"Notre industrie est dans sa pire crise depuis la crise financière et économique de 2009". Six producteurs d’acier européens, dont ArcelorMittal et Aperam, s’inquiètent de l’avenir dans une lettre ouverte et demandent aux États de l’Union Européenne d’agir en toute urgence.
100 000 emplois en moins
La situation est grave, résument-ils au nom d’Eurofer, l’association européenne des producteurs d’acier. Selon eux, "la production dans l’UE a diminué de 30 % depuis 2008 pour atteindre 126 millions de tonnes en 2023" et le secteur a vu 100 000 emplois détruits ces quinze dernières années. Récemment dans nos colonnes, Thierry Poirier, PDG de d’ArcelorMittal Basse-Indre, implanté en bord de Loire, confiait que l’année 2023 avait vu "une baisse de 50 % de (notre) production, soit seulement 130 000 tonnes".
Pourquoi une telle crise ?
Les industriels déplorent notamment, dans leur lettre, "la faiblesse de la demande, due à des facteurs permanents comme les prix élevés de l’énergie, la persistance de l’inflation, l’incertitude économique et les tensions géopolitiques". Comme si cela ne suffisait pas, ils souffrent des conséquences de la crise du secteur manufacturier touchant "les principaux secteurs utilisateurs d’acier, dont le bâtiment et l’automobile", ajoutent-ils.
La Chine ciblée
Les producteurs réclament donc un plan d’action musclé dans le cadre du Clean Industrial Deal avec "des mesures d’urgence et une solution structurelle aux effets désastreux de la surcapacité mondiale". Ils souhaitent aussi des dispositifs pour lutter contre "les échanges déloyaux sur le marché européen de l’acier", ciblant notamment la concurrence chinoise qui inonde le marché avec ses tarifs très bas. Un SOS en bonne et due forme pour, disent-ils, "préserver une industrie sidérurgique résiliente et durable qui puisse investir dans nos ambitieux projets de décarbonisation d’ici 2030 et au-delà".