Bientôt une verte vallée de la chimie au sud de Lyon ? En tout cas, l’écosystème s’est mis en ordre de bataille, à la préfecture du Rhône le 6 février pour apporter un peu d’air (et d’eau) purs dans la région… Un an après sa sélection dans l’appel à projets " ZIBaC - Zones Industrielles Bas Carbone " opéré par l’Ademe et estampillé France2030, le projet " DECarboner LYon vallée de la Chimie – DECLYC " se concrétise un peu plus, avec le lancement de la phase d’études.
25 % des émissions de CO2
Porté par Axelera, le pôle de compétitivité français de la chimie, des industries de procédés et de l’environnement, avec le soutien de la Métropole de Lyon, le projet mobilise treize partenaires industriels : Adisseo, Air Liquide, Arkema, Domo, Elkem, Hynamics, Kem One, NaTran, Suez, Syensqo, Symbio, TotalEnergies et Vicat, et l’institut de recherche IFP Énergies nouvelles. Ces acteurs historiques de la Vallée de la Chimie, auxquels s’ajoutent Vicat et Suez à Roussillon (Isère), génèrent à eux seuls 25 % des émissions de CO2 de l’industrie régionale.
Leur objectif est de réduire de 80 % leurs émissions de CO2 d’ici 2050 (3 millions de tonnes de CO2 par an). "L’idée n’est pas seulement de réduire les émissions ou de faire disparaître les activités polluantes, a ajouté Gaël Plassart, président d’Axelera. Nous voulons consolider les activités sobres grâce à l’économie régénérative, qui doit être compétitive ". Le projet est doté d’un budget d’1,7 million d’euros financé à 50 % par les partenaires et à 50 % par l’État. Le reste, non chiffré, sera à la charge des entreprises elles-mêmes.
Premiers pilotes régénératifs
Territoire stratégique de la Métropole de Lyon, la Vallée de la Chimie concentre un écosystème d’innovation et de production industrielle autour des filières chimie-énergie-environnement. Déjà, des acteurs comme Syensqo qui regroupe les activités de chimie de spécialité de Solvay, ont pris, seuls ou en collaboration avec leurs voisins, des initiatives en matière de décarbonation.
"Nous avons mis en service une installation de production de vapeur à partir de biomasse sur notre usine de spécialités de Saint-Fons, projet démarré en collaboration avec Dalkia, et investi dans un pilote de récupération d’énergie pour notre centre de recherche et innovation de Saint-Fons, qui sera opérationnel au printemps 2025 ", déclare Jean-Francis Spindler, directeur Syensqo RICL.
De son côté, Elkem Silicones Services, sous-division du groupe chimiste norvégien Elkem (7 400 salariés), a annoncé en novembre 2024 avoir franchi une étape importante pour le recyclage chimique des déchets de silicone, en implantant une unité pilote sur son site de production de Saint-Fons (Rhône).
Deux ans d’études
Six lots techniques sur huit sont d’ores et déjà lancés, dont cinq avec des bureaux d’études sélectionnés dans le cadre d’appels d’offres réalisés ces derniers mois : hydrogène décarboné avec ERM, vapeur décarbonée avec Energie3 Prowatt, performance énergétique des centres de R & D avec Cetiat, réduction de l’empreinte eau avec le groupement Ecofilae et Suez Consulting, capture, transformation et stockage du CO2 avec Sia partners et Setec Énergie Environnement, et réseaux électriques en collaboration avec RTE.
Deux autres lots, portant sur le biogaz et le photovoltaïque, sont actuellement en phase de consultation. L’objectif est que toutes les études soient terminées d’ici fin 2026.