Normandie

Investissement

Les grands projets du territoire normand pour 2019

Par Isabelle Evrard, le 04 janvier 2019

De nombreux projets-phares vont voir le jour en 2019 sur le territoire normand. Et pour certains, les investissements sont d’une telle importance qu’ils s’étaleront bien au-delà de l’année prochaine. Avec à la clé, la création d’emplois dans de nombreux domaines d’activité. Petit tour d'horizon des 16 principaux investissements attendus dans la région.

92 % de la production d'Aspen est expédiée à l’international, soit plus de 120 millions d’unités par an 
Aspen, poursuit ses investissements sur le site de Notre-Dame-de-Bondeville. Cent millions d’euros d’investissements ont été injectés pour augmenter la capacité de production du site et développer de nouvelles lignes de fabrication. — Photo : © Aspen

Les groupes pharmaceutiques en plein développement

Le groupe sud-africain fournisseur de produits pharmaceutiques, Aspen, (CA : 2,8 milliards d’euros) poursuit ses investissements sur le site de Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Maritime) qui emploie 750 personnes. Cent millions d’euros d’investissement ont été injectés pour augmenter la capacité de production du site et développer de nouvelles lignes de fabrication.

Vingt-cinq millions d'euros seront par ailleurs consacrés à l'ouverture prochaine d'une troisième ligne de remplissage seringues à très haute cadence (60 000 seringues à l'heure) pour les médicaments anti-thrombotiques injectables.

Pour assurer le fonctionnement des nouvelles lignes de fabrication d’anesthésiques, le site prévoit l’embauche de cent nouveaux collaborateurs d’ici à trois ans. 

Avec un effectif de plus de 1 150 collaborateurs, le site d’Evreux a produit 164 millions d’unités en 2016
Avec un effectif de plus de 1 150 collaborateurs, le site d’Evreux a produit 164 millions d’unités en 2016 - Photo : GSK

A Evreux, dans l’Eure, c’est le groupe pharmaceutique GSK (1 150 salariés) qui investit 90 millions d’euros sur trois ans pour renforcer ses capacités de production actuelles de 16 millions d’unités supplémentaires par an. L’investissement de GSK sur son site ébroïcien répond à une demande mondiale croissante de ses nouveaux et futurs médicaments inhalés à visée respiratoire, développés avec le dispositif Ellipta. Les premiers équipements industriels ont été accueillis au cours du premier trimestre 2018 et la fabrication commerciale doit démarrer début 2020.

Agrial se développe sur le marché nord-américain

Agrial, qui vient d’ouvrir une usine de production de minéraux pour ruminants, près de Fougères (Ille-et-Vilaine) avec le groupe danois DLG (investissement : 12 M€) a conclu un partenariat avec Saladexpress inc., entreprise québécoise de transformation de légumes. « En nous associant à un leader local, nous mettons les bases d’un partenariat qui sera mutuellement bénéfique. Nous allons favoriser l’expansion d’une entreprise québécoise et accéder à une zone géographique ciblée dans le plan de développement international Horizon 2025 du groupe Agrial », confirme Bertrand Totel, directeur général de la branche Légumes & Fruits frais d’Agrial. Entreprise coopérative agricole et agroalimentaire, Agrial, dont le siège est à Caen, compte 13 000 adhérents et 22 000 salariés (CA : 5,5 Md€ en 2017).

Douze millions pour développer la méthanisation en Normandie

Entre 2018 et 2020, la Région Normandie consacrera 12 millions au Plan de développement de la méthanisation. Parmi les autres aides financières apportées : l’ADEME, l’Agence de Développement et les contributions directes des syndicats d’énergie. La Normandie compte une soixantaine de méthaniseurs avec une moyenne de 5 à 6 mises en service par an depuis 2010. A elle seule, l’usine Biogaz de Gaillon (Eure), opérationnelle depuis quatre ans, est capable de traiter 30 000 tonnes de déchets par an. Elle produit à la fois de l’énergie thermique et électrique.

Traiteur de Paris investit sur son site de Fécamp

Fabricant de pâtisseries surgelées de haute qualité pour les professionnels du "Food service" (hôtellerie, restauration, traiteur), Traiteur de Paris (Rennes) se lance dans un programme d'investissement de 12 millions d'euros pour accompagner le développement de ses ventes et augmenter ses capacités de production. Prévu sur trois ans, ce programme concerne ses ateliers de la Guerche-de-Bretagne (6 M€ d'ici 2020), en Ille-et-Vilaine, et de Fécamp (Seine-Maritime), site dédié aux grandes pièces (de 80 à 600 g), avec la poursuite de l'automatisation des lignes de production dans un autre atelier de 10 000 m2. L’embauche de nouveaux collaborateurs est également au programme.

