500 millions de dollars c’est le montant que le cimentier isérois Vicat (10 000 salariés ; 3,937 Md€ de CA en 2023) vient de décrocher auprès de l’équivalent du ministère de l’Énergie américain, pour le projet de décarbonation de son antenne californienne. L’entreprise a ainsi annoncé que sa filiale nord-américaine, National Cement Company of California Inc., avait conclu un accord de coopération avec le Department of Energy des États-Unis (DOE), Office of Clean Energy Demonstrations, pour le développement du projet Lebec Net Zero (LNZ) dans la cimenterie de Lebec en Californie.
Financement de la phase 1
L’accord de coopération porte sur une contribution à hauteur de 50 % des coûts de la phase 1 et pour un maximum de 500 millions de dollars pour le financement du projet. Projet qui intègre la construction d’une installation de séquestration du CO2, dit "Carbone Capture Storage" pour une capacité annuelle d’environ 950 000 tonnes de CO2 soit la quasi-totalité des émissions de la cimenterie. La première phase du projet porte sur la réalisation d’une étude d’ingénierie préliminaire (Pre-FEED study) et la création d’un comité consultatif chargé des relations avec les communautés locales. Cette phase se déroulera jusqu’au premier trimestre 2026.
Ce programme permettra également d’accroître la consommation de combustibles alternatifs d’origine locale issue de déchets agricoles et la réduction du taux de clinker (constituant du ciment à l’origine de la très forte contribution des cimenteries aux émissions de gaz à effets de serre, NDLR) via la production de ciment à base d’argiles activées.
Une usine de ciment neutre en carbone
Ce projet vise à démontrer qu’une combinaison des différents leviers de décarbonation peut permettre de réduire à zéro les émissions de CO2 d’une cimenterie existante. Ainsi, l’usine de Lebec produira un ciment neutre en carbone. De quoi permettre à Vicat d’avancer sur sa stratégie bas carbone alors que le cimentier vise la neutralité carbone sur sa chaîne de valeur d’ici à 2050. Une démarche de Vicat impulsée en 2020, avec le lancement de son label bas carbone pour sa gamme DECA, puis le déploiement en 2022 de la gamme Lithosys, résultat de plusieurs années de recherche dédiées à l’impression 3D béton. "Cette décision du Département de l’Énergie (DOE) des États-Unis démontre la pertinence et le réalisme de la feuille de route décarbonation du groupe Vicat. Sans l’aide publique, ce projet ne pourrait pas se concrétiser", a déclaré Guy Sidos, PDG du groupe lors de l’annonce.