Basée à Metz, la start-up My Water Manager (6 salariés) développe et commercialise un dispositif permettant de couper un débit d’eau à distance, via une application. La technologie développée propose plusieurs autres services de domotique, comme des détections de fuites ou d’activités anormales.
My Water Manager a lancé sa solution à la commercialisation début 2024. Pour se déployer rapidement et atteindre le million d’euros de chiffre d’affaires en 2024, la start-up vise un développement en France et à l’international. Un fonds d’investissement, dont l’identité n’est pas communiquée, devrait prochainement entrer à son capital, pour en acquérir jusqu’à 50 %.
Cinq ans de R & D et 10 millions d’euros investis
Avant son lancement à la commercialisation, la start-up a entrepris cinq années de R & D. Le lancement de sa technologie a nécessité 10 millions d’euros d’investissement, dont 6 investis par Alain Lang, actionnaire majoritaire et président de la start-up, qui détient par ailleurs une foncière immobilière. Produite par l’industriel turc de la robinetterie E.C.A. (4 300 collaborateurs ; CA : 1,5 Md$), la solution se compose de plusieurs modules interconnectés, posés sur l’installation sanitaire. Chacun mesure le débit et la température de l’eau et échange des informations avec une box. En cas de situation urgente, l’eau est coupée automatiquement.
En plus de permettre de couper l’eau, l’application alerte en cas de comportements inhabituels et donne accès à des informations sur le débit, la température et le coût de consommation en eau du logement. "Notre solution permet de réaliser jusqu’à 25 % d’économies d’énergie", chiffre Yann Duhal. L’application possède onze niveaux d’accréditation, pour être utilisée en toute légalité par plusieurs types de clients, comme des bailleurs sociaux, hôtels, hôpitaux, collectivités, industries, commerces et particuliers. "Nous visons en priorité le secteur du tertiaire. Nous travaillons déjà avec plusieurs assurances", annonce Yann Duhal.
Une solution brevetée dans plus de 150 pays
Avant de lancer sa technologie sur le marché, My Water Manager l’a fait breveter à l’international. "C’était un choix stratégique. Nous voulions tout verrouiller pour être certains de ne pas se faire doubler", explique Yann Duhal. En juin 2024, la solution était brevetée dans 153 pays.
Même si la solution est commercialisée prioritairement en France, "là où il y a un robinet, il y a un client", souffle le directeur technique. La start-up a ouvert sa première franchise en février 2024, au Luxembourg. Des contrats de distribution ont également été signés, notamment avec le grossiste allemand en plomberie et climatisation GC-Grüppe (24 000 collaborateurs ; 2 500 sites en Europe). "En Europe, nous allons vendre en BtoB, et hors Europe, nous allons essayer de franchiser", anticipe Yann Duhal.
De la R & D et un projet de relocalisation partielle
En parallèle du lancement de la technologie sur le marché, la start-up poursuit la R & D, principalement pour se développer sur le secteur du chauffage, mais aussi pour pouvoir commercialiser des modules à longue portée, à destination des industriels notamment.
"Nous sommes en train de déposer un dossier pour France Relance 2030", lance Yann Duhal. Si la start-up est lauréate, l’objectif serait de produire en France des chaînes de production de sa solution de domotique. Avec un objectif : les commercialiser à l’international, pour faciliter la livraison et accélérer la commercialisation du produit.