Loire-Atlantique

Automobile

Walor devient un leader européen des pièces automobiles

Par Amandine Dubiez, le 30 janvier 2018

En rachetant le sous-traitant de pièces forgées pour l’automobile Gévelot Extrusion, Walor triple de taille, devient un acteur international de poids présent sur trois continents et s’ouvre en grand les portes du marché allemand.

Eric Lorin, PDG de Walor, a racheté Gévelot Extrusion à l'automne 2017.
Eric Lorin, PDG de Walor, a racheté Gévelot Extrusion à l'automne 2017. — Photo : Walor

Celui qui fabrique des pièces en métal pour les airbags et des ceintures de sécurité va aussi désormais proposer à ses clients des pièces forgées pour les boites de vitesses, le système de freinage et l’habitacle. En rachetant à l’automne dernier Gévelot Extrusion (110 millions d'euros de CA), Walor (64 millions d'euros de CA) élargit ses compétences, triple de taille et accède au rang de leader européen de la sous-traitance automobile. De 600 salariés actuellement, l’ETI basée à Legé, au sud de la Loire-Atlantique, devient un groupe de 1 300 collaborateurs présents dans cinq pays sur trois continents et compte six sites français, de Saint-Etienne (Loire) à Laval (Mayenne) et Legé en passant par Toucy (Yonne) et Offranville (Seine-Maritime). 

BMW et Volkswagen comme clients

Déjà présent en Roumanie et depuis 4 ans au Mexique, Walor s’installe, grâce au rachat de Gévelot Extrusion en Chine. Il met également un pied en Allemagne où Gévelot détient la filiale Dold Vöhrenbach. « Nous atteignons les 170 millions d’euros de CA. Nous devenons un vrai acteur de la sous-traitance important sur le plan européen », commente Eric Lorin, dirigeant du groupe fondé par son père en 1993. 

Si ce rachat lui permet de mettre un pied en Asie, premier marché automobile mondial, où il souhaitait s’implanter depuis quelques années, dans l’immédiat, c’est surtout le portefeuille de clients allemands de Gévelot Extrusion qui intéresse l’entreprise vendéenne. « Gévelot est référencé auprès de BMW et Volkswagen, avec qui nous ne travaillions pas. L’automobile est un milieu fermé, maintenant que l’on a des références, cela va nous permettre de faciliter les relations », indique Eric Lorin.

Un comité de direction qui double de taille

Coût du rachat : 24 millions d’euros. Walor a pour cela levé 15 millions d'euros auprès de partenaires bancaires. Entre les deux ETI, cela fait deux ans et demi que les négociations ont commencé. « On travaillait ensemble depuis cinq ans. A la suite du décès de son père PDG en 2015, le nouveau président Mario Martignoni a voulu passer la main sur le secteur Extrusion ». 

« Le lien s’est fait naturellement », se souvient Eric Lorin. Pas de licenciement à la clé. L’organisation des sites reste la même. « Tout l’enjeu maintenant est d’intégrer les équipes. Notre comité de direction est passé de 10 à 20 personnes. Il y a un travail d’adaptation à faire. Disons que je pratique un management dynamique, agile et léger, je tutoie tout le monde alors que chez Gevelot Extrusion, c’était plutôt cravate et vouvoiement », compare le dirigeant.

Il s’est donné pour objectif de redonner une dynamique commerciale à l’ensemble. Même si pour le moment, l’entreprise n’a pas vraiment besoin de prospecter. « On refuse quelques fois des commandes », précise-t-il. « L’avenir est plutôt rose. Le secteur automobile est stable depuis quelques années.  On a des résultats qui sont bons ». Son but : passer de 170 à 180 millions d'euros de chiffre d’affaires l’an prochain puis 200 millions dans trois ans. « C’est une croissance raisonnée », estime celui qui investit chaque année 15 millions d'euros dans le renouvellement de ses machines.

Eric Lorin, PDG de Walor, a racheté Gévelot Extrusion à l'automne 2017.
Eric Lorin, PDG de Walor, a racheté Gévelot Extrusion à l'automne 2017. — Photo : Walor