Christian Guyader, président de l'Union des Entreprises du Finistère (Medef) revient sur les annonces récentes de cessions à des fonds ou à des groupes étrangers, en Finistère.
Comment réagissez-vous à la série d'annonces de cessions d'entreprises en Finistère, à des groupes ou à des fonds étrangers (Rolland Flipi, Giannoni)?
On a en France, un déficit de rentabilité qui ne favorise pas les transmissions à la famille, à un cadre ou à un groupe de cadres. Laurence Parisot le rappelait récemment à Ploërmel: Il y a dix points d'écarts de rentabilité entre les entreprises françaises et les entreprises allemandes. Les montants à emprunter, tant pour la reprise d'une société que pour son développement peuvent décourager un porteur de projet. La cession à un fonds ou à un groupe devient alors une alternative. Et ce sont toujours les plus belles entreprises qui attirent les étrangers.
Les entreprises françaises sont- de belles cibles, dites-vous...
Oui parce qu'elles ont fourni un effort intense pour devenir productives. Je ne suis donc pas étonné de voir des firmes étrangères s'intéresser à elles et à leur modèle qu'elles pourront ensuite dupliquer. Aujourd'hui, le vrai paradoxe français, c'est d'avoir des entreprises productives mais non rentables...
Ces opérations: bonnes ou mauvaises nouvelles pour le Finistère?
Il n'y a pas de réponse évidente. Pour le territoire et les salariés, il y a, il est vrai, un risque d'éloignement, de perte du savoir-faire et du contrôle de la décision. Mais en corollaire, les investissements par les fonds ou les firmes étrangers sont en général supérieurs. Pour ce qui est des dirigeants, il n'y a pas de jugement de valeur à avoir. La cession d'une entreprise a trait à la stratégie et à l'analyse des risques. Le vrai danger serait de ne pas se poser les bonnes questions. Dans l'agroalimentaire, vous êtes confrontés à des clients beaucoup plus concentrés. Pour Rolland Flipi, l'enjeu est celui de la taille critique. Et plusieurs opérations de croissance externe n'auraient sans doute pas suffi.