Côtes-d'Armor

Agroalimentaire

Theos automatise son outil de production pour multiplier sa capacité par 10

Par Matthieu Leman, le 06 décembre 2022

Theos, qui conçoit et fabrique des bolus (comprimés de compléments alimentaires) à destination principalement des ovins, a automatisé son outil de production, multipliant par dix sa capacité qui est passée de 300 000 à 3 millions de bolus par an. Le chiffre d’affaires de l’entreprise dirigée par Julien Bonté a été multiplié par quatre en un an.

Julien Bonté, dirigeant fondateur de Theos, a progressivement fait monter en puissance son outil de production.
Julien Bonté, dirigeant fondateur de Theos, a progressivement fait monter en puissance son outil de production. — Photo : Matthieu Leman

Les derniers éléments de la chaîne de production, des automatismes de pesage et de cadence, restent à monter mais la transformation de l’outil de Theos (400 000 euros de CA attendu en 2022 contre 100 000 euros en 2021, 4 salariés ETP) s’achève. Depuis sa création, en 2019, la société a investi au total 450 000 euros pour automatiser complètement la fabrication de ses bolus (gros comprimés oblongs destinés à l’alimentation du bétail). Elle a bénéficié dans ce cadre d’une aide de France Relance de 70 000 euros.

Alors que le développement de l’entreprise costarmoricaine est déjà spectaculaire, avec un chiffre d’affaires multiplié par quatre en un an, elle s’est désormais dotée d’un outil qui va lui permettre de produire jusqu’à trois millions de bolus par an, contre 300 000 en 2022. La chaîne devrait être pleinement opérationnelle en janvier 2023 et permettre de s’attaquer à la fabrication de grandes séries (plus de 10 000 bolus). "Nous garderons les petites séries qui permettent à nos clients de tester ou démarrer des produits", souligne Julien Bonté, le fondateur de Theos, qui vient d’intégrer le dispositif du Village by CA. "Mais cette capacité supplémentaire va nous permettre d’élargir le spectre de nