Vannes
Le Domaine Lamballe mise sur des cuves en coquilles d’huîtres locales
Vannes # Vins et spiritueux # PME

Le Domaine Lamballe mise sur des cuves en coquilles d’huîtres locales

S'abonner

À Baden, le Domaine Lamballe intégrera des coquilles d’huîtres recyclées dans ses futures cuves à vin. Une innovation développée avec des ostréiculteurs locaux et le fabricant CLC France pour ancrer davantage encore le vin breton dans son territoire.

Le Domaine Lamballe intégrera des coquilles d’huîtres recyclées dans ses futures cuves à vin — Photo : Ségolène Mahias

À Baden, dans le Golfe du Morbihan, le Domaine Lamballe poursuit sa volonté de bâtir une viticulture bretonne profondément liée à son environnement maritime. Le jeune domaine morbihannais va devenir le premier à utiliser des cuves à vin intégrant des coquilles d’huîtres recyclées, dans le cadre d’un partenariat avec CLC France, spécialiste des cuves béton, implanté à Bordeaux et composante du groupe italien du même nom.

Un projet d’économie circulaire locale

Au total, 1,5 tonne de coquilles provenant de la Maison Jegat à Arradon et des Huîtres de Toulvern à Baden sera incorporée dans les futures cuves du chai. Les coquilles sont collectées localement avant d’être lavées et broyées à Bordeaux, puis intégrées à la fabrication des cuves en Italie.

"Nous avons toujours voulu créer un lien entre la terre et la mer", explique Dominique Lamballe, co-dirigeant du domaine. "Quoi de mieux qu’une bonne bouteille avec une bonne huître ? Depuis le début, nous avons fait le choix de multiplier les partenariats locaux."

Le domaine équipera son chai de quatorze cuves : huit modèles Opale de 22,5 hectolitres et six petites cuves Jara de 3,5 hectolitres. Ces dernières ont été spécialement développées pour le Domaine Lamballe afin de permettre différents essais de vinification.

Une alternative aux matières minérales

Les coquilles remplacent environ 10 % des matières minérales utilisées dans le béton. Au-delà, les tests ont montré des problèmes techniques d’étanchéité. " C’est le point d’équilibre trouvé aujourd’hui ", précise Tristan Lamballe.

Pour les ostréiculteurs partenaires, cette valorisation répond aussi à une problématique concrète. " Jusqu’à présent, c’était un déchet ", explique Yvonnick Jegat. "On les stockait sur des terrains vaseux pour durcir les sols. Mais chaque année, cela représente des quantités importantes à gérer."

L’ostréiculteur souligne également l’intérêt environnemental de cette réutilisation. "Remettre du calcaire dans l’eau est bon contre l’acidification des océans. Si cela avait été polluant, on aurait trouvé une autre solution. "

Une identité viticole tournée vers la mer

Le projet dépasse la seule innovation technique. Les dirigeants souhaitent donner une identité propre au vin breton en valorisant l’influence maritime du Golfe du Morbihan. "Nous pensons déjà que la proximité de la mer apporte quelque chose aux vignes", avance Dominique Lamballe.

Le domaine prépare actuellement sa prochaine récolte, attendue dès la fin août après des vendanges précoces en 2025. La partie technique du chai doit être opérationnelle fin juin afin d’accueillir les raisins dans de meilleures conditions que lors de la première vinification réalisée l’an dernier dans des installations provisoires.

L’ouverture complète du site au public est plutôt envisagée pour début 2027. Les premières bouteilles commercialisées seront issues de la récolte 2025, le temps de constituer des stocks suffisants et d’organiser les dégustations nécessaires au lancement commercial.

En parallèle, le Domaine Lamballe réfléchit déjà à d’autres projets avec les ostréiculteurs du Golfe, notamment autour de l’immersion de bouteilles en mer pour l’élevage des vins.

Vannes # Vins et spiritueux # Maritime # PME # RSE # Innovation
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise DOMAINE LAMBALLE