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Vicat accélère sa décarbonation avec un projet visant à capturer 1,2 million de tonnes de CO2 par an
Isère # BTP # Transition écologique

Vicat accélère sa décarbonation avec un projet visant à capturer 1,2 million de tonnes de CO2 par an

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Le cimentier grenoblois Vicat a annoncé le lancement officiel du projet VAIA, deux ans après la signature d’un accord avec l’État pour décarboner les plus gros sites polluants de France. Un programme à plusieurs centaines de millions d'euros et qui lui permettra de capturer 1,2 million de tonnes de CO₂ par an sur son site de Montalieu-Vercieu (Isère).

Quelques semaines après avoir obtenu 500 millions de dollars de financement des États-Unis pour un projet de capture de CO2 au sein de son usine de Lebec en Californie, le cimentier Vicat a dévoilé un projet similaire sur le territoire français, au sein de sa plus grosse usine, en Isère — Photo : @Vicat

Le cimentier grenoblois Vicat (10 000 salariés; 3,9Mds € de CA en 2024) poursuit sa stratégie de décarbonation. Quelques semaines après avoir obtenu 500 millions de dollars de financement des États-Unis pour un projet de capture de CO2 au sein de l’une de ses usines américaines, le groupe isérois a dévoilé le lancement officiel d’un programme similaire, cette fois sur le territoire français. Le projet, annoncé en 2023 dans la foulée des contrats de transition écologique relatifs aux 50 sites industriels les plus polluants, concerne donc son usine de Montalieu-Vercieu en Isère, principal site de production de Vicat en France, avec une capacité annuelle de plus de 2 millions de tonnes de ciment.

Capture de 1,2 million de tonnes de CO²

Conçu sous le nom de VAIA (Vicat Advanced Industrial Alliance), ce vaste programme porte notamment sur la valorisation et la capture de 1,2 million de tonnes de CO₂ par an, ce qui représente près de 100 % des émissions de la cimenterie, en complément des leviers de décarbonation sur lesquels Vicat est déjà actif (baisse du taux de clinker, substitution de combustibles fossiles et efficacité énergétique). La mise en service est prévue pour 2030.

Comment retirer 75 000 voitures de la circulation d’un coup

Correspondant à l’équivalent du retrait de la circulation de 75 000 voitures thermiques sur un an, le CO₂ capté sera ensuite transporté via un pipeline existant, converti en "carboduc" jusqu’à Fos-sur-Mer pour être liquéfié et séquestré de manière permanente dans des réservoirs géologiques.

Le projet repose sur une collaboration avec plusieurs partenaires industriels experts : SPSE (Société du Pipeline du Sud-est ), pour le transport du CO₂ et la reconversion d’un pipeline en carboduc, Elengy, pour la liquéfaction du CO₂, RTE, pour la fourniture d’énergie sur les sites de captage et de liquéfaction, et ENI, pour le stockage géologique du CO₂.

1 000 emplois dont 30 pérennes à la clé

Au-delà de la décarbonation de l’industrie cimentière, le cimentier a souhaité développer l’attractivité de son territoire puisque le projet devrait entraîner la création de 1 000 emplois pendant la phase de travaux et plus de 30 emplois pérennes pendant l’exploitation.

En attente d’aides publiques

Vicat va maintenant passer à la phase de recherche de subventions pour mener à bien ce projet vertueux, dont le montant devrait atteindre "plusieurs centaines de millions d'euros", selon le cimentier.

VAIA va donc faire l’objet d’un dépôt de dossier auprès du programme européen "Innovation Fund" au premier semestre 2025 et en France auprès du dispositif d’aide pour soutenir les très grands projets industriels de décarbonation (GPID) ouvert en décembre 2024. Des aides cruciales pour mener à bien le programme.

"Avec le projet VAIA, Vicat franchirait une étape décisive dans la décarbonation de l’industrie cimentière française, en offrant à l’une des régions les plus industrialisées, des plaines de l’Ain à Marseille cette même opportunité de décarbonation", a déclaré Guy Sidos, président-directeur général du groupe Vicat. Le carboduc pourra en effet être utilisé par d'autres entreprises dans le cadre du projet "Rhône CO2", qui vise à attirer de potentiels utilisateurs du carboduc souhaitant se décarboner ou utiliser le CO2 transporté. Une façon pour les parties prenantes du projet de "préserver l’industrie sur notre territoire tout en réduisant massivement nos émissions de CO₂, ouvrant ainsi la voie à un modèle technologique reproductible pour l’ensemble de la filière", conclut Guy Sidos.

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