Après un précédent exercice record, Cristal Union (2 000 collaborateurs ; 9 000 adhérents) enregistre une baisse de -3,8 % de son chiffre d’affaires, clos au 31 janvier 2025. Spécialisée dans la production de sucre, d’alcool et de bioéthanol, la coopérative basée dans l’Aube a réalisé 2,65 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans ses treize sites de production situés dans le Grand Est, en Normandie, en Centre-Val-de-Loire et dans les Hauts-de-France.
"Ce sont des résultats d’un bon niveau, mais nous sommes dans un contexte difficile auquel il va falloir faire face", lance Olivier de Bohan, président de la coopérative. Après un cycle haut sur les deux dernières années, une forte baisse des prix du sucre en Europe s’est amorcée au cours de l’exercice. "En plus de cette baisse, l’ensemble de nos coûts de production ont augmenté, principalement en raison des prix de l’énergie", poursuit le président.
Une consolidation du Groupe
Malgré des rendements hétérogènes et pénalisés par des conditions climatiques peu favorables, Cristal Union a privilégié sur l’exercice 2024-2025 la production de sucre et d’alcool rectifiés de haute qualité, tout en orientant ses ventes vers les pays déficitaires en Europe et au grand export, ce qui a permis au groupe de tirer parti de marchés du sucre encore porteurs en Europe, pendant les premiers mois de l’exercice.
Des opérations qui ont à la fois permis à la coopérative d’autofinancer ses investissements, de réduire de moitié son endettement et de renforcer ses capitaux propres, qui s’élèvent à 1,673 milliard d’euros, contre 1,588 milliard sur l’exercice précédent. La dette de la coopérative était de 602 millions d’euros sur l’exercice précédent, contre 315 millions d’euros sur le présent exercice.
Préparer l’avenir avec une caisse de péréquation
"Alors que les perspectives s’annoncent plus difficiles pour l’année prochaine, nous avons su anticiper et nous renforcer pour être résilients et préparer l’avenir", poursuit Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. En 2024-2025, Cristal Union a réalisé une nouvelle dotation de 50 millions d’euros dans sa caisse de péréquation collective. La somme est déduite de l’Ebitda du groupe, qui s’élève à 287 millions d’euros cette année, après la déduction. L’année précédente, une autre tranche de 50 millions d’euros avait été déposée sur cette caisse, dont le montant total s’élève à 100 millions d’euros. "L’objectif est de contrer un effet dents de scie et de stabiliser les revenus agricoles. L’année prochaine, nous pourrions puiser dedans", précise Xavier Astolfi. Le reversement de cette somme aux planteurs aura lieu dans un délai maximum de six ans.
"Il y a deux fois moins de sucreries en Europe en 2025 que dans les années 2000"
Des directives qui doivent permettre à la coopérative de faire face à un marché mondial en baisse. "Il y a deux fois moins de sucreries en Europe en 2025 que dans les années 2000'", chiffre Stanislas Bouchard, directeur adjoint de Cristal Union. "Le Groupe s’attend à des résultats 2025-2026 en forte baisse, conséquence de marchés beaucoup plus défavorables et de coûts de production agricoles et industriels en forte augmentation", indique également Cristal Union dans un communiqué.
90 nouveaux millions d’euros d’investissements prévus
Début 2025, Cristal Union a repris les betteraves des planteurs de la sucrerie de Souppes-sur-Loing en Seine-et-Marne, et finalise actuellement la prise de contrôle de la sucrerie Lesaffre Frères, dans le même département. En parallèle, le groupe a investi 107 millions d’euros cette année, dont la moitié consacrée à des enjeux de décarbonation, notamment sur le site de Fontaine-le-Dun, en Normandie. Sur le prochain exercice, "l’enveloppe d’investissements sera de l’ordre de 90 millions d’environ, toujours avec une moitié dédiée à la décarbonation", chiffre Olivier de Bohan.
Poursuivre les objectifs de décarbonation
Après avoir rendu l’intégralité de ses sucreries autonomes en eau, le groupe ambitionne de répéter l’opération dans ses distilleries d’ici 2030. Par ailleurs, Cristal Union vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre issues des pratiques agricoles de ses adhérents de -27,5 % à horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, la coopérative a noué un partenariat avec la start-up marnaise MyEasyFarm, dont l’outil doit permettre de mesurer le bilan carbone de l’intégralité des coopérateurs. Par ailleurs, une prime a été instituée pour récompenser les coopérateurs engagés dans l’agriculture de régénération.