. Le produit est-il trop en avance sur son temps ? Peut-être. "Les gens n’arrivent pas jusqu’à l’acte d’achat, précise-t-il. Nous proposons pourtant un prix unique sans questionnaire de santé, sans limite d’âge, une expérience utilisateur novatrice et unique mais nous souffrons d’un manque d’image." Selon lui, les intéressés, qu’ils soient expatriés nomades digitaux, retraités, touristes ou étudiants, peuvent douter que la marque Qiti soit assez connue ou solide en cas de problème. "Ce que les personnes ne savent pas, c’est que l’assureur derrière, c’est Allianz ou Mondial Assistance. Nous avons commencé à corriger cela. Nos partenaires d’assurance sont mieux mis en avant."

Pour aller chercher ses clients, la société prospecte aussi du côté des entreprises -dont les salariés sont à l’international- afin de leur proposer une solution tout-en-un grâce à l’application.

Le potentiel de l’assurance santé pour les expatriés est immense. Selon Christophe Bremard, les voyageurs internationaux sont près de 400 millions sur la planète et les nomades digitaux 70 millions. De quoi espérer pour Qiti, qui a réalisé 340 000 euros lors de son deuxième bilan, là encore "en dessous des prévisions". La start-up compte aujourd’hui 9 salariés. "Dès que le chiffre d’affaires progressera à la rentrée 2024, nous réembaucherons !" promet-il.

Nice # Assurance # Start-up