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La biotech Abcely lève des fonds pour tester son produit contre le cancer colorectal
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La biotech Abcely lève des fonds pour tester son produit contre le cancer colorectal

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Après avoir levé 2,4 millions d’euros en 2023, la biotech nantaise vient de lever à nouveau quelques millions, pour financer les études précliniques de son produit contre le cancer colorectal. Si les résultats sont au rendez-vous, ils permettront à la biotech d’enclencher un nouveau tour de table, de l’ordre de 15 à 20 millions d’euros, pour tester son produit chez l’homme.

Jean-Marc Herbert est le directeur général d’Abcely — Photo : Abcely

Abcely, son fer de lance, ce sont les IgA. Si vous n’êtes pas du secteur, il faut comprendre les immunoglobulines de classe A. Avec sept personnes à bord, la start-up nantaise utilise ces protéines pour développer un potentiel traitement face aux cancers des muqueuses (colorectal, estomac, prostate, œsophage, etc.). En 2023, la biotech avait déjà levé 2,4 millions d’euros auprès de Go Capital, Angel santé, l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO). "Les IgA n’ont jamais été produites à grande échelle. Nous sommes parvenus ces derniers mois à une production préindustrielle, avec plusieurs grammes à plus de 90 % de pureté", se félicite Jean-Marc Herbert, directeur général d’Abcely, qui a auparavant passé plus de trente ans chez Sanofi. Fort de ce succès en production, Abcely remet donc une pièce dans la machine. Elle lève plusieurs millions d’euros, tout en restant discrète sur le montant et les acteurs de ce nouveau tour de table. Ces fonds vont permettre de financer des études précliniques réglementaires, soit les études fournissant des informations sur l’absorption, la distribution, ou encore l’excrétion du composé dans l’organisme.

Des tumeurs mieux ciblées

L’industrie pharmaceutique a l’habitude de manipuler des immunoglobulines, mais il s’agit généralement d’immunoglobulines G, administrées par voie injectable aux patients. Or, ces IgA sont beaucoup plus stables face aux enzymes de l’estomac, ce qui permet de les prescrire par voie orale. De plus, ils ont la particularité de passer directement dans les tissus, sans transiter par le sang, ce qui facilite le parcours du produit jusqu’aux tumeurs des muqueuses. Abcely s’attaquera en premier au cancer colorectal métastatique.

Une levée de 15 à 20 millions d’euros

Si les résultats des études précliniques le permettent, les IgA pourraient être testées chez l’homme d’ici un an et demi, à deux ans. Pour ce faire, Abcely aura aussi besoin de se refinancer, à hauteur de 15 à 20 millions d’euros. Pour justifier une telle somme, la biotech avance sur deux autres projets en parallèle, toujours liés à des pathologies des muqueuses. "Nous avons mis au point un deuxième produit basé sur les IgA contre l’endométriose. Nous avons un an et demi de décalage avec notre développement contre le cancer", note Jean-Marc Herbert.

"Les IgA circulent peu dans le corps, et se focalisent sur les tissus malades, ce qui limite les effets secondaires"

Abcely se pose ainsi en véritable experte des IgA, avec un troisième produit visant cette fois les maladies inflammatoires du tube digestif, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. "Ces maladies sont soignées par des produits injectables, qui exposent le patient sur le temps long. Ils peuvent être mal tolérés, et présenter une perte d’efficacité dans le temps. À l’inverse, les IgA circulent peu dans le corps, et se focalisent sur les tissus malades, ce qui limite les effets secondaires, souligne le directeur général. C’est aujourd’hui un marché de 40 à 50 milliards de dollars par an". De quoi justifier et donner envie aux investisseurs de miser quelques millions dans un prochain tour de table.

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