À Nancy, Fives Nordon (900 collaborateurs, 120 M€ de CA), spécialisé dans la tuyauterie et la chaudronnerie industrielles de haute qualité, vient d’installer une nouvelle cintreuse par induction de dernière génération, à la fois plus connectée, plus performante et plus adaptable. La filiale de Fives (9 000 salariés ; 2,39Md de CA) compte désormais deux cintreuses et augmente ainsi ses capacités de production.
Un pas dans un plan à 40 millions
L’installation de la nouvelle cintreuse s’inscrit dans un plan d’investissement de 40 millions d’euros lancé par l’entreprise et nommé "le Nouveau Nordon". L’objectif est de se positionner dans la filière du nucléaire et de s’imposer comme constructeur des futurs EPR.
Le plan d’investissement s’articule en plusieurs tranches, dont une première de 15 millions d’euros, comprenant notamment l’installation de la cintreuse, et la construction d’un nouvel atelier de 3 300 m², sur le site historique de Fives Nordon, en plein cœur de Nancy. Ce dernier devrait permettre de doubler la capacité de production de l’entreprise, en matière de tuyauterie. La première pierre du bâtiment a été posée en octobre 2024 et sa construction devrait s’étaler sur 18 mois.
Un soutien de la Région
L’investissement de 15 millions d’euros est soutenu par la Région Grand Est à hauteur d’un million d’euros. "C’est une stratégie régionale : il faut aussi accepter de capitaliser sur les grandes entreprises", avance François Werner, vice-président de la Région Grand Est chargé de la transition écologique et énergétique.
Un programme de recrutement de 600 personnes
"Il y a une partie préparation de l’outil industriel, et une partie formation et recrutement", appuie Jean-Jacques Depuydt, le président de Fives Nordon.
Pour accompagner cette transition, Fives Nordon ambitionne de recruter 600 personnes sur les dix prochaines années. Une partie d’entre eux sont formés directement par l’entreprise, au sein de son "Académie Fives Nordon", qui accueille plus de 2000 stagiaires par an. Le cursus forme aux métiers de la tuyauterie, du soudage, de la maintenance, du contrôle, des essais et épreuves, des traitements thermiques ou encore de l’ingénierie.
Des directives écologiques
En parallèle de cette première tranche de travaux et pour célébrer ses 120 ans, l’entreprise a engagé un plan de végétalisation de son site, avec l’ajout de 120 arbres. " [Sur le plan énergétique], "nous envisageons de nous rallier au barrage hydroélectrique situé non loin d’ici. Ce dernier pourrait fournir près de 80 % de notre électricité", chiffre Jean-Jacques Depuydt.
Anticiper les besoins de la filière nucléaire
Le reste du plan d’investissement de 40 millions d’euros vers "le Nouveau Nordon" devrait permettre de moderniser les ateliers de l’entreprise, toujours pour anticiper les besoins de la filière nucléaire. Concernant la fabrication des nouveaux EPR, "l’entreprise n’a pour l’instant que des commandes d’ingénierie," explique Jean-Jacques Depuydt. À cette heure, le calendrier des prochaines phases du plan d’investissement n’est dès lors pas dévoilé. "Nous aimerions un petit engagement de nos clients", souffle le président de Fives Nordon.
Une commande pour un réacteur du CEA
L’entreprise annonce toutefois avoir décroché une commande avec l’entreprise spécialisée dans les réacteurs nucléaires compacts TechnicAtome. Fives Nordon devrait ainsi travailler sur le réacteur primaire "Jules Horowitz", en cours de construction sur le centre de Caradache, en région PACA. Porté par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), il s’agit d’un réacteur nucléaire de recherche pour l’industrie électronucléaire et la médecine nucléaire.