Selon les données rassemblées à l’été 2025 par le MIT, le Massachusetts Institute of Technology de Boston, 95 % des projets d’intelligence artificielle générative menés en entreprise échouent. Un constat surprenant au regard des milliards de dollars investis dans cette technologie à l’échelle de la planète, mais qui motive aujourd’hui la société luxembourgeoise InTech à changer d'approche pour favoriser l'adoption de l'IA dans les entreprise. En s’appuyant d'abord sur une intelligence artificielle souveraine, permettant de garder le contrôle des données traitées. Puis en développant une stratégie des petits pas, reposant sur une identification précise des tâches pouvant être facilitée par l’IA générative. "Notre stratégie n’est pas de remplacer l’humain, mais d’aller vers un assistant, un coach efficace au service des employés", résume Sébastien Larose, directeur innovation d’InTech.
"La structure agile, chargée d’orienter le navire amiral."
Opérant depuis le Luxembourg, l’entreprise de services numériques s’appuie depuis quelques mois sur un nouveau chargé de développement commercial, Thierry Ehrhardt, ancien dirigeant du groupe Get et basé à Metz. Filiale du groupe luxembourgeois Post (CA : 978 M€ ; 4 500 salariés), InTech est dirigée par le Lorrain Fabrice Croiseaux depuis 1998, et doit agir comme un poisson pilote sur le marché français pour Deep (CA : 150 M€ ; 750 salariés), la nouvelle marque ombrelle de Post Luxembourg. Intégrant quatre filiales du groupe, soit EBRC, Elgon, Digora Luxembourg et les activités B2B de Post Telecom, Deep rassemble les activités du groupe liées aux solutions télécoms et au numérique. Sur le marché français, Deep France est la nouvelle identité de Digora France, structure basée à Strasbourg et opérant depuis six agences sur le territoire français. "Nous sommes la structure agile, chargée d’orienter le navire amiral", illustre Sébastien Larose.
"Un manque de prise de conscience de la part des Européens."
Employant un total de 140 personnes, InTech pèse un total de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et poursuit son travail d’exploration des nouvelles technologies grâce à un Pôle Innovation structuré autour de cinq animateurs. "Actuellement, l’IA pèse moins de 100 000 € d’activité au sein d’InTech, précise Sébastien Larose. Mais à horizon deux voire trois ans, nous pourrons atteindre les 2 millions d’euros." Premier argument pour faire décoller l’activité : la souveraineté. "Il y a un manque de prise de conscience de la part des Européens", estime le directeur innovation d’InTech en décrivant le poids croissant des technologies américaines utilisées par les Européens, jusqu’à confier des données de santé à des clouds hébergés aux États-Unis. "Ce qui nous arrive avec l’IA générative, nous fait dire que c’est le bon moment pour se réveiller", lance Sébastien Larose. En s’appuyant sur les infrastructures du groupe Post Luxembourg et notamment ses datacenters, InTech fait tourner des moteurs d’intelligence artificielle de type LLM, pour Large Language Model, en gardant les données exploitées pour entraîner les modèles sur sol européen.
Éviter les cas d’utilisation sans objet
Autre atout pour convaincre les entreprises, s’adresser aux employés : "La principale difficulté, c’est d’amener les entreprises à formaliser tous ses processus, à les communiquer pour identifier les étapes où l’IA peut améliorer les choses", décrit le directeur innovation d’InTech. Pour éviter l’écueil consistant à travailler sur des cas d’utilisation qui vont se révéler sans objet, les équipes d’InTech veulent partir des besoins des salariés. "C’est une approche bottom-up. Une secrétaire noyée sous une marée de mails tous les matins, nous pouvons l’aider avec un simple système de tri et de suggestions de rédaction", décrit Sébastien Larose. "C’est une première brique sur laquelle il sera possible, par la suite, d’aller plus loin."
Respect du règlement européen sur l’intelligence artificielle
Et avant d’aller plus loin avec leurs clients, les équipes d’InTech ont développé une plateforme de gouvernances des agents IA. "Dans nos solutions, c’est un garde-fou. L’enjeu est d’abord de vérifier la conformité avec l’IA Act", souligne Sébastien Larose. L’IA Act ou règlement européen sur l’intelligence artificielle du 13 juin 2024, interdit notamment aux intelligences artificielles de déroger aux droits fondamentaux, en obligeant les fournisseurs de ces systèmes à respecter le droit.