Nancy
C & DAC lève 1,6 million d’euros pour décarboner l’alimentation
Nancy # Agroalimentaire # Start-up

C & DAC lève 1,6 million d’euros pour décarboner l’alimentation

S'abonner

La start-up nancéienne C & DAC annonce avoir bouclé une levée de fonds de 1,6 million d’euros auprès de Yeast, groupe ILP et Alsace Business Angels. Objectif : pré-industrialiser la fabrication d’une farine de légumineuses, une alternative aux protéines animales.

L’équipe nancéienne accompagne depuis 2017 des entreprises agroalimentaires dans la formulation de produits végétaux — Photo : C&DAC

Installé à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), le laboratoire de recherche et développement C & DAC accompagne depuis 2017 des entreprises agroalimentaires dans la formulation de produits végétaux. La start-up a annoncé le 1er octobre avoir bouclé une levée de fonds de 1,6 million d’euros auprès des réseaux d’investisseurs régionaux Yeast et Alsace Business Angels, ainsi qu’auprès du Groupe ILP (Institut lorrain de participation), un fond opéré par la Région Grand Est.

Cette opération va permettre à l’entreprise de huit salariés, présidée par Élise Bourcier de se lancer dans la pré-industrialisation d’une farine de féveroles fermentées. Cette légumineuse de la famille des fèves peut en effet être utilisée dans de nombreux produits agroalimentaires, comme les substituts aux produits laitiers, à la viande, mais aussi en biscuiterie, épicerie, etc.

Lever le verrou du goût

"Dans ce type de produits, le premier verrou à lever est celui du goût, qui est souvent vert et astringent. Aujourd’hui, aucun fournisseur d’ingrédients ne propose de solutions qui permettent de fabriquer des produits neutres en goût", analyse Élise Bourcier. Un patient travail de sélection de souches a permis à l’entreprise de dégrader les molécules responsables du goût végétal tout en améliorant la digestibilité des légumineuses. Au total, il aura fallu deux années de R & D, de tests sur des ingrédients à base de légumineuses, pour mettre au point une farine commercialisable.

Vers un doublement du marché mondial en 2031

C & DAC estime que la mise sur le marché de son produit arrive au bon moment. Les ventes d’alternatives végétales progressent, tirées par des consommateurs soucieux de la planète, les protéines animales étant jugées responsables de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le marché est estimé à 50 milliards de dollars en 2024 et pourrait être multiplié par deux d’ici 2031 (source : Meticulous Research, Plant-based Food Market, 2024).

Apporter de la valeur ajoutée à la production de féveroles

L’entreprise lauréate du dispositif "Besoins alimentaires de demain" du plan d’investissement France 2030 identifie un second avantage à ses alternatives végétales : celui d’apporter de la valeur ajoutée à la production de féveroles, une légumineuse riche en protéines et en amidon produite dans le Grand Est, mais principalement utilisée en alimentation animale. Or ces légumineuses jouent un rôle primordial dans le maintien de la qualité des sols. Pour mettre au point sa farine, la jeune société a ainsi travaillé avec des coopératives agricoles françaises comme Probiolor, Unéal ou encore Vivescia.

Production de 30 tonnes par an au démarrage

Installée sur la plateforme technologique "Sciences du vivant et santé" du Grand Nancy, au technopole de Brabois, aux côtés de Biolie (spécialisée dans les cosmétiques biosourcés) et Entoinnov (farines d’insectes), la start-up pourrait produire 30 tonnes de farine de féverole par an dans un premier temps, avec l’objectif de 500 tonnes par an en vitesse de croisière.

Nancy # Agroalimentaire # Start-up # Levée de fonds