C’est en présence de l’ancien ministre Jean-Yves Le Drian et du préfet des Côtes-d’Armor, François de Keréver, qu’Aurélie Tacquard, dirigeante du groupe bretillien Galapagos Gourmet, et son père Christian Tacquard, qui avait racheté en 1990 les crêpes dentelle Gavottes, ont fait visiter le fleuron industriel du groupe : l’usine de 12 500 m² située à Lanvallay, près de Dinan. L’occasion de fêter un double anniversaire. Celui des 140 ans de la crêpe dentelle, née de la recette d’une crêpière quimpéroise, Marie-Catherine Cornic. Et celui du site de Lanvallay, construit il y a 10 ans pour un investissement de 30 millions d’euros.
6 000 tonnes de Gavottes produites par an sur trois sites
Le site de Lanvallay qui produit les Gavottes et qui compte 130 collaborateurs, a permis de faire passer un cap au groupe bretillien Galapagos Gourmet (215 salariés, 160 M€ de CA en 2025). À sa reprise en 1990 par le Franc-Comtois d’origine — depuis installé à Rennes- Christian Tacquard, 500 tonnes de Gavottes étaient fabriquées chaque année, dans une usine de Taden qui comptait alors 45 salariés.
Aujourd’hui, 6 000 tonnes de crêpes dentelle Gavottes sont produites annuellement sur les sites de Lanvallay, Taden et Quimper. "Aurélie et Christian Tacquard ont fait passer un artisanat au stade de réussite industrielle, a commenté Jean-Yves Le Drian lors de sa visite de l’usine fin mai. C’est une histoire de transmission et de savoir-faire, une histoire bretonne."
Le plan 2030 prévoit 25 millions d’euros d’investissement
Pour arriver à ce résultat, de nombreux investissements ont été réalisés sur le site. Et ils ne sont pas finis. Les investissements ne sont pas finis puisque le groupe prévoit d’ici 2030 un investissement global de 25 millions d’euros, sur le périmètre du groupe, qui comprend plusieurs autres marques comme les Traou Mad, des Biscuits Roses de Reims de Fossier ou encore, racheté en 2024, le Parisien Fauchon.
Ces investissements vont encore accélérer l’automatisation dans différentes usines bretonnes du groupe. "La performance économique est indispensable pour pouvoir être compétitifs au niveau prix, pour que nos produits restent accessibles", a souligné Christian Tacquard qui, depuis la passation de pouvoir avec sa fille Aurélie, garde "un regard très attentif" sur le groupe.
L’automatisation se poursuit
Cette automatisation n’allait pas de soi à la reprise de l’entreprise en 1990. "Lorsqu’on a parlé, en 1990, d’installer les premières machines et robots, les salariés ont eu peur de perdre leur emploi, a raconté Christian Tacquard. Ils étaient alors 45 et aujourd’hui, ils ont 130 à y travailler !" La dernière machine installée l’a été en début d’année 2026. À l’aide d’un tapis et d’un bras articulé, elle permet de "ramasser" et de déposer dans des barquettes jusqu’à 380 crêpes par minute. L’investissement s’est élevé à 600 000 euros.
Une machine maison qui roule 2,5 millions de crêpes chaque jour
Au total, chaque ligne de production (le site de Lanvallay en possède 10) nécessite un investissement machine d’1,5 million d’euros. On y trouve notamment des machines développées en interne qui enroulent la pâte à crêpe 8 fois pour leur donner la forme très spécifique des Gavottes. "La cadence est de 11 000 crêpes roulées par heure, 2,5 millions par jour", a indiqué Johan Dubois, responsable d’exploitation du site. Le site produit 30 % de gavottes chocolat, 20 % de Gavottes nature et 35 % de brisures de crêpes, qui servent de matière première notamment aux pâtissiers du monde entier.
Les hypermarchés US Costco représentent 20 % de la production
Cette automatisation n’élude cependant pas le savoir-faire des équipes. Exemple avec les fours, qui mobilisent chacun 5 conducteurs. "Il leur faut un mois pour se former, une année pour maîtriser le sujet et plusieurs années pour devenir expert", a assuré Johan Dubois. Des chiffres que n’ont certainement pas en tête les consommateurs américains lorsqu’ils achètent leurs "crispy butter crêpes" made in Bretagne. L’Amérique du Nord est le principal marché à l’export des Gavottes, avec l’Asie, tandis que le marché du Moyen-Orient est travaillé. Les ventes à l’international représentent au total 35 % de l’activité. Dernier chiffre : la chaîne de grande distribution américaine Costco engloutit à elle seule 20 % de la production du site de Lanvallay.