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Dans un marché de l’intérim exsangue, Belvedia continue de s’étoffer
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Dans un marché de l’intérim exsangue, Belvedia continue de s’étoffer

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Le groupe azuréen Belvedia tricote discrètement sa présence aux quatre coins de l’Hexagone. Spécialiste des ressources humaines et du travail temporaire, il compte une centaine d’agences et en vise cinquante de plus à trois ans. Des ambitions et une dynamique qui ne faiblissent pas malgré un marché de l’intérim qui traverse, depuis plus d’un an déjà, une mauvaise passe.

Jacques Cohen est le fondateur et président du groupe Belvedia basé à Cagnes-sur-Mer près de Nice — Photo : Olivia Oreggia

C’est un groupe discret qui, depuis une trentaine d’années, avance à pas feutrés, mais désormais à grands pas. Belvedia est spécialisé dans les ressources humaines, le travail temporaire et le recrutement. Sur le seul mois de mars 2025, il a finalisé l’acquisition de trois agences situées en Haute-Savoie : Acti’v Emploi, Axxens RH et 74 Emploi. Une opération qui lui permet d’asseoir un peu plus encore sa présence nationale avec un réseau qui totalise une centaine d’agences.

Un équilibre entre croissance externe et organique

Basé à Cagnes-sur-Mer, le groupe azuréen n’a cessé de grandir ainsi au fil de créations et d’acquisitions, rachetant ainsi Ittaka (basé à Nantes et à Paris) en 2021 ou Cap Tempo à Nice en 2022. "Nous essayons de faire autant de croissance externe que de croissance organique, précise Jacques Cohen, président et fondateur de Belvedia. Ce sont des sujets qui sont pour nous vraiment complémentaires. Nous ambitionnons aujourd’hui d’avoir 50 nouvelles agences d’ici trois ans."

La proximité avant tout

D’ici la fin 2025, 25 nouvelles implantations viendront mailler un peu plus le territoire, sous l’ombrelle Belvedia. La marque la plus forte du groupe est Interim Nation qui abrite à elle seule 80 % du réseau. Elle concerne le BTP, le transport et la logistique, le tertiaire, la grande distribution, l’immobilier, l’industrie ou encore l’hôtellerie de luxe. Edelvi concerne quant à elle les métiers de la vente, de l’animation commerciale au merchandising. RSI Intérim est spécialisé dans les métiers du BTP, de l’environnement, du second œuvre et de l’industrie.

Début 2025, naissait J’aide la Chance pour rassembler toutes les activités autour de l’inclusion et ainsi accompagner au mieux les publics éloignés de l’emploi et favoriser l’intégration de talents issus de l’insertion professionnelle. "Pour toutes nos marques, la stratégie première est la proximité, reprend Jacques Cohen, que ce soit avec nos clients ou avec nos candidats. Si on adosse de nouvelles marques au groupe Belvedia, c’est pour avoir ce niveau de présence qui est très important pour nous."

Interim Nation est la marque numéro 1 du groupe Belvedia. Elle représente 80 % de son réseau d’agences — Photo : Belvedia

Des équipes engagées

La proximité érigée en valeur cardinale du groupe. Elle est aussi une qualité différenciante dans ce marché de l’intérim qui reste dominé par les géants suisse, américain ou néerlandais, et où évoluent quelques challengers ainsi qu’un grand nombre de petits acteurs. "Le chef d’entreprise que je suis reste persuadé que la valeur différenciante reste ancrée dans la fidélisation de nos équipes qui s’attellent chaque jour à fidéliser eux aussi, nos clients et nos salariés temporaires, nos intérimaires, nos chargés de mission. Les gens qui travaillent pour nous sont attachés à des personnes, pas forcément à des marques. C’est nous qui créons la valeur différenciante de nos entreprises. La force Belvedia, ce sont des équipes engagées, solidaires. C’est vraiment ça, ce ne sont pas que des mots. On est vraiment dans un esprit de bienveillance, d’empathie."

Fidéliser toutes les parties prenantes

Mais comment Belvedia parvient-il à fidéliser ses effectifs ? Ces 300 collaborateurs permanents, dont une cinquantaine travaille au siège de l’entreprise ? Et ses 4 000 Équivalents Temps Plein ? "La rémunération est un élément de fidélisation, il ne faut pas se le cacher, concède Jacques Cohen, mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi tout ce qui encadre la relation de travail, la manière dont on accueille les candidats, la manière dont on gère la relation client, le service que l’on propose avec une permanence quasi 7 jours sur 7 dans des secteurs d’activité comme l’hôtellerie, restauration ou la grande distribution…"

Et le dirigeant de raconter le dernier exemple en date d’intégration après l’acquisition du groupe Active Emploi et de ses trois marques. "Tous les collaborateurs sont venus au siège. Ils sont venus rencontrer toutes les équipes qui œuvrent au quotidien pour l’ensemble de nos agences. Pour qu’une équipe soit parfaitement intégrée, cela passe par la communication. Une fois que vous avez rencontré les gens, tout est plus facile."

Un repli de l’activité dès la fin 2023

Et il en faut de la facilité ces derniers temps qui voient, dans un contexte de plus en plus concurrentiel, un marché de l’intérim en mauvaise posture (lire par ailleurs). Pour la deuxième année consécutive, le secteur du travail temporaire enregistre en effet une nette baisse de son activité. Chez Belvedia, les effets se sont fait sentir dès la fin 2023. "Nous avons ressenti un repli d’activité dès le dernier trimestre, concède Jacques Cohen. Nous savions donc que l’année 2024 allait être plus difficile que les autres. Et on voit bien aujourd’hui que la morosité économique ambiante continue de ralentir l’activité de nos métiers."

Pour passer cette nouvelle année "délicate", le groupe sait pouvoir compter sur ses forces : d’une part "la diversité et la complémentarité de nos offres multisectorielles qui nous ont toujours permis de passer les caps difficiles, comme ce fut le cas en 2008-2009", et d’autre part sur ses "équipes engagées".

Mouvement et patience

"Avec nos projets, nos ouvertures d’agences, nous avons créé une dynamique, assure le dirigeant. C’est-à-dire que malgré le repli du marché, et même si Belvedia, avec ses 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel est tout petit par rapport aux majors du travail temporaire, j’ai 300 collaborateurs qui me disent que, quelle que soit la crise, quelles que soient nos difficultés, ils peuvent encore aller chercher des parts de marché. C’est bien ça notre cheval de bataille : continuer à être orienté sur la fidélisation de nos collaborateurs, de nos candidats et de nos clients."

Un travail de chaque jour qui semble déjà avoir payé. Si Belvedia n’a pas été épargné, il a limité la casse et enregistré une baisse d’activité limitée à 3 % en 2024. Pour autant, Jacques Cohen ne voit pas l’horizon se dégager avant "le premier semestre 2026". Une prévision qu’il sait devoir accompagner de "patience et de résilience", tout en restant "en mouvement", à savoir en maintenant des projets, des acquisitions, de nouvelles ouvertures, pour mailler les territoires encore trop peu couverts à son goût dans l’Est du pays, le Nord ou en Bretagne. "Et avoir cette gestion de bon père de famille pour avancer quand même, malgré tout."

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