France

Énergie

Le Sénat rejette l'amendement du gouvernement sur l'éolien en mer

Par Mathilde Lesaint, le 15 mars 2018

Les industriels peuvent souffler :  le Sénat a majoritairement rejeté l’amendement du gouvernement sur l’éolien en mer. Celui-ci visait à renégocier les tarifs de rachat de l'électricité que vont produire ces parcs éoliens et remettait en cause l'existence même d'une nouvelle filière industrielle en France. 

L'amendement du gouvernement menaçait vivement les six premiers projets de champs éoliens en mer qui doivent border les côtes françaises. — Photo : moerschy - CC0 Pixabay

Le Sénat a rejeté l'amendement déposé par le gouvernement visant à renégocier les appels d’offres portant sur l'éolien offshore. Soudain et inattendu, cet amendement menaçait vivement les six projets de champs éoliens en mer qui doivent border les côtes françaises, de Fécamp à Courseulles-sur-Mer et Le Tréport, en passant par Saint-Brieuc, Saint-Nazaire et les îles d'Yeu et de Noirmoutier. Le gouvernement cherchait à renégocier les tarifs de rachat de l'électricité que vont produire les éoliennes marines. Suite aux appels d’offres de 2011 et 2013, les tarifs de rachat fixés entre les industriels et l'État s’établissaient entre 160 et 200 euros le MWh. Le problème, c'est que ces prix avoisinent aujourd’hui les 60 euros le MWh en Allemagne et au Royaume-Uni. En cas d'échec, l'amendement prévoyait d'annuler ces projets de parcs éoliens. Avec, pour conséquence, le risque de tuer dans l'œuf la naissante industrie française de l'éolien offshore.

Une industrie émergente menacée

Devant cette menace, les conseils régionaux de Bretagne, des Pays de la Loire et de Normandie ont signé, d’une main inquiète et étonnée, une lettre demandant une réunion d’urgence à Matignon. Dénonçant « une absence de concertation » et alertant sur l’impact économique pour leurs territoires, les Régions confiaient leur désarroi. Et pour cause, les projets sont déjà bien enclenchés : usine de pâles d’éolienne à Cherbourg, création d'une usine de 25 000 m² à Saint-Nazaire, investissements dans les ports, contrat de 300 millions entre STX France et EDF, création de 750 emplois directs au Havre pour la construction des éoliennes. 
 

Des appels d'offres à venir

La France doit rattraper son retard par rapport à ses voisins européens et n’a aucun intérêt à bloquer l’émergence d’une nouvelle filière. Dans un communiqué délivré à l’occasion du dernier Comité interministériel de la Mer, le gouvernement assure « s’engager à fournir des efforts importants pour rendre les procédures plus simples, plus lisibles, et plus efficaces ». Quelques paragraphes plus loin, est annoncé le lancement « d’études préalables en vue de futurs appels d’offres : parc éolien posé au large d’Oléron, éolien flottant en Bretagne et en Méditerranée…».  Et si tout cela n’était qu’un coup de semonce pour avertir les industriels qu’ils devront revoir leurs tarifs à la baisse ? 

L'amendement du gouvernement menaçait vivement les six premiers projets de champs éoliens en mer qui doivent border les côtes françaises. — Photo : moerschy - CC0 Pixabay

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