Il est des leaders discrets. À Evriguet, à la lisière du Morbihan et des Côtes-d'Armor, la scierie Marcadé est le fabricant numéro 1 en Bretagne de palox. Les palox, ce sont ces imposantes caisses en bois qui servent à stocker et à transporter divers légumes. "Ce marché est en plein développement et si nous voulions conforter nos positions, il fallait investir. Nous avons donc investi quatre millions d’euros afin de moderniser la scierie et d’augmenter nos capacités de production", indique Cédric Marcadé, dirigeant de cette entreprise familiale.
Pour porter cet investissement, la PME aura bénéficié du concours de France Relance à hauteur de 600 000 euros.
L’essor du palox
C’est notamment le marché de la pomme de terre avec des acteurs comme Brets qui muscle l’activité de Marcadé mais aussi l’ensemble de la production légumière bretonne, à l’instar de la marque Prince de Bretagne, et fruitière. "Nous sommes en plein développement sur le palox. Notre outil industriel, dans sa configuration actuelle, nous permet de faire plus et mieux", ajoute le chef d’entreprise.
Outre les palettes (50 % du chiffre d’affaires) les palox et autres caisses en bois (30 % ), l’entreprise réalise le reste de ses ventes du côté des produits connexes. "Ces produits connexes sont tous industriels. Il y a des écorces, plaquettes, sciures, granulés, … qui servent aussi bien en isolation, paillage, litières animales. Nous sommes une entreprise zéro déchets. Tout est valorisé", rappelle le dirigeant.
Présent depuis 2017, Cédric Marcadé a pris la succession de ses parents et incarne la quatrième génération à la tête de l’entreprise. "Ma mission a été de moderniser et de développer la société." Elle est ainsi passée de 2,5 à 5 millions d’euros de chiffre d’affaires aujourd’hui. Marcadé compte aujourd’hui plus de 30 salariés en CDI.
Bois locaux et trackers solaires
Engagée donc sur le zéro déchet, Marcadé opte pour des circuits courts pour ses approvisionnements. "Tous nos bois sont des bois locaux. Nous utilisons une quinzaine d’essences différentes qui proviennent de forêts situées à moins de 100 kilomètres, en Bretagne historique", poursuit le dirigeant. Chaque année, 20 000 m3 de bois bruts sont transformés au sein de l’entreprise. À 80 %, il s’agit de résineux et à 20 %, ce sont des feuillus.
La PME agit aussi pour diminuer sa consommation énergétique. Elle a ainsi installé trois trackers photovoltaïques géants pour lesquels elle a obtenu une aide de la Région à hauteur de 50 000 euros. "En 2024, dans le contexte inflationniste des coûts de l'énergie, le surcoût en électricité aura été de 92 000 euros pour notre entreprise . Les trackers nous permettent d’effacer 25 % de notre consommation lors d’une journée bien ensoleillée", chiffre Cédric Marcadé.