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Boccard et Thorizon unissent leurs forces pour faire émerger le réacteur nucléaire à sels fondus européen
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Boccard et Thorizon unissent leurs forces pour faire émerger le réacteur nucléaire à sels fondus européen

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L’industriel lyonnais Boccard et la start-up franco néerlandaise Thorizon signent un partenariat stratégique autour du développement d’un démonstrateur nucléaire de nouvelle génération baptisé Pioneer.

Signature du partenariat entre l'industriel lyonnais Boccard et la start-up franco-néerlandaise Thorizon. Objectif : valider des composants-clés des futurs réacteurs nucléaires à sels fondus — Photo : Boccard

Boccard, équipementier industriel centenaire basé à Lyon, et Thorizon, jeune deeptech franco néerlandaise viennent de signer un accord de coopération technique et commerciale pour accélérer le développement des réacteurs nucléaire à sels fondus. Objectif : valider des composants clés de cette technologie prometteuse portée par Thorizon et poser les bases du premier démonstrateur européen.

Co-construire un réacteur à sels fondus

Ce partenariat porte d’abord sur la conception d’une boucle de qualification de pompe, un système essentiel pour faire circuler les sels fondus à très haute température, et sur la préparation des tuyauteries destinées au démonstrateur nucléaire baptisé Pioneer.

"Ces réacteurs ouvrent la voie à une circularité du combustible nucléaire, en recyclant des déchets à vie longue en nouveau combustible"

"Notre expertise en procédés fluides et en ingénierie digitalisée contribuera à faire avancer ce projet aux côtés de Thorizon", souligne Philippe de Almeida, directeur du nucléaire chez Boccard France, qui affirme détenir plus de 50 ans d’expérience dans ce domaine. En juillet dernier, l’équipementier lyonnais a d’ailleurs inauguré une nouvelle usine de 10 000 m² dédiée à la production de composants pour les centrales nucléaires, et basée à Deeside, au nord du Pays de Galles. L'usine galloise est aussi conçue pour servir les besoins à venir des petits réacteurs modulaires en Europe, notamment ceux de Rolls-Royce, très actif dans ce domaine. "Nous sommes en discussion avec plusieurs développeurs pour leur proposer notre capacité à fabriquer ces petits systèmes modulaires", avait précisé Philippe Lazare, directeur exécutif de la division Boccard Énergies

Une technologie au cœur de la transition énergétique

Les réacteurs à sels fondus fonctionnent à basse pression avec un combustible liquide, garantissant une sécurité intrinsèque et une production simultanée d’électricité et de chaleur à 550 °C. Cette chaleur peut être utilisée par les industries lourdes – chimie, sidérurgie, matériaux – pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles.
"Surtout, ces réacteurs ouvrent la voie à une circularité du combustible nucléaire, en recyclant des déchets à vie longue en nouveau combustible", souligne Laure Claquin, directrice des opérations de Thorizon en France. De quoi réduire drastiquement le volume et la durée de vie des déchets produits.

Vers un premier démonstrateur

Pour Thorizon (50 salariés, dont 26 à Lyon), dont le projet est au stade de la R & D, le partenariat avec Boccard constitue une étape déterminante. "Grâce à cette collaboration, nous accélérons la validation de nos sous-systèmes et préparons la mise en service du premier réacteur à sels fondus européen", commente Kiki Lauwers, dirigeant de la start-up néerlandaise, basée à Amsterdam et à Lyon.

Depuis sa création, Thorizon a récolté des financements d'un montant total de 42,5 millions d'euros. Elle a notamment été soutenue par la Commission européenne via un apport de 10 millions d’euros dans le cadre d’un consortium pour le projet ZILT qui réunit des acteurs néerlandais du nucléaire autour du développement de son réacteur Thorizon One. La deeptech a aussi bénéficié d'une aide de 10 millions d'euros de France 2030 en 2024 et levé 20 millions d’euros en mars dernier.

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