Parmi les huit projets d’investissements en Hauts-de-France, dévoilés à l’occasion de Choose France 2025, figure une seule véritable annonce d’implantation. Celle de la jeune entreprise chinoise Windrose, qui prévoit l’ouverture d’une usine de camions électriques à Onnaing, près de Valenciennes, dans le Nord. Quant aux sept autres projets d’investissements, soit ils avaient déjà été officialisés, comme l’arrivée d’un data center porté par le canadien Brookfield, près de Cambrai (Nord), soit ils viennent conforter des sites industriels déjà existants.
Le Nord l’emporte
Près de 14 sites français étaient en compétition pour accueillir cette future usine Windrose de 90 000 m², qui représente un investissement de 175 millions d’euros. Durant un temps, cette usine a aussi été pressentie à Anvers, en Belgique, où Windrose a d’ailleurs installé son siège social européen. C’est finalement le Nord de la France, et plus précisément le Valenciennois, qui a été retenu.
La vallée la batterie et le port fluvial parmi les atouts du territoire
"L’environnement industriel et l’écosystème, notamment la Vallée la batterie électrique, ont été décisifs", souligne Eric Gauthier responsable des opérations Europe chez Windrose. Sans oublier le port fluvial d’Onnaing, qui permettra d’acheminer les pièces (comme les batteries chinoises) depuis Anvers, son centre d’importation. La jeune pousse chinoise, qui emploie environ 150 salariés (CA non communiqué), n’a pour l’heure pas reçu de soutien financier de la part de la Région Hauts-de-France ou de l’État, mais des dossiers étaient en cours fin mai.
Début de la production en 2027
Situé à proximité immédiate de Toyota Onnaing, ce projet va être construit par l’acteur français de l’immobilier PRD, qui porte 100 millions d’euros sur l’investissement global. Le permis de construire sera déposé cet été. Le chantier, d’une durée d’un an, doit démarrer en 2026, pour une livraison au troisième trimestre 2027. L’usine lancera alors sa production, avec 300 salariés, sur un rythme de 4 000 camions par an. Elle montera ensuite en puissance, pour "atteindre à terme 1 000 opportunités d’emplois au sein de l’écosystème local".
Les camions produits à Onnaing sont destinés au marché européen. Windrose possède par ailleurs une unité de production en Chine et compte en ouvrir deux aux États-Unis. En attendant l’usine nordiste, Windrose assemble des camions sur son site d’Anvers, doté d’une petite unité de production, avec une quinzaine de personnes. Depuis 2022, Windrose finance ses projets via des levées de fonds.
Décarboner le transport lourd
Fondée en 2022 par le trentenaire Wen Han, son actuel dirigeant, Windrose s’attaque donc à la délicate décarbonation du transport lourd. Largement immature, ce marché est convoité par plusieurs acteurs, dont Tesla, BYD ou Daimler Truck.
Pour convaincre les transporteurs, Windrose a quelques arguments en poche. Après avoir mené des essais en Europe (sur un total de 65 000 km), le constructeur revendique une autonomie moyenne de 670 kilomètres pour ses camions de 44 tonnes, à pleine charge.
Le camion dispose aussi de deux prises de recharge, de chaque côté, "afin d’accélérer la recharge durant un court arrêt et d’éviter des manœuvres au chauffeur". Le tout, "pour un prix moyen de 250 000 dollars. Nous ne sommes pas là pour casser les prix", assure Eric Gauthier. Reste à obtenir l’homologation de ces camions pour le marché européen, prévue pour "octobre ou novembre 2025". Windrose l’a obtenue pour la Chine fin 2023 et évoque "une fin de protocole d’homologation aux États-Unis".