La start-up Ynsect (214 salariés en 2024), longtemps considérée comme un emblème de la French Tech, envisage de réduire fortement la voilure sur l’activité d’élevage d’insectes de son usine géante de Poulainville (quelque 45 000 m²), près d’Amiens, dans la Somme. Domiciliée dans l’Essonne, la start-up industrielle fabrique des protéines d’insectes pour l’alimentation animale, ainsi que pour la production d’engrais.
Des coûts d’élevage trop élevés
La jeune pousse estime manquer de compétitivité sur le marché fortement concurrentiel de la protéine animale. Tout en conservant l’activité de transformation des insectes en protéines, Ynsect veut donc en cesser l’élevage tel qu’il existe aujourd’hui sur le site de Poulainville. "Soit on trouve le moyen de convaincre des clients d’acheter à nos prix très élevés actuellement, soit il faut ajuster nos prix si on veut faire du commerce", a déclaré au micro d’Ici Picardie Emmanuel Pinto, mandataire social et directeur général par intérim d’Ynsect. Il complète ensuite : "Ça veut dire revoir au moins temporairement le modèle de production."
66 postes supprimés dans la Somme
La start-up se fournirait alors en insectes à l’étranger et développerait également de zéro un nouveau modèle d’élevage, en se basant sur une idée développée par une start-up allemande, sans davantage de précisions.
L’abandon de l’activité d’élevage actuelle se traduirait par la suppression de 66 postes, sur les 100 que compte l’usine de Poulainville. Son plan de sauvegarde de l’emploi, proposé mi-mai, prévoit quant à lui la suppression d’un total de 150 postes.
Une audience prévue mi-juin
Pour mémoire, Ynsect est entrée en procédure de sauvegarde en septembre 2024, avant d’être placée en redressement judiciaire en mars dernier, faute d’avoir trouvé des repreneurs ou de nouveaux investisseurs. Après s’être récemment refinancée auprès d’actionnaires historiques, à hauteur de 10 millions d’euros, en vue de poursuivre son activité, la start-up fera l’objet d’une audience le 16 juin prochain au tribunal de commerce d’Évry, qui doit trancher sur le prolongement demandé de la période d’observation.