"Chez La Mère Poulard, nous investissons pour gagner en performance et élargir notre offre"
Interview # Agroalimentaire # PME

Frédéric Vincent directeur général de la branche tourisme et Sébastien Pautrel "Chez La Mère Poulard, nous investissons pour gagner en performance et élargir notre offre"

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La Mère Poulard, c’est à la fois un groupe d’hôtellerie-restauration, mais aussi depuis 1995, une branche agroalimentaire avec la création d’une biscuiterie sur les terres bretonnes, à trente kilomètres du Mont-Saint-Michel. Deux branches, touristique et agroalimentaire, complémentaires que Frédéric Vincent, directeur général de la branche tourisme et Sébastien Pautrel, directeur général de la Biscuiterie, veulent développer.

Frédéric Vincent est le directeur général du groupe La Mère Poulard au Mont-Saint-Michel, il insuffle un vent de modernité et de fraîcheur sur la branche tourisme du groupe — Photo : Elodie Oliveira Photographe

Quels sont les projets de développement du Groupe La Mère Poulard ?

Frédéric Vincent : Notre objectif principal est de renforcer nos capacités de production tout en valorisant notre savoir-faire, afin d’accompagner la transformation actuelle du marché touristique. Il s’agit de regagner en performance, tant en termes d’activité que de chiffre d’affaires, en adoptant une structure différente et mieux adaptée aux nouvelles attentes. Par exemple, nous allons mettre en place un système de navettes reliant les hôtels de la caserne et les parkings publics à l’intérieur des murs du Mont-Saint-Michel. Il est essentiel de rétablir notre présence sur le marché local, qui a quelque peu disparu ces dernières années.

Sébastien Pautrel, directeur général de la Biscuiterie La Mère Poulard — Photo : Hervé Pittoni

"Nous prévoyons d’agrandir notre usine en 2026, avec l’objectif de mettre en place une nouvelle ligne de fabrication dès 2027."

Sébastien Pautrel : S’agissant de la biscuiterie, nous avons connu un développement significatif avec une croissance à deux chiffres au cours des cinq dernières années. Notre ambition est de poursuivre sur cette dynamique. Nous prévoyons d’agrandir notre usine en 2026, avec l’objectif de mettre en place une nouvelle ligne de fabrication dès 2027. Cela nous permettra de nous positionner sur des marchés où notre présence est encore limitée, notamment dans le secteur de la restauration hors domicile (RHF).

Quelles stratégies allez-vous mettre en place ?

F. V. : Pour atteindre ces objectifs de développement, nous menons aussi un travail de fond axé sur la rénovation de l’ensemble de nos établissements pour répondre aux standards modernes et aux besoins évolutifs de la clientèle. Mais aussi sur la formation continue du personnel, afin de garantir une prestation de qualité et d’assurer une expérience client optimale.

Ce plan ambitieux s’inscrit dans une période de rénovation de 10 ans, avec un investissement total de 30 millions d’euros. Les travaux, commencés fin 2023, se poursuivront jusqu’en 2030. Cette initiative vise à repositionner nos établissements, en leur offrant une modernité en phase avec les attentes des visiteurs, tout en restant fidèles à l’esprit et à l’héritage du Mont-Saint-Michel.

S. P. : À compter du 1er juillet 2025, nous introduirons un nouveau packaging plus écoresponsable, conçu pour réduire la quantité d’air dans les emballages, diminuer notre consommation de carton, et limiter le volume lors du transport. Cette initiative vise à réduire notre empreinte carbone tout en optimisant nos processus logistiques. En parallèle, nous explorons également la possibilité de développer de nouveaux produits, encore à l’état de projet confidentiel, afin d’élargir notre offre et répondre aux besoins émergents du marché.

Comment les branches tourisme et agroalimentaire se sont-elles développées ?

F. V. : Le groupe d’hôtellerie-restauration intra et extra-muros s’est constitué de manière progressive, principalement à travers des reprises et des rachats d’établissements. Aujourd’hui, il regroupe 25 établissements, répartis majoritairement intra-muros, mais également dans la zone de la Caserne située à l’entrée du Mont-Saint-Michel. Au début, le groupe s’était également développé à l’international via des licences d’exploitation. Bien que cette stratégie ait été abandonnée, elle reste néanmoins une option envisagée pour l’avenir. L’offre du groupe se concentre principalement sur des hôtels 3 étoiles, avec un établissement 4 étoiles situé à l’entrée du Mont. Aujourd’hui, notre équipe compte 150 collaborateurs, un effectif qui atteint 250 personnes en haute saison. En 2024, nous avons enregistré un total de 45 000 nuitées, témoignant de la reprise et du dynamisme de notre activité hôtelière. La clientèle de nos établissements est composée d’environ 40 % de visiteurs français et 60 % de visiteurs étrangers, principalement des Américains et des Asiatiques.

3 500 tonnes de biscuits par an

S.P. : Annette Poulard confectionnait des biscuits, une tradition qu’Éric Vannier a choisi de perpétuer et de développer. En 1992, il a commencé par une production à petite échelle avant de passer à l’industrialisation. En 1994, il a concrétisé ce projet en construisant une usine dédiée à Maen-Roch, et dès son ouverture en 1995, les biscuits La Mère Poulard ont commencé à se vendre dans le monde entier. Aujourd’hui, l’usine produit 3 500 tonnes de biscuits par an, entièrement fabriqués sur le site. Nous proposons 15 recettes différentes. Deux tiers de cette production sont destinés au marché français, avec 60 % des ventes réalisées en grande distribution, tandis que le tiers restant est exporté vers 63 pays. Parmi les marchés internationaux, l’Amérique du Nord occupe la première place, suivie par l’Asie et l’Europe. Notre équipe est composée de 117 salariés.

"Les périodes creuses restent un défi majeur. L’objectif est désormais de relever le niveau plancher de ces moments d’accalmie."

Comment gérez-vous les périodes de haute saison et les périodes creuses ?

F. V. : La pandémie de Covid-19 a eu un impact sévère sur le Mont-Saint-Michel, entraînant une fermeture totale pendant une année complète. Cette interruption sans précédent a paralysé l’activité des établissements hôteliers et de restauration, créant une instabilité économique significative, avec un chiffre d’affaires fluctuant entre 20 et 30 millions d’euros, contre une fourchette allant de 40 à 60 millions habituellement. Bien que la situation se rapproche des niveaux d’avant la pandémie, elle reste en deçà de nos attentes et n’est pas suffisante pour envisager le développement que nous aspirons à atteindre. Les mois de juillet et août demeurent les périodes phares, tandis que la fréquentation est globalement plus soutenue entre avril et la Toussaint. Cependant, les périodes creuses restent un défi majeur. L’objectif est désormais de relever le niveau plancher de ces moments d’accalmie. Pour ce faire, il est essentiel de repenser les bases de l’activité tout en respectant les fondements historiques de l’entreprise. C’est dans ce but que nous avons recruté, en 2024, le chef Christophe Pacheco, pour reprendre les rênes de nos cuisines et redonner une nouvelle vie aux cartes des restaurants du groupe.

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