A Pouzauges, dans le bocage vendéen, le nom de Mecabor reste bien connu. Il y a une dizaine d'années la PME employait pas moins de 150 personnes pour fabriquer ses blocs hydrauliques. Pour rappel, ses pièces métalliques où circulent des fluides - allant de 500 grammes à 5 tonnes - servent à la réalisation de presses, de machines-outils, de matériels de levage, de pompage etc. L’activité a généré près de 15 millions d'euros de chiffre d’affaires par le passé...Avant d’être rattrapée par la crise. Placée en redressement judiciaire en 2011, l’entreprise enchaîne ensuite sur un plan de continuation en 2013, puis rechute en 2015.
Placée en liquidation judiciaire en janvier
« À l'automne 2015, plusieurs clients parmi les plus importants de Mecabor ont subi des baisses d'activité, ce qui s'est traduit par une diminution sensible des volumes de production en fin d'année, expliquait le président de Mecabor, Michel Long, en janvier. On a alors rencontré des difficultés de trésorerie... »
Repris par un expert en pièces mécaniques
Après une poursuite d’activité temporaire, c’est donc finalement un industriel régional qui a fait l’acquisition de Mecabor. En l’occurrence Lorinvest (490 salariés, 60 M€ de CA), une holding connue pour son vaisseau amiral, le sous-traitant automobile Walor, basé à Legé (44), qui fabrique par exemple des pièces en métal pour les airbags et les ceintures de sécurité.
Pour ce qui est du périmètre de la reprise, son dirigeant Eric Lorin conservera 35 des 70 salariés de Mecabor, en attendant de relancer la machine. « On préfère repartir d’un peu plus bas, en espérant rembaucher au moins une dizaine de personnes dans les deux ans qui viennent, commente le nouveau patron. On table sur un niveau d’activité de quatre millions d’euros, en vue d'assurer la rentabilité, sachant que Mecabor tournait plutôt autour de 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires ces dernières années. »
À noter que l’offre de reprise inclut aussi Perça, filiale bulgare de Mecabor (7 salariés), qui réalise des « blocs hydrauliques standards ».
1 M€ d’investissement prévu
Pour réussir son pari, Eric Lorin s’attaquera à deux grands chantiers. Sur le volet commercial, il faudra récupérer certains clients perdus, étudier les marchés sur lesquels se positionner, isoler les créneaux les plus rentables, bien comprendre les attentes des clients, etc.
Actuellement, les réflexions sont en cours. « Pourquoi ne pas faire, par ailleurs, d’autres produits que les blocs hydrauliques, pourquoi pas travailler sur une complémentarité entre des blocs simples réalisés en Bulgarie et des modèles complexes faits en France, etc. De nombreuses options restent ouvertes », indique Eric Lorin.
Doté d'un large savoir-faire, Mecabor s'adresse aujourd'hui à près de 150 secteurs d’activités différents, en France et en Europe.
Demain, Il va aussi falloir investir dans l’outil de production (machines, logiciels…) et faire le point sur les compétences et les RH. «Compte tenu de la précédente situation de Mecabor, en plein plan de continuation, difficile de trouver des financements jusqu’ici, explique Eric Lorin. On prévoit donc d’injecter un million d’euros sur deux ans afin de couvrir tous les besoins. »
Optimiste, ce dernier compte s'appuyer «sur un personnel exemplaire, toujours impliqué et motivé malgré les difficultés », ainsi que sur un noyau dur de clients restés fidèles.
« Se renforcer sur les petites et moyennes séries »
Basé juridiquement à Falleron (85) Lorinvest se spécialise toujours plus dans l'usinage de pièces métalliques . À côté de Walor et ses grandes séries, la holding cherche désormais à renforcer son pôle « petites et moyennes séries ». Pôle à l’intérieur duquel on trouve deux sociétés vendéennes : ITV à Rocheservière (qui travaille notamment pour Stelia Aerospace, Atlas corpo ou Air Liquide), et AFH (Atelier Flexible Herbretais), repris en 2015 et qui emploie 11 salariés experts en tournage-fraisage.
« En outre, Mecabor possède un bureau d’étude, ce que nous n'avions pas sur les autres filiales. Il suffit qu’on leur donne un schéma hydraulique, pour qu’il dessine les plans des pièces adaptées… », ajoute Eric Lorin.
Profitable, le groupe chapeauté par Lorinvest anticipe une croissance de chiffre d'affaires en 2016, de 60 à 64 millions d’euros au total (dont environ 57 millions générés par Walor).