Deeptech de biotechnologie issue de l’Université Rouen Normandie, Alga Biologics est spécialisée dans la production d’anticorps thérapeutiques à partir de microalgues. La start-up de 7 salariés produit des protéines recombinantes, des anticorps thérapeutiques destinés à combattre le neuroblastome pédiatrique, un cancer qui touche 24 000 enfants par an dans le monde, dont la moitié meurt avant 5 ans.
Ce cancer qui touche principalement les enfants de 0 à 14 ans, bien que rare, est le quatrième type de cancer diagnostiqué chez l’enfant. Les deux traitements actuels sont peu efficaces et quasi-inaccessibles à 1 million de dollars pour l’Américain et 400 000 euros pour l’Européen. "Nous estimons pouvoir réduire les coûts de 70 %", assure Muriel Bardor, présidente d’Alga Biologics.
Un nouveau site de production
La start-up vient d’installer son activité de production industrielle, avec son nouveau bioréacteur de 200 litres, dans 300 m² de locaux à Canteleu, en complément des 45 m² de laboratoire qu’elle occupe à l’université Rouen Normandie à Mont Saint-Aignan. Avec ce démonstrateur industriel, l’équipe a choisi de produire un anticorps efficace dans le traitement de différents cancers dont le neuroblastome pédiatrique. Cette technologie possède un fort impact environnemental du fait de l’utilisation de la photosynthèse comme seule source d’énergie pour la cellule et contribue de cette manière à la décarbonation de la production d’anticorps thérapeutiques.
Nécessitant un investissement de 200 000 euros, "ce nouveau site est important car il va permettre de déployer notre pré-pilote industriel à une échelle de 200 litres, alors qu’il y a deux ans nous ne pouvions produire que 5 litres de produits", explique Muriel Bardor. "Ici, nous voulons anticiper l’avenir, avec l’ambition d’une production de 2 000 litres d’ici 2026", souligne la présidente d’Alga Biologics.
Des besoins de financement
Pour pouvoir assurer l’ensemble de la production d’anticorps thérapeutiques à partir de microalgues, Alga Biologics bénéficie d’un financement France 2030 (aide à l’industrialisation), ainsi que d’une subvention Bpifrance dédiée aux deeptech. Après une première levée de fonds finalisée en janvier 2024, avec l’arrivée d’investisseurs (business angels normands et lyonnais) et des prêts bancaires (Crédit Agricole Innov en Normandie), trois millions d’euros ont été sécurisés par la start-up.
Mais avec le développement industriel les besoins en financement se font plus importants, et la start-up a lancé une seconde levée de fonds : "Nous avons lancé une nouvelle levée de fonds de 12 millions d’euros. L’objectif est de sécuriser ces fonds pour assurer notre croissance et augmenter nos capacités de production, mais aussi implémenter notre technologie en environnement pharmaceutique", précise Muriel Bardor. Une nouvelle levée de fonds qui doit aussi permettre à la jeune pousse d’augmenter son effectif avec la mise en place d’une équipe d’une trentaine de personnes d’ici trois ans.