Spécialisée dans la fabrication et l’assemblage de pièces mécaniques, la société André Laurent projette d’ouvrir un second site de production pour répondre à la montée en charge de son activité dans le nucléaire.
"À La Ricamarie, nous disposons de 10 000 m². L'idée serait de créer un second site de 1 500 à 2 000 m², dans un rayon de 20 km, qui serait dédié à une seule typologie de produit pour le secteur du levage et de la manutention. L’objectif est que ce site soit entièrement robotisé et automatisé pour arriver à gagner 20 % sur le prix des pièces et les frais de structure. Ce qui nous permettra de dégager des ressources pour développer le nucléaire à La Ricamarie", détaille Jean-Jacques Laurent, le PDG et fils du fondateur de la PME familiale (95 salariés ; 14,5 M€ de CA en 2023).
Les effets positifs du plan de relance
Positionnée dans le nucléaire depuis les années 90, André Laurent a vu son chiffre d’affaires s’effondrer de 15 à 9 millions d’euros entre 2015 et 2018. "Nous avons vécu trois années très douloureuses, suite au drame de Fukushima et à la sortie du nucléaire annoncée par le gouvernement de l’époque. Le nucléaire, qui représentait 40 % de notre chiffre d’affaires, est tombé à quasiment zéro", relate le PDG.
Alors, avec l’annonce en 2022 du redémarrage de la filière par le président Emmanuel Macron, André Laurent a dû se réorganiser. "Nous n’avions pas perdu de compétences mais avec un chiffre d’affaires moindre, nous avions forcément moins de personnels compétents. Nous avons donc étoffé nos effectifs et créé une cellule de 4 personnes dédiée à la gestion des dossiers nucléaires. Nous sommes en train d’en créer une seconde car le nucléaire représente désormais 35 % de notre chiffre d’affaires, qui lui est quasiment revenu au niveau de 2015 avec 14,5 millions d’euros", se réjouit Jean-Jacques Laurent.
Un investissement estimé à 3,5 millions d’euros
La PME ligérienne, qui ambitionne d’atteindre les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce au redéploiement du nucléaire en France, planche donc sur un projet de nouveau site de production. "Un architecte travaille sur le sujet pour que nous ayons un bâtiment le moins énergivore possible et essayer d’obtenir des aides sur ce volet. Nous regardons aussi comment optimiser tous nos process de production en automatisant au maximum. Au total, on devrait être sur un investissement de près de 3,5 millions d’euros", développe Jean-Jacques Laurent.
En attendant la mise en service de ce second site de production, qui pourrait voir le jour sous deux ans, le PDG s’attache pour l’heure à augmenter les capacités de production de son site de La Ricamarie. "Actuellement, nous avons une capacité de production de 1 350 heures par semaine. Nous ambitionnons d’atteindre 1 500 à 1 600 heures à horizon 18 mois", confie le dirigeant.
En phase d’accélération
Pour y parvenir, André Laurent a intégré cet été le programme d’accélération du nouvel accélérateur du nucléaire porté par l’État et Bpifrance. "Pour l’instant, un consultant nous accompagne pour faire un audit et mettre en évidence les points d’amélioration et remettre à plat notre projet d’entreprise pour mieux répondre à la demande croissante du marché nucléaire", conclut Jean-Jacques Laurent.