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Fives Nordon projette 40 millions d’euros d’investissement pour se positionner sur la construction des futurs EPR
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Fives Nordon projette 40 millions d’euros d’investissement pour se positionner sur la construction des futurs EPR

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Fabricant de systèmes de tuyauterie industrielle, le groupe nancéien Fives Nordon recrute massivement et investit dans son outil de production. Avec un objectif : être prêt, dès 2026, à construire la nouvelle génération de réacteurs nucléaires français, les EPR.

Dès 2028, l’activité annuelle de Fives Nordon devrait dépasser les 200 millions d’euros — Photo : Jean-François Michel

Les carnets de commandes ne sont pas encore pleins, mais les perspectives sont vertigineuses : "50 années d’activité dans le domaine du nucléaire", résume Arnaud Claudon, le directeur général adjoint de Fives Nordon. Le fabricant de systèmes de tuyauterie industrielle, basé à Nancy, vient de lancer un plan d’investissement à 40 millions d’euros et programme 600 embauches pour se saisir des opportunités ouvertes par la relance du nucléaire français.

Dans son discours du 10 février 2022, le président de la République, Emmanuel Macron, avait ébauché un cap, en annonçant la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire français, de type EPR : "Aujourd’hui, c’est parti, nous sommes déjà chez nos clients pour dessiner les réseaux de tuyauterie nécessaires au fonctionnement de ces réacteurs", explique Guy Cromer, le directeur adjoint de Fives Nordon.

Une première tranche à 15 millions d’euros

Pour le groupe industriel, le défi est immense : d’ici à 2025, Fives Nordon veut recruter et intégrer 300 nouveaux salariés, pour porter l’effectif à 1 200 personnes, contre 900 aujourd’hui. "Et d’ici à 2029, toujours pour faire face à l’augmentation de l’activité, nous allons recruter 600 personnes supplémentaires", précise Sophie Gasse, la DRH de Fives Nordon.

Déjà en croissance, pour atteindre 126 millions d’euros sur l’exercice 2022, l’activité de Fives Nordon devrait dépasser les 200 millions d’euros dès 2028, estime Guy Cromer. En dirigeant prudent, le directeur général adjoint de Fives Nordon tient à rappeler que pour l’instant, "aucune commande majeure n’a été signée". Pour autant, les dirigeants du tuyauteur industriel, qui fêtera ses 120 ans en 2024, ne peuvent pas attendre : un premier programme d’investissement de 15 millions d’euros a déjà été lancé pour "être prêt, dès 2026, à lancer la préfabrication de l’ensemble de la tuyauterie nécessaire aux EPR", annonce Guy Cromer. "Les commandes vont se concrétiser au début du deuxième trimestre 2025. Quand on connaît le temps nécessaire pour transformer une usine, on est obligé de commencer maintenant. Sinon, nous ne serons pas prêts…"

Les équipes de Fives Nordon vont lancer rapidement le chantier lié à l’installation d’une nouvelle machine à cintrer par induction — Photo : Jean-François Michel

Cette première tranche a d’ores et déjà été validée et lancée : les travaux d’installation d’une nouvelle machine à cintrer par induction, soit près de 5 millions d’euros, ainsi que la construction d’un nouvel atelier de plus de 3 000 m2, dédié à la tuyauterie haute pression, vont être lancés dès 2024. "Ce nouvel atelier va nous permettre de doubler nos capacités de production", souligne Guy Cromer.

Vers le remplacement du four de traitement thermique

Ensuite, à plus long terme, les équipes de Fives Nordon vont lancer la modernisation d’une partie des 28 000 m2 d’ateliers, avec pour objectif d’installer trois nouvelles machines permettant de fabriquer des compensateurs de dilatation. Cette pièce, très présente dans les centrales nucléaires, fait office de joint de dilatation et requiert un savoir-faire très précis : l’augmentation à venir de la demande va nécessiter d’aller vers plus d’automatisation dans les process. "Mais nous n’allons pas remplacer l’humain", insiste Guy Cromer. "Nous allons automatiser pour fiabiliser." Très active dans la R & D, l’entreprise travaille sur des stations de soudage capable de réagir à de multiples paramètres, comme des mouvements infimes de l’air ambiant, pour réaliser des soudures parfaites. "Notre objectif, grâce à une intelligence artificielle, c’est de mettre en rapport les conditions dans laquelle la soudure a été réalisée et la détection des imperfections, grâce à la radiographie, pour être capable de tendre vers le zéro défaut", détaille David Le Saux, chef d’établissement chez Fives Nordon.

Quand les commandes liées à la fabrication des nouveaux EPR auront été signées, Fives Nordon pourra alors investir encore plus lourdement : équipée actuellement d’un très gros four de traitement thermique fonctionnant au gaz et imaginé pour de gros équipements chaudronniers, le groupe étudie actuellement son remplacement. "Ces gros équipements chaudronniers ne sont plus notre cœur de métier", souligne Guy Cromer. "De plus, ce four consomme beaucoup de gaz et nous devons réduire nos consommations énergétiques."

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