Les femmes à l’assaut de l’industrie : la révolution silencieuse des ateliers et des usines
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 Les femmes à l’assaut de l’industrie : la révolution silencieuse des ateliers et des usines

Loin des clichés de l’autoentrepreneure isolée, une nouvelle génération de dirigeantes s’impose dans des secteurs historiquement masculins, portées par les enjeux de réindustrialisation, de transition écologique et de management. La France compte désormais 40 % de femmes aux commandes d’entreprises industrielles.

Jean-François Nardot-Peyrille, Président de Réseau Entreprendre® — Photo : DR

En France, depuis plusieurs années, les femmes investissent progressivement les secteurs longtemps réservés aux hommes. On en retrouve toujours plus à la tête d’usine ou d’ateliers, dans l’automobile, le textile, la construction, le transport… Ces nouvelles capitaines d’industrie s’immiscent, discrètement, mais sûrement, et avec talent, dans ce domaine économique où se jouent notre compétitivité, notre souveraineté économique et la sauvegarde des emplois et des savoir-faire.

Les chiffres révèlent une réalité contrastée : alors que les femmes ne représentent qu’un tiers des créations d’entreprises, elles sont plus de 40 % à diriger des TPE, PME, ETI du secteur industriel. Dans plusieurs filières manufacturières, ce pourcentage progresse plus vite que la moyenne, porté notamment par des reprises et des projets ancrés dans les territoires.

Des financements insuffisants

Ce mouvement est stratégique pour la réindustrialisation de la France : ces dirigeantes mènent des projets conjuguant productivité, qualité de l’emploi et impact économique et sociétal local. Elles ont à cœur de relocaliser des pôles de compétences, basés sur des circuits de production courts et locaux, des équipes de collaborateurs mixtes et intergénérationnelles et une stratégie environnementale à moindre impact. Alors même qu’elles répondent à trois enjeux majeurs (transition écologique, ancrage territorial, création d’emplois), elles restent peu visibles et leurs moyens insuffisants.

Dans l’entrepreneuriat, mais encore plus dans l’industrie, trouver des financements pour moderniser un outil de production, se développer, recruter, nécessite une confiance des investisseurs. Les femmes, au même titre que certains jeunes entrepreneurs, doivent encore plus démontrer leurs capacités, compétences et succès pour y parvenir. L’entrepreneuriat féminin est un atout économique indéniable. Ces dirigeantes ne doivent pas être cantonnées à des secteurs dits féminins ou à rester à la tête de microentreprises.

Des modèles à suivre

Soutenir, accompagner et rendre visibles ces cheffes d’entreprise, c’est donner l’envie et la possibilité aux générations futures de se lancer ! C’est construire une économie différente, apporter de l’air à un secteur qui s’étouffe notamment à cause de la concurrence de pays pratiquant le dumping. L’entrepreneuriat n’a pas de "genre". Un bon chef d’entreprise se reconnaît à ses qualités de leader et à ses compétences de stratège. Encourageons ces capitaines d’industrie à voir loin, à voir grand, c’est toute notre société qui en bénéficie.

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