Avec la fin, au 1er janvier 2026, de la Délégation de service public (DSP) de la CCI Côtes-d’Armor sur les ports du département, Bretagne Armor Pêche a récupéré la gestion des ports de pêche et des deux halles aux marées (ex criées). Un autre acteur, la Société publique locale (SPL) Eskale d’Armor (25 salariés, 2,2 M€ de CA en 2025), a également augmenté ses activités.
La SPL briochine gérait jusqu’alors les ports de plaisance de Binic, Pontrieux, Paimpol et le port d’étayage de Saint-Quay-Portrieux. Soit 1 800 places. Elle est amenée à récupérer la gestion des autres ports de plaisance du département aujourd’hui gérés par les communes dont les délégations s’achèveront les unes après les autres d’ici à 2035. En 2027, elle devrait ainsi compter 3 300 places de plaisance pour 7 ports de plaisance, avec la gestion du port d’Erquy et du port d’Armor de Saint-Quay-Portrieux.
À Paimpol, les activités réunies chez un même gestionnaire
Avec la fin de la DSP de la CCI, Eskale Armor s’est vue confier par le Département le port de commerce de Tréguier jusqu’en 2040. Mais aussi l’intégralité des activités du port de Paimpol : la pêche, le commerce et la réparation navale rejoignant la plaisance, ainsi que les embarcadères du trafic passager vers l’île de Bréhat.
Un changement d’échelle qui fera passer le chiffre d’affaires d’Eskale d’Armor à près de 3 millions d’euros sur l’exercice 2026, tandis que ses effectifs ont grimpé de 17 à 25 collaborateurs au 1er janvier. Et ce n’est pas terminé puisqu’au 1er janvier 2027, la SPL récupérera la gestion du port de plaisance d’Erquy et du port d’Armor (plaisance) de Saint-Quay-Portrieux. Ce qui portera son chiffre d’affaires à 4 millions d’euros pour une quarantaine de salariés. Et au 1er janvier 2028, le port de maintenance de Saint-Quay-Portrieux suivra.
Requalification de la façade maritime
Eskale d’Armor a des projets avec l’extension de ses prérogatives. "Avec les nouvelles compétences que nous avons obtenues depuis le 1er janvier 2026, nous avons une vision globale qui nous permettra de mener une requalification de la façade maritime de Paimpol", apprécie André Coënt, vice-président du Département et président d’Eskale d’Armor. Elle commencera par des travaux sur l’aire de carénage pour un investissement de 850 000 euros et la réhabilitation d’un bâtiment sur le port en bureaux ou incubateur.
"Cette requalification passera également par un travail sur les flux, pour assurer plus de fluidité et de sécurité, ajoute Christophe Baudry, directeur d’Eskale d’Armor. Des hangars sont obsolètes. Beaucoup des acteurs économiques du port sont à un âge qui leur permet d’investir."
Plusieurs projets à l’étude à Tréguier
Du côté du port de commerce de Tréguier, l’équipement a réalisé une année record avec 90 000 tonnes de marchandises en 2025, avec 54 mouvements de bateaux, la grande majorité assurée par la Compagnie armoricaine de navigation qui transporte du sable coquillier pour le compte de l’entreprise Timac Agro (groupe Rouiller).
Plusieurs plans de développement sont étudiés, notamment pour l’utilisation des quais inoccupés : développer le cabotage de marchandises ; installer une cale pour le tourisme sur la rivière Jaudy ; mais aussi la création d’une base de rénovation et de mise à l’eau du constructeur de bateaux aluminium Boréal, déjà installé sur le port. Également dans les projets, celui d’accueillir les bateaux ayant raté la marée au Légué vers le port de Tréguier, celui-ci étant en eau profonde. Le site ne peut cependant pas accueillir les marchandises alimentaires pour l’instant, qui nécessitent un lieu de stockage séparé de celui des autres matières.
Le capital de la société est ouvert
Ces projets seront financés par des prêts bancaires, tandis que le Département participe déjà à certains investissements (route, pontons, dragage…) et qu’une participation est demandée aux autres collectivités concernées (Ville, EPCI, Région).
Créée en 2021 et opérationnelle depuis le 1er janvier 2022, Eskale d’Armor est détenue à 99 % par le Département des Côtes-d’Armor mais son capital, qui comprend déjà les communes de Perros-Guirec et Paimpol, est ouvert à d’autres entrées.
Ses revenus provenaient en 2024 - 2025 à 90 % des redevances des plaisanciers et à 10 % des autorisations d’occupation temporaires du domaine public maritime, délivrées à des acteurs économiques installés sur les ports.