Alpes-Maritimes
Acteur de l’intérim, Belvedia renforce son maillage national
Alpes-Maritimes # Emploi # Ressources humaines

Acteur de l’intérim, Belvedia renforce son maillage national

S'abonner

Alors que le marché est toujours en berne, Belvedia poursuit son expansion aux quatre coins de France. Acteur du travail temporaire depuis 30 ans, le groupe basé près de Nice compte bien doubler son implantation d’ici 2030.

Sandrine Chialva est la déléguée générale du groupe Belvedia, acteur du travail temporaire depuis 30 ans, et dont le siège social se trouve à Cagnes-sur-Mer près de Nice — Photo : Olivia Oreggia

Avec son réseau d'une centaine d'agences, Belvedia est désormais implanté dans 11 régions françaises sur 12. Spécialiste du travail temporaire, le groupe basé à Cagnes-sur-Mer, près de Nice, suit les jalons qui figurent dans sa feuille de route 2030.

Et ce, malgré un marché toujours atone. "Depuis janvier 2026, on sent un frémissement parmi nos clients sur le besoin de repartir, de réinvestir et d’oser, explique Sandrine Chialva, déléguée générale de Belvedia aux côtés de Jacques Cohen, président et fondateur. Mais l’année 2025 a été gelée par les difficultés politiques, on l’a vraiment ressenti auprès de nos clients qui ont levé le pied sur les recrutements."

26 nouvelles agences en 2025

Dans ce contexte, le chiffre d’affaires de Belvedia est étale par rapport à 2024, à 200 millions d’euros. Il a toutefois recruté, portant ses effectifs de 300 à 350 collaborateurs, et a ouvert 26 agences, avec l’objectif d’en ouvrir au moins autant d’ici la fin de l’année.

"Ce sont nos clients qui nous ont sollicités. Ils nous voulaient partout, sur tous les territoires, reprend la dirigeante. Nous avons donc travaillé notre présence, en fonction de l’implantation de nos clients grands comptes qui évoluent dans le bâtiment, la grande distribution, la logistique ou l’industrie automobile. Pour rester sur ces appels d’offres, nous devons être maillés de façon nationale. La stratégie est venue de là. L’idée, depuis le départ, a toujours été d’être très proche de nos clients."

Les nouveaux besoins de la Défense

Proche sur un plan géographique, également en termes d’activité. Ainsi, le groupe entend-il renforcer sa présence dans la santé, l’agroalimentaire et la défense. Pour répondre aux nouveaux besoins de ce dernier, il a ouvert fin 2025 deux agences dédiées, à Pau et à Bourges, et en prévoit deux autres, dont la prochaine à Roanne.

"Des entreprises de l’industrie automobile, aujourd’hui en difficulté, sont en train de travailler pour aller sur les sujets d’armement et de Défense, car ce sont les mêmes besoins industriels." Il s’agira alors pour Belvedia d’être opérationnel, en temps et en heure, et au bon endroit.

De la croissance externe à l’étude

Pour poursuivre sur sa lancée, le groupe azuréen sait qu’il devra aussi compter sur de la croissance externe. Néanmoins, "l’idée n’est pas d’avoir des agences pour avoir des agences", reprend Sandrine Chialva qui assure que rien de précis n’est sur les rails, même si Jacques Cohen reçoit "très régulièrement" des dossiers. "Cela fait 10 ans que nous faisons de la croissance externe et la priorité, on l’a bien compris, est de s’assurer de l’ADN, des valeurs, car nous conservons l’ensemble des collaborateurs que nous intégrons, cela prend du temps. Ce n’est pas simple mais nous y parvenons et c’est une fierté."

J’aide la chance pour le public en insertion

Une progression maîtrisée d’autant que Belvedia est aussi un acteur de l’insertion, avec la création, il y a tout juste un an, de J’aide la chance, sa marque dédiée à l’intérim d’inclusion. "Cela regroupe toutes les personnes éloignées de l’emploi, des personnes porteuses de handicap ou bénéficiaires des minima sociaux, des jeunes, des seniors qui après 55 ans peuvent être poussés dehors par l’entreprise ou d’autres qui peuvent avoir été autoentrepreneurs pendant une période."

L’enseigne regroupe trois agences, à Aix-en-Provence, Paris et Bordeaux, pour une dizaine de collaborateurs au total. Adresser ces publics requiert une tout autre temporalité, l’accompagnement de chaque personne se faisant au moins sur six mois. "C’est un métier très différent de l’intérim où on est au contraire dans la réactivité." Belvedia vise la vingtaine d’agences d’ici 2030.

Gagner en employabilité avec le CDIE

D’ici là, l’entreprise sait aussi pouvoir actionner un autre levier de développement auprès des personnes de l’emploi : le CDI d’employabilité (CDIE), une expérimentation que l’Assemblée nationale a renouvelée jusqu’en 2028. "Il s’agit de donner de la flexibilité à l’entreprise qui a parfois besoin de garder des collaborateurs pendant 18-24 mois, tout en sécurisant le parcours professionnel des candidats qui gagnent en employabilité, explique Sandrine Chialva. Car il y a obligation de les former deux fois plus, en amenant les candidats sur de nouveaux métiers."

Belvedia, à travers sa nouvelle marque CID Lib', assure notamment ces formations pour les adapter aux besoins spécifiques des entreprises qui recrutent mais ne trouvent pas de candidats. "C’est une belle innovation. Nous, nous y croyons, c’est vraiment une offre complémentaire pour les entreprises."

Avec sa dizaine de marques différentes, Belvedia "soutient" ainsi plus de 19 000 candidats chaque jour en France et compte doubler ses implantations d’ici à 2030.

Alpes-Maritimes # Emploi # Intérim # Ressources humaines # Implantation # PME