Rouen
Octocells imagine un matériau pour faciliter la bioproduction de cellules
Rouen # Biotech # Start-up

Octocells imagine un matériau pour faciliter la bioproduction de cellules

S'abonner

La bioproduction de cellules, dans le cadre de la fabrication d’un vaccin, ou de cosmétique, est un processus coûteux et peu efficace. La start-up rouennaise Octocells entend remédier à cette problématique en améliorant nettement le rendement de la production de biocellules, tout en la rendant plus économique.

Zied Souguir, docteur en chimie et cofondateur d’Octocells à Rouen — Photo : Octocells

Chercheur en chimie depuis plus de 15 ans sur la bioproduction, Zied Souguir a cofondé la start-up Octocells (anciennement Fudzs) avec ses deux associés Grégory Maubon et Aude Planche à Rouen en 2023. La nouvelle entreprise a mis au point une solution innovante pour améliorer l’efficacité de la bioproduction (c'est-à-dire la production de molécules biologiques à partir du vivant, NDLR) et la rendre moins coûteuse, grâce à un matériau composite. Octocells cherche à lever un million d’euros pour toucher les acteurs de la santé et de la cosmétique.

Rendement de chaque unité de bioproduction très faible

"Aujourd’hui, produire des biomolécules comme des vaccins ou des anticorps est très coûteux", explique Zied Souguir, à l’origine du projet Octocells. Le processus classique nécessite de mettre des cellules en culture, de leur injecter un agent pathogène ou un antigène, puis d’extraire les biomolécules produites. Le rendement reste très faible : les cellules ne peuvent pas être trop nombreuses, sous peine de s’agglomérer et de mourir. De plus, le milieu de culture, indispensable à leur survie, est extrêmement onéreux du fait du coût des produits utilisés. Depuis 2023, l’équipe travaille donc sur une solution qui permettrait d'accroître fortement le nombre de biomolécules, pour un coût moindre que les solutions classiques.

Les flasques de plastique avec la matrice d’Octocells — Photo : Octocells

La matrice supporte 200 fois plus de cellules

L’innovation consiste en une matrice, c’est-à-dire "une sorte d’éponge en polymère" explique Zied Souguir. Cette matrice, placée dans un liquide de culture permet de recevoir un nombre de cellules deux cents fois plus important qu’en conditions classiques. Alors qu’un système classique équivalent de culture cellulaire peut contenir jusqu’à 2 millions de cellules, la matrice développée par Octocells en supporte 400 millions, soit 200 fois plus. "Notre solution règle plusieurs problèmes", résume Zied Souguir, "elle nécessite moins de liquide de milieux de culture, moins d’énergie et d’espace pour la mettre en place, et permet de réduire la quantité de plastique utilisée dans l’opération". La solution de quelques centaines d’euros, s’applique non seulement aux vaccins, mais aussi à la production de médicaments et cosmétiques, ou encore à l’alimentaire, avec la production de protéines de synthèse.

La start-up rouennaise cherche à lever 1 million d’euros

Auparavant tournée vers l’alimentation de synthèse, sous le nom de Fudzs, la start-up a pris la décision de se recentrer sur le marché de la santé, le jugeant plus mature que le secteur des protéines de synthèse. Elle s'est donc renommée Octocells. Elle souhaite dorénavant commercialiser sa solution sous forme de flasque en plastique hébergeant la matrice, un contenant auquel les laboratoires et hôpitaux sont habitués et qui reste un moyen de faciliter leur adhésion au produit. La start-up cherche à lever un million d’euros d’ici le premier semestre 2026. Elle table sur la production de 1 000 à 1 500 flasques en 2026, lui permettant de réaliser un chiffre d’affaires de 680 000 euros (contre 30 000 euros en 2025). Octocells espère atteindre la rentabilité en 2028.

Rouen # Biotech # Start-up # Levée de fonds
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise FUDZS