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Basse-Indre : 200 ans d’excellence industrielle dans un moment critique pour le géant de l’acier ArcelorMittal
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Basse-Indre : 200 ans d’excellence industrielle dans un moment critique pour le géant de l’acier ArcelorMittal

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Le site ArcelorMittal de Basse-Indre (Loire-Atlantique) a célébré son 200e anniversaire le 13 septembre 2024, en présence du PDG France Matthieu Jehl et de Thierry Poirier, directeur du site. Cet événement a mis en avant deux siècles de savoir-faire industriel, tout en soulignant les défis économiques actuels, avec une baisse de 50 % de la production en 2023, affectée notamment par la concurrence asiatique.

Matthieu Jehl, CEO ArcelorMittal France et Thierry Poirier, directeur du site ArcelorMittal de Basse-Indre, devant les 342 portraits des salariés de l'usine de Basse-Indre, à l'occasion d'une bicentenaire du site nantais — Photo : David Pouilloux

Le site ArcelorMittal de Basse-Indre, en Loire-Atlantique, célèbre cette année son bicentenaire. Un âge exceptionnel pour un site industriel qui a réuni pour l'occasion les employés actuels, les partenaires, les anciens salariés et les élus locaux, mais aussi le patron du site, Thierry Poirier, ainsi que le PDG France d’ArcelorMittal, Matthieu Jehl.

"L'année 2023 a vu une baisse de 50 % de notre production"

Cette célébration met en lumière deux siècles de savoir-faire industriel, avec un accent sur l’innovation et l’adaptation aux exigences du marché, mais dans un contexte mondial rude pour le géant ArcelorMittal. "L’année 2023 a vu une baisse de 50 % de notre production, soit seulement 130 000 tonnes, reconnaît Thierry Poirier, le directeur du site implanté en bord de Loire, à quelques kilomètres de Nantes. Nos concurrents, notamment la Chine, inondent le marché avec des aciers à bas prix, car ils sont en surproduction là-bas, du fait de l’effondrement du marché immobilier." Il ajoute : "Le marché automobile européen souffre également et c’est un gros consommateur d’acier."

Un site historique au cœur de l’industrie française

Créé en 1824, le site de Basse-Indre est le plus ancien du groupe ArcelorMittal en France. Depuis sa fondation sous le nom des Forges de Basse-Indre, l’usine a su évoluer et répondre aux besoins de l’industrie. Aujourd’hui, elle est reconnue pour la production d’aciers destinés principalement à l’industrie agroalimentaire. Les aciers étamés et chromés, ou fer-blanc, sortent des 8 lignes de production. Les bobines ou feuilles sont ensuite transformées par les clients en boîtes de conserve, capsules de bouteilles et autres emballages indispensables à la chaîne alimentaire mondiale. "L’année 2024 se présente mieux que l’année 2023, annonce Matthieu Jehl, le président directeur général d’ArcelorMittal France. Nous devons nous battre, ne pas baisser les bras. La sidérurgie, et ce site, a déjà connu par le passé des moments de crise, mais il est encore là, et l’on fera tout pour qu’il soit là encore dans 100 ans."

Le combat de la compétitivité

Pour faire face à la concurrence où les conditions de travail et de production n’obéissent pas aux mêmes règles du jeu, pour rivaliser avec ces importations massives venues d’Asie, qui dépassent la production même du géant ArcelorMittal en Europe, un seul mot : la compétitivité. "On doit faire mieux à tous les niveaux pour être plus compétitifs, sur le coût de production, sur la qualité de nos produits, sur la sécurité de nos salariés, sur notre relation client, sur l’innovation. Chaque maillon de la chaîne, chaque détail, nous permet d'améliorer nos process et nos performances, assure Matthieu Jehl. Par ailleurs, des investissements sont prévus d’ici deux à trois ans, et ils seront de l’ordre de plusieurs millions à dizaines de millions d’euros."

342 salariés et 260 000 tonnes d’acier

Bobines d'acier produites par l'usine d'ArcelorMittal à Basse-Indre qui serviront à produire des aciers pour les emballages de l'agroalimentaire — Photo : ArcellorMittal

Avec une capacité annuelle de plus de 260 000 tonnes d’acier, le site d’Indre emploie actuellement 342 personnes. "Parmi notre personnel, il y a des inquiétudes, car le contexte est très tendu sur le marché de l’acier, et très concurrentiel, remarque Thierry Poirier. Mais notre usine en a vu d’autres. Nos produits sont bons, nos compétences certaines et notre savoir-faire reconnu." Le site nantais continue de recruter une vingtaine de collaborateurs chaque année, que ce soit des techniciens, ingénieurs ou ouvriers. La formation est également une priorité, avec l’accueil annuel d’une vingtaine de stagiaires et alternants du niveau bac + 1 à bac + 5.

Torche olympique

Thierry Poirier, directeur du site ArcelorMittal de Basse-Indre, tenant la torche olympique fabriquée par le géant de l'acier, et Matthieu Jehl, CEO ArcelorMittal France — Photo : David Pouilloux

Avec un chiffre d’affaires de 68,3 milliards de dollars en 2023, ArcelorMittal est l’un des leaders mondiaux de l’acier. Le groupe, qui compte 127 000 employés dans 60 pays, vise à construire "un monde plus durable" grâce à des aciers fabriqués par des procédés innovants, moins énergivores et à empreinte carbone réduite. En France, ArcelorMittal emploie 15 400 personnes sur 40 sites, avec une capacité de production de 11 millions de tonnes d’acier liquide par an.

En tant que partenaire officiel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le groupe a notamment fabriqué la Torche olympique et les anneaux olympiques accrochés à la Tour Eiffel.

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