Enfin, les premières commandes vont pouvoir partir ! Depuis sa création en février 2023, Redeem Medical collecte et reconditionne les attelles et orthèses sans pouvoir encore les vendre. Mais la publication d’un arrêté au Journal Officiel devrait intervenir dans les prochains jours. Il permettra à l’entreprise de livrer les établissements de santé, et enfin envoyer ses premiers cartons. "Nous avons des commandes de CHU, dont celui de Nantes, mais aussi de cliniques comme les établissements d’Hospi Grand Ouest (Membre du groupe mutualiste Vyv, NDLR). Nous sommes également en discussion avec le groupe Elsan", précise Clémence Cornet, fondatrice et dirigeante de Redeem Medical.
"Nous devons industrialiser notre procédé, pour obtenir des gains de productivité et réduire les coûts unitaires"
L’entreprise, qui compte aujourd’hui 4 personnes en poste fixe et plusieurs stagiaires, souhaite lever 1,6 million d’euros au premier trimestre 2026, dont la moitié auprès d’investisseurs privés, qu’ils soient spécialisés dans l’investissement à impact ou la santé. Cette somme permettra à la jeune entreprise de passer à l’échelle supérieure. "Nous sommes sur un marché de volume, donc nous devons industrialiser notre procédé, pour obtenir des gains de productivité et réduire les coûts unitaires", analyse la dirigeante.
Suivre l’exemple des fauteuils roulants
Ces premières ventes vont permettre à Redeem Medical de valider le modèle économique, et de prouver que les produits reconditionnés ont bien leur place dans ce marché des orthèses. D’ailleurs, d’ici trois ans, l’entreprise vise 1,6 million d’euros de chiffre d’affaires avec le reconditionnement de 100 000 orthèses par an. Mais pour parvenir à ces chiffres, Clémence Cornet ne mise pas que sur les établissements de santé. "Ces derniers pèsent 15 % d’un marché qui représente au total 550 millions d’euros", analyse la dirigeante. La grande partie des ventes sont effectuées en pharmacie, mais pour les toucher, les attelles reconditionnées doivent bénéficier d’une prise en charge de l’assurance maladie.
Une étape encore loin d’être validée. "Les travaux sont aujourd’hui presque finalisés pour la prise en charge des fauteuils roulants remis en état d’usage. Il s’agit des premiers produits dans ce cas. Nous espérons que cela ouvre les portes plus facilement, et que les autres produits vont pouvoir suivre", ajoute Clémence Cornet.
Les fabricants comme nouvelle cible
Troisième canal de vente envisagé : les industriels qui fabriquent et vendent des attelles neuves. "Notre savoir-faire se situe dans la collecte et le reconditionnement des produits, ce qui nous permet d’agir comme un sous-traitant pour eux. Nous avons déjà signé avec plusieurs grands noms du secteur afin de leur retourner leurs produits reconditionnés", ajoute Clémence Cornet.
L’ouverture à d’autres dispositifs médicaux en réflexion
Pour jouer sur ces différents tableaux, Redeem Medical aura besoin de recruter, ce que devrait aussi permettre la levée de fonds à venir. À terme, l’entreprise pourrait également exporter son savoir-faire vers d’autres dispositifs médicaux, à plus forte valeur ajoutée. "Nous avons reçu des sollicitations dans ce sens", ajoute la fondatrice. Mais en attendant de voir plus grand, les équipes de Redeem Medical s’attellent à donner un cap à la filière des attelles de réemploi, devenue concrète avec ces premiers envois.