Cotral s'exporte vers la Corée du Sud

 Moon Young Huh (Président de OTOS Tech)  et Laurent Capellari (PDG du groupe Cotral) au siège de Cotral à Condé-sur-Noireau en Normandie
Moon Young Huh (Président de OTOS Tech) et Laurent Capellari (PDG du groupe Cotral) au siège de Cotral à Condé-sur-Noireau en Normandie - Photo : © Cotral

Le laboratoire Cotral, spécialisé dans la fabrication de protections auditives, à Condé-en-Normandie, (230 salariés- 40 M€ de CA) a conclu un partenariat exclusif avec l’entreprise sud-coréenne OTOS Tech. Avec un chiffre d’affaires en 2017 de près de 53 millions de dollars, OTOS Tech est le leader mondial sur le segment des masques de soudure avec visière auto-obscurcissant et le numéro un coréen des lunettes de sécurité.

« Ce premier partenariat en Asie pour Cotral avec l’entreprise OTOS, qui intervient sur un secteur complémentaire au nôtre, permet de développer et promouvoir la marque Cotral en Corée grâce à la création d’une entreprise dédiée à ce marché : Cotral Lab Korea. C’est un pas de plus dans notre politique ambitieuse d’internationalisation », se félicite Laurent Capellari, PDG du groupe Cotral. Cotral Lab accompagnera OTOS au quotidien, notamment dans l’activité de prise d’empreintes, tandis que OTOS sera en charge de la distribution des produits Cotral en Corée du Sud, à partir du début de l’année 2019.

Paygreen vise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros

PayGreen a renforcé son équipe avec cette 2e levée de fonds
PayGreen a renforcé son équipe avec cette 2e levée de fonds - Photo : PayGreen

La fintech rouennaise PayGreen développe le concept de paiement "à impact positif", des solutions de paiement pour les professionnels du e-commerce qui permettent d'agir positivement sur l'environnement. Commercialisé en France depuis décembre 2015, le service compte déjà plus de 3 500 clients e-commerce et 100 000 utilisateurs. D'ici quatre ans, la société ambitionne de traiter plus de 500 millions de transactions et vise un chiffre d'affaires de 10 millions.

« La première levée de fonds nous avait permis de développer notre propre technologie de paiement avec un back office complet. Nous enregistrons une dizaine de créations de comptes par jour », explique Nicolas Weissleib, l’un des cofondateurs. La société de 15 salariés a clôturé une deuxième levée de fonds en série A d’un million d’euros, qui va lui permettre d’accélérer sa croissance et de renforcer sa position sur le marché national et européen. « L’objectif est de développer des projets de plus grande ampleur auprès de grands groupes industriels pour que le paiement à impact positif devienne la nouvelle référence pour les enseignes désireuses de développer leurs politiques RSE. »

Le groupe BTP Lhotellier étend son territoire

Le groupe de BTP Lhotellier (Blangy-sur-Bresle) a cédé ses activités Environnement à Paprec Group. Le groupe français de recyclage acquiert ainsi Ikos, filiale environnement du groupe Lhotellier ainsi que les sociétés Capik (méthanisation) et VI Environnement (collecte) créées en 1996 par Paul Lhotellier, actuel dirigeant propriétaire du groupe familial. En plein développement, Lhotellier a ouvert une nouvelle agence à Alizay dans l'Eure. EBTP Alizay devient la quinzième agence du groupe qui en compte 14 autres en Normandie et dans les Hauts-de-France. Après avoir recruté 10 personnes pour sa nouvelle agence, Lhotellier (CA : 195 M€ / Effectif : 800) compte doubler la mise avec l'embauche de dix personnes supplémentaires d'ici deux ans et atteindre un effectif d'une cinquantaine de salariés d'ici 2022.

