Nantes

BTP

Charier accélère la décarbonation de ses activités

Par Caroline Scribe, le 05 décembre 2022

Membre de l'association Dirigeants Responsables de l'Ouest (DRO) et entreprise à mission depuis juin 2022, le groupe nantais de travaux publics Charier veut accélérer la décarbonation de ses activités, en misant principalement sur la transition énergétique et l'innovation.

Paul Bazireau, président du directoire de Charier.
Paul Bazireau, président du directoire de Charier. — Photo : Charier

Le groupe familial de travaux publics Charier (1 700 salariés, 334 M€ de chiffre d'affaires en 2021), basé à Couëron, près de Nantes, vise une réduction de 50 % de son empreinte carbone à l’horizon 2030. Engagé de longue date dans une démarche RSE, il a déjà fait reculer de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Ce résultat a été obtenu, tout d’abord, à travers des actions portant sur la réduction de la consommation de carburant (12 millions de litres par an). Pour ce faire, les 650 chauffeurs de véhicules légers et d’engins de chantier ont été formés à l’écoconduite. En partenariat avec la start-up WeNow, un boîtier connecté éco-conduite a été installé dans chaque véhicule pour analyser les habitudes de conduite. Ce dispositif a généré une baisse de 17 % des consommations de carburant.

Le parc matériel a aussi été renouvelé pour le rendre plus sobre. L’autre levier utilisé est l’innovation produits. À titre d’exemple, l’introduction de fibres de chanvre dans les sous-couches routières grâce au procédé Satis, breveté par Charier, permet de diminuer de 30 % l’empreinte carbone des routes.

Recyclage et enrobés à froid

"Nous sommes sur une trajectoire de décarbonation efficace, mais linéaire. Nous voulons désormais accélérer pour atteindre notre objectif 2030. Pour cela, nous explorons de nouvelles pistes", explique Paul Bazireau, président du directoire de Charier. L’une d’elles passe par l’augmentation du taux de recyclage des enrobés, de 15 % actuellement à 30 % en 2030. Ce qui a nécessité des investissements importants pour moderniser les usines.

Dans le même objectif, les centrales d’enrobage ont été aménagées pour produire des enrobés à des températures plus faibles et économiser ainsi de l’énergie. Enfin, le développement d’une gamme d’enrobés à froid pour entretenir les chaussées déformées permet de réduire de plus de 20 % l’empreinte carbone de ces travaux.

Fermes photovoltaïques

Après avoir souscrit un contrat portant sur la fourniture d’une électricité issue à 100 % d’énergies renouvelables, Charier travaille sur des projets (cinq sont en cours) de fermes photovoltaïques de plusieurs dizaines d’hectares, installées sur des délaissés de carrière. L’énergie produite sera autoconsommée. Elles viendront compléter les micro-fermes, positionnées sur les toits des bâtiments du siège de Couëron et du site de Montoir-de-Bretagne.

Parallèlement à la conversion de son parc de 550 véhicules légers à l’électrique, l’entreprise teste d’autres énergies alternatives. "Nous avons acheté un camion au biogaz, converti un tracteur à l'hydrogène, nous testons des biocarburants… Pour l’instant, cela nous coûte cher mais cela permet d’éprouver ces technologies et de compléter notre offre de chantiers à faible impact", explique Paul Bazireau. Le dirigeant vise cependant plus loin. "Diminuer nos impacts, c’est bien mais cela ne suffit pas. À terme, nous souhaitons faire évoluer notre business model pour transformer Charier en une entreprise régénératrice. Dans cette perspective, nous avons embauché une personne en charge de la renaturation", conclut-il.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition