Teisseire : le Tribunal de Grenoble ordonne la suspension de la fabrication des sirops au Havre
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Teisseire : le Tribunal de Grenoble ordonne la suspension de la fabrication des sirops au Havre

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Le plan de continuation de l’activité instauré par Carlsberg, propriétaire de la marque Teisseire pour permettre de continuer à produire le sirop au sein d’une usine normande et ainsi contourner la grève des salariés du site historique grenoblois, a été jugé illégal par le tribunal de Grenoble. Une victoire pour les employés, qui dénoncent la fermeture de l’usine iséroise.

L’usine de Crolles fermera ses portes en avril 2026 si aucun repreneur ne se positionne pour l’usine iséroise de Teisseire — Photo : Teisseire

Nouveau rebondissement dans la procédure collective engagée par le groupe Carlsberg pour fermer le site grenoblois de production de sirops Teisseire (300 salariés ; 200 M€ de CA en 2023), site que le brasseur danois avait pourtant racheté à l’été 2024.

Le tribunal de Grenoble a ainsi annoncé fin décembre la suspension du "plan de continuation de l’activité" engagé par Carlsberg à l’automne dernier. Ce qui signifie que les sirops, que Carlsberg souhaitait faire fabriquer par son sous-traitant havrais, la société Slaur-Sardet, ne le seront finalement pas. En effet, les magistrats ont soutenu la requête des salariés CGT et du comité social et économique (CSE) de Teisseire, qui avaient dénoncé l’absence d’information du CSE avant la décision de mise en œuvre du plan de continuation d’activité.

Selon les plaignants, la poursuite de la production de sirops chez un sous-traitant constituait par ailleurs une atteinte au droit de grève qu’exercent les salariés depuis début octobre. Près de 200 emplois sont en jeu avec la fermeture du site isérois, qui ne conserverait que les fonctions supports et externaliserait la partie commerciale et sous-traiterait la production. Un scénario "incontournable pour assurer la pérennité de l’entreprise ", avait déclaré le président de Teisseire Christophe Garcia, lors de l’annonce du "projet de réorganisation global des activités" de l’entreprise mi-octobre.

Le Tribunal a donc interdit la poursuite de la production en Normandie, interdiction qui devra être effective avant le 3 janvier 2026, sous peine d’une amende de 10 000 euros par jour. La direction devra par ailleurs s’acquitter d’une pénalité de 3 000 euros auprès du CSE et de 3 000 euros auprès de la CGT.

Le ministre de l’Industrie aux côtés des salariés

Les salariés plaident toujours pour le maintien de l’activité sur le site de production de Crolles (aux environs de Grenoble), qui selon eux n’a jamais été déficitaire depuis trente ans. Ils ont derrière eux le ministre de l’Industrie, qui, en visite à Grenoble début décembre, s’est montré compréhensif à l’égard des salariés. "Je ne me résous pas à ce qu’il n’y ait pas d’avenir industriel sur ce site ", avait alors affirmé Sébastien Martin. Celui-ci plaide pour le maintien d’au moins une partie de la production de sirops sur le site de Crolles et avait déclaré que l’État se battrait pour que cela soit le cas.

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le député LFI François Ruffin en soutien

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le député LFI François Ruffin se sont également rendus devant l’usine pour soutenir les salariés cet hiver, afin de manifester leur soutien aux salariés et de faire pression sur la direction de Carlsberg.

La fermeture de l’usine est prévue pour avril prochain, si aucun repreneur n’est trouvé d’ici là.

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