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Avec les bateaux à propulsion décarbonée, Bord à Bord s’ouvre de nouveaux marchés
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Avec les bateaux à propulsion décarbonée, Bord à Bord s’ouvre de nouveaux marchés

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Bord à Bord, qui construit dans les Côtes-d’Armor des bateaux professionnels et des voiliers en aluminium, vient de racheter la gamme de bateaux électriques de Naviwatt. Le constructeur naval devrait s’agrandir avec la construction d’un bâtiment de 900 m² en 2026. Il possède également un projet de développement dans les drones marins.

Loïc Cheynet est le président de Bord à Bord depuis 2020, date à laquelle il a racheté le constructeur naval costarmoricain — Photo : Matthieu Leman

Le constructeur costarmoricain de bateaux professionnels et voiliers en aluminium Bord à Bord (CA 2023-2024 : 4 M€, 35 salariés) a racheté en décembre 2024 la gamme de navires électriques de la société morbihannaise Naviwatt. Cette dernière se concentrera sur ses activités de bureau d’études d’architecture navale, d’intégration de propulsion décarbonnée et de refit de bateaux en motorisation électrique.

Une dizaine de modèles de bateaux à propulsion décarbonée

"Grâce à ce rachat, nous proposons désormais des modèles à propulsion décarbonée, se félicite Loïc Cheynet, président depuis 2020, à la suite de l’aquisition de la SAS installée à Plestin-les-Grèves. Nous fabriquions déjà la coque de ces bateaux en sous-traitance pour Naviwatt depuis 2018. Nous avons racheté leur gamme qui comprend une dizaine de modèles, leur carnet de commandes. Nous avons également embauché leur chargé d’affaires et un électro-mécanicien."

Objectif 15 % de hausse du chiffre d’affaires pour commencer

Entre 3 et 6 bateaux de la gamme Naviwatt passaient par l’atelier de Bord à Bord chaque année. Le dirigeant costarmoricain prévoit une hausse de 15 % du chiffre d’affaires de la PME, avant un éventuel développement car le marché des motorisations décarbonées se révèle porteur. "L’idée est de faire plus et de convertir des clients à la propulsion électrique", confie le dirigeant. De plus, ce rachat va permettre à Bord à Bord de maîtriser cette technologie et d’augmenter sa visibilité en tant que fabricant de bateaux.

Pénétrer le marché des eaux intérieures

Autres avantages pour la PME costarmoricaine, mieux se positionner sur les projets hybrides (plusieurs dossiers sont en cours de développement dans ce domaine) et pénétrer le marché des eaux intérieures, dont les contraintes réglementaires, comme sur la Seine, imposent l’usage de la motorisation électrique.

"D’autres zones en Méditerranée et en Corse, par exemple, sont également proches de passer en zone restreinte", note Loïc Cheynet, dont l’entreprise construit par exemple des bateaux destinés à la plongée sous-marine.

Agrandissement en vue

Pour anticiper ce développement, Bord à Bord cherche à s’agrandir. La PME est en discussion avec Lannion Trégor Communauté, propriétaire de la zone d’activité où elle est installée, pour l’acquisition d’un terrain. "L’idée est de construire un premier bâtiment modulable de 900 m² en 2026, avant un second de la même taille si la croissance de notre activité est au rendez-vous", souligne le dirigeant. Dans ce premier bâtiment, serait installée l’activité finition et aménagement intérieur des bateaux.

Également constructeur de voiliers

Et notamment des voiliers, une diversification dynamique de la PME qui représente 30 % du chiffre d’affaires et qui va être séparée de Bord à Bord suite à la constitution de la société Ogham Yachts, avec un partenaire qui y investit.

Des modèles de drones développés avec un partenaire

Un autre partenariat pourrait se concrétiser dans le domaine des drones marins, dont Bord à Bord a créé deux modèles à la suite d’un appel d’offres. Près de 40 % de l’activité de la PME vient d’appel d’offres dont 25 % sont internationaux. Le partenaire est un spécialiste de systèmes embarqués de l’Est de la France.

Une politique de rachat et de partenariat à laquelle la PME est rompue puisqu’elle compte également un cabinet d’architecture navale à Toulouse (rachat en 2021), l’atelier costarmoricain d’aménagement intérieur de bateau DRB Armor (2022, intégré dans Bord à Bord) et le chantier finistérien Amares (2023), qui fabrique également des bateaux en aluminium et qui pourrait déménager pour plus grand (600 m²).

Côtes-d'Armor # Naval # Nautisme # Fusion-acquisition # Investissement immobilier # PME