Bas-Rhin
Alsapan engage 50 millions d’euros pour muscler ses capacités industrielles
Bas-Rhin # Fabrication de meubles # Investissement industriel

Alsapan engage 50 millions d’euros pour muscler ses capacités industrielles

S'abonner

Porté par la montée en puissance des rangements modulaires et un partenariat historique avec Ikea, le fabricant alsacien de meubles Alsapan engage un plan d’investissements de 50 millions d’euros en France. À la clé : une forte montée en charge industrielle et 150 créations d’emplois en CDI.

Cécile Cantrelle, dirigeante du groupe Strub et d'Alsapan, sa filiale bois — Photo : document remis par Alsapan

"Alsapan navigue à contre-courant et ça nous réussit" se félicite Cécile Cantrelle, dirigeante du Groupe Strub, auquel appartient le fabricant alsacien de meubles. Dans un contexte de ralentissement du marché du meuble, l’industriel fait le choix d’accélérer.

Avec 604 salariés et 165 intérimaires, Alsapan a réalisé 170 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le dernier exercice (soit près de +35 % par rapport à 2023). Elle s’inscrit dans un groupe industriel intégré qui fédère également Alsaflooring et Voltec Solar, pour un chiffre d’affaires consolidé de 300 millions d’euros.

À l’occasion du sommet Choose France, le groupe a officialisé un programme de 50 millions d’euros d’investissements industriels d’ici 2027, intégralement réalisés sur ses sites français.
"C’est un choix assumé : produire en France, investir dans nos outils et sécuriser nos capacités pour nos grands clients ", explique Cécile Cantrelle. Sur ce montant, 35 millions d’euros sont concentrés sur le site d’Erstein, dans le Bas-Rhin, afin de moderniser les lignes de production et d’absorber une forte montée en charge liée à son client Ikea. Les 15 millions d’euros restants sont répartis entre Dinsheim-sur-Bruche (Bas-Rhin), Boulay-Moselle (Moselle) et La Courtine (Creuse), des sites spécialisés dans les plans de travail et les meubles en kit.

Des logements plus petits, des besoins plus complexes

Derrière l’investissement, figure une évolution structurelle des usages. "On ne parle plus de mètres carrés, mais de mètres cubes de rangement", constate Cécile Cantrelle. La réduction des surfaces habitables et la mobilité résidentielle favorisent les solutions de rangement modulaires, adaptables et démontables. Largeur, hauteur, profondeur : les systèmes proposés doivent s’ajuster à des configurations de plus en plus hétérogènes. C’est sur ce segment que les capacités de production de dressings modulaires seront doublées, un marché jugé durablement porteur par le groupe.

Le siège social d’Alsapan (groupe Strub) à Dinsheim-sur-Bruche dans le Bas-Rhin, fait partie des sites qui bénéficieront des investissements en vue de doubler la production de meubles en kit et plans de travail réalisés par la société — Photo : Marine Dumeny

Ikea, locomotive industrielle

Partenaire d’Ikea depuis plus de quarante ans, Alsapan voit aujourd’hui les volumes s’accélérer. Le nombre de panneaux de bois entrants à Erstein passera de 150 à 250 voire 300 par jour, illustrant l’ampleur de la montée en charge. Cette dynamique s’appuie sur un produit repensé : un nouveau dressing Ikea plus robuste, démontable, conçu pour résister aux déménagements successifs, fruit d’une innovation continue. "Dès 2004, nous investissions déjà pour faciliter l’assemblage. Aujourd’hui, la modularité va beaucoup plus loin", souligne la dirigeante.

150 CDI à pourvoir dans une industrie en tension

L’expansion industrielle se traduira par 150 créations de postes en CDI, dont 75 sur le site d’Erstein. Conducteurs de ligne, caristes, techniciens industriels : les profils sont identifiés, mais difficiles à recruter. Pour élargir le vivier, Alsapan multiplie les recrutements sans CV, développe les certificats de qualification professionnelle (CQP) et l’apprentissage. L’entreprise revendique par ailleurs un engagement fort sur la féminisation de l’industrie : un tiers de femmes figurent dans les effectifs, et la moitié des postes de direction sont occupés par des femmes.

D’autant que les départs à la retraite vont nécessiter des remplacements sous peu. "Nous avons 84 salariés de plus de 58 ans, compte Cécile Cantrelle. Nous allons devoir veiller à la transmission des savoirs et anticiper un recrutement supplémentaire".

Bas-Rhin # Fabrication de meubles # Investissement industriel # Créations d'emplois # ETI # Made in France