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En plein repositionnement stratégique, Hopium inaugure son usine lyonnaise
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En plein repositionnement stratégique, Hopium inaugure son usine lyonnaise

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La cleantech française, qui entend désormais décarboner les transports lourds grâce à ses piles à combustible hydrogène, vient de s'installer sur son nouveau site de production, près de Lyon. Placé en redressement judiciaire en 2023, Hopium présente, en parallèle, son plan stratégique et opérationnel axé sur son nouveau business model.

Stéphane Rabatel, PDG d’Hopium, a inauguré le nouveau site d’Hopium à Saint-Bonnet-de-Mure, au coeur du corridor hydrogène rhônalpin — Photo : Hopium

L’idée originelle était de construire des voitures à hydrogène à Douains en Normandie, où Hopium prévoyait de créer 1 500 emplois. Mais le projet a capoté avec le placement de l'entreprise en redressement judiciaire en juillet 2023. Depuis, Hopium a opéré un virage stratégique et recentré son activité sur le développement de systèmes de piles à combustible à destination des transports lourds (poids lourds, bus, engins de chantier, aéronautique, ferroviaire, maritime).

Une usine dans le Rhône

C’est à Saint-Bonnet-de-Mure, au cœur du corridor hydrogène rhônalpin, que la cleantech a finalement choisi d’installer son usine. Un emplacement stratégique comme l’explique, dans son communiqué, la PME d’une trentaine de salariés : "Hopium s’implante dans un écosystème dynamique dans le domaine des mobilités et de l’hydrogène mais aussi au cœur d’un bassin local de savoir-faire et de talents dont elle saura tirer profit pour son développement futur". Inauguré en décembre, le site de 1 000 m² accueillera les activités d’assemblage des piles à combustible, mais aussi la recherche et développement, ainsi que les équipes de validation et d’essais.

Commercialisation envisagée en 2025

Hopium a fait le choix d’externaliser la fabrication des pièces maîtresses de ses piles, afin de se concentrer sur le cœur de sa technologie, à savoir la conception et l’assemblage de la pile à combustible, ainsi que le développement de l’ensemble des logiciels qui la composent.

Après avoir validé les premiers tests routiers en octobre, Hopium compte commencer la commercialisation au premier semestre 2025. Pour cela, Hopium recherche des financements auprès de partenaires industriels et de ses actionnaires historiques (Olivier Lombard et Rachid Bakhtaoui ; environ 30% du capital à eux deux). L’entreprise a, d’ailleurs, présenté, dans la foulée de l’inauguration, son projet de plan de redressement destiné à stabiliser ses finances et à lancer sa nouvelle activité sur ce segment des transports lourds.

En quête de 38 millions d'euros

"La réalisation de ce plan stratégique et opérationnel nécessite des besoins de financement significatifs, évalués à 8 millions d’euros pour 2025 et 30 millions d’euros pour la période 2025-2028", précise un autre communiqué du groupe, qui indique être "actuellement en pourparlers avec plusieurs investisseurs, dont des actionnaires historiques d’Hopium pour obtenir les financements adéquats".

Des semaines à venir décisives

Ce plan de redressement permettrait de ramener le montant total du passif à 9 millions d’euros. Il permettrait, aussi, à Hopium de rembourser, en totalité, les particuliers qui avaient précommandé une Machina, la berline hydrogène haut de gamme imaginée et, aujourd’hui, abandonnée par l’entreprise. Voulant démontrer sa capacité à rebondir, la PME indique disposer, d’ores et déjà, d’un premier partenariat prévoyant la livraison de systèmes de pile à combustible avec K-Challenge pour la motorisation de ses bateaux d’accompagnement d’ici à fin juin 2025.

"D’autres commandes sont en cours de négociation notamment dans le domaine de l’aéronautique", souligne également le communiqué. Les prochaines semaines s’annoncent donc cruciales pour Hopium. Après le vote des créanciers dans quelques jours, c’est le tribunal de Commerce de Paris qui examinera son projet de plan de redressement lors d’une audience le 16 janvier.

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