Solcera: 12 millions pour augmenter sa capacité de production

Solcera, le spécialiste de la fabrication de céramiques techniques, d’assemblages verre-métal et céramique-métal, va investir 12 millions dans la modernisation de son outil industriel dans les cinq prochaines années. Objectif : augmenter sa capacité de production. Plusieurs nouveaux bâtiments vont ainsi voir le jour, dont l’un en cours d’achèvement sur le site de Seine-et-Marne de l’entreprise et destiné à l’activité assemblage. Pour sa part, le site d’Evreux va bénéficier de deux extensions, pour un total de plus de 2 500 m2. Des investissements d’importance qui doivent notamment permettre le développement de projets innovants, comme les céramiques transparentes Cera4protect et Cera4view, récompensées par le trophée innovation « Pépites RTI » 2017. Solcera emploie 140 personnes sur son site de production d’Evreux (siège social) et a réalisé un chiffre d’affaires de 20 millions en 2017, dont 50 % à l’export. L’entreprise qui travaille pour le nucléaire, l’aéronautique et la défense, espère atteindre le statut d’ETI d’ici 2025.

Volum-e veut devenir un leader en fabrication additive

Photo : Volum-e

Filiale du groupe MMB, spécialiste des prototypes haut de gamme, Volum-e a investi fortement dans l'achat de nouvelles machines pour passer du prototype à la production en série. Lancé en 2014 pour un montant de 11 millions d'euros, le projet Volum-e se matérialise par un nouveau bâtiment de 1000 m² dédié à la fabrication additive plastique et métal. Au total, le plan Volum-e va permettre de doubler le parc machines avec l'intégration de dix nouvelles machines de fabrication additive : « Volum-e a vocation à investir massivement pour se placer comme leader français du parc machines et répondre aux montées en cadence de l'aéronautique et d'autres secteurs. Nous nous préparons notamment pour les moteurs d'Ariane VI. Un moteur qui pourrait nécessiter de nombreuses pièces de fabrication additive en métal. Notre volonté est d'être en capacité d'augmenter la fabrication additive de 50 % d'ici à 2020 », expose le directeur commercial Hervé Michel.

Les ports normands veulent renforcer leur attractivité 

Pérenniser la réparation navale à Rouen c'est l'objectif de Haropa-Port de Rouen avec l'achat d'un nouveau dock flottant à l'horizon 2019-2020. L'investissement de 20 millions d'euros sera financé pour moitié par le port et bénéficie du soutien de l'Etat, de la Région et de la Métropole Rouen Normandie. Le nouvel outil industriel sera équipé d'une grue de 15 t, présentera une longueur similaire au dock actuel (150 m), mais plus large (35 m au lieu de 25 m). Rouen est l'un des rares grands ports maritimes français à disposer d'un dock flottant et d'un centre de réparation navale.

Dans le Calvados, les PNA (Ports Normands Associés) ont décidé d’améliorer le passage d’écluses du port de commerce de Caen-Ouistreham en ouvrant l’accès à des navires plus larges grâce à un système d’embectage. PNA consacre à ce chantier un budget de 12 millions répartis entre la Région Normandie (6 M€), le Département (4 M€) et la CCI Caen Normandie (2 M€). La livraison du chantier est prévue en juin 2019. L’entreprise retenue à l’issue de l’appel d’offres est Vinci Construction Maritime et fluvial. Sur les 10 dernières années, 200 millions d’euros ont été investis sur le port de Caen-Ouistreham, classé 10e port français.

Senalia engage un programme d'investissement de 41 millions

Le groupe coopératif Sénalia, qui assure notamment la moitié des exportations céréalières du port de Rouen, s’engage dans un ambitieux programme d’investissement de 41 M€. Son aboutissement interviendra en janvier 2019 avec la mise en place au terminal de Grand-Couronne de 3 portiques neufs offrant une capacité de chargement de 3 000 t/heure sans émanation de poussière. Sur une longueur de quai portée à 280 m, ce site sera le seul du port de Rouen à pouvoir accueillir des navires de type Panamax qui auront alors accès au port grâce à l’achèvement des travaux d’approfondissement du chenal réalisé par le Gpm de Rouen. L’Établissement public a de son côté investi 9 M€ dans le front d’accostage de ce terminal.

Sanofi Pasteur investit 170 millions dans son usine de l'Eure 

Sanofi Pasteur (Val-de-Reuil) est membre du Polepharma
Sanofi Pasteur (Val-de-Reuil) est membre du Polepharma - Photo : © Sanofi Pasteur

Marquant une volonté de renforcer sa position de leader mondial de l’entreprise en vaccins contre la grippe saisonnière, le lyonnais Sanofi Pasteur, filiale du groupe Sanofi, investit 170 millions d’euros dans l’agrandissement de son site de production de vaccins à Val-de Reuil, dans l'Eure (2 200 salariés). Véritable plate-forme logistique de fabrication et de distribution des vaccins de Sanofi Pasteur, ce site expédie chaque année 900 millions de doses de vaccin. Cette nouvelle unité permettra à Sanofi Pasteur d’augmenter l’approvisionnement de VaxigripTetra jusqu’à 70 pays sur six continents. La nouvelle installation, seule de ce type en France, devrait être achevée d’ici 2021, et sous réserve de l’obtention de l’approbation des autorités sanitaires compétentes, commencera à produire des vaccins dans cette nouvelle unité en 2022.

Le futur CHU de Caen coûtera 502 millions d'euros

L’enveloppe consacrée à la construction du futur CHU de Caen Normandie devrait atteindre les 502 millions d’euros, dont 54 M€ consacrés aux nouveaux équipements et 20 M€ pour les systèmes d’information. Lauréat du concours de maîtrise d’œuvre: l’agence AIA Architectes (600 salariés). Le nouvel établissement comptera 1397 lits et places, ainsi que 35 salles de bloc et 26 salles d’imagerie à construire. La pose de la première pierre du chantier est prévue en 2020 . Le nouvel établissement accueillera ses premiers patients en 2026.

Le groupe Acome investira 80 millions d'euros d'ici 2020

Le Groupe investira 27,7 millions d’euros sur son site du Mortain dans la Manche
Le Groupe investira 27,7 millions d’euros sur son site du Mortain dans la Manche - Photo : Acome

Avec un chiffre d’affaires en croissance (500 millions d’euros contre 452 en 2016), le Groupe Acome spécialiste des câbles, fils et tubes de synthèse sur les marchés de l’automobile et de l’embarqué, des réseaux d'infrastructures télécoms et du bâtiment, accélère la mise en œuvre de son plan stratégique « ACOME 2020 » pour accompagner la croissance et la mutation de ses marchés. D’ici deux années, le Groupe devrait investir encore près de 80 millions d’euros, dont 27,7 millions sur son site de Mortain dans la Manche.

Renault Cleon va tripler sa capacité de production

Le Groupe Renault a annoncé son intention d’investir plus d’un milliard d’euros pour la production de véhicules électriques en France.  Quatre sites seront impactés sur le territoire français, dont l’usine de Seine-Maritime de Cléon. L’entreprise va pouvoir ainsi tripler ses capacités de production de moteurs électriques qui passeront de 80 000 à 240 000 d’ici trois ans. L’usine, qui emploie plus de 5 500 salariés, développera également la fabrication d’un moteur électrique nouvelle génération à partir de 2021.

Morphosis investit pour créer des emplois

Situé en pleine nature près de Fécamp, le futur site de production de Morphosis (ancienne usine de Bénédictine groupe Bacardi) doit permettre d'augmenter le taux de recyclage des déchets électroniques et électriques pour atteindre 99,8%.
Situé en pleine nature près de Fécamp, le futur site de production de Morphosis (ancienne usine de Bénédictine groupe Bacardi) doit permettre d'augmenter le taux de recyclage des déchets électroniques et électriques pour atteindre 99,8%. - Photo : Sébastien Colle

Spécialiste du recyclage et de la valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques, Morphosis a lancé le chantier de son nouveau site et futur siège social dédié à l’économie circulaire, sur le territoire des Hautes Falaises près de Fécamp (Seine-Maritime). L’entreprise souhaite faire de son nouveau site un lieu d’accueil pour d’autres structures (pour développer de nouveaux process) et créer une nouvelle entité qui pourra générer de l’emploi pour les personnes en situation de handicap. Si le projet de Morphosis doit générer une centaine d’emplois d’ici 2025 et un chiffre d’affaires de 100 M€ (soit près de dix fois le chiffre d’affaires actuel, qui est de 12 M€), il doit aussi permettre d’augmenter le taux de recyclage pour atteindre 99,8 %, à partir des déchets de smartphones et autre équipements électriques de type Box.

92 % de la production d'Aspen est expédiée à l’international, soit plus de 120 millions d’unités par an 
Aspen, poursuit ses investissements sur le site de Notre-Dame-de-Bondeville. Cent millions d’euros d’investissements ont été injectés pour augmenter la capacité de production du site et développer de nouvelles lignes de fabrication. — Photo : © Aspen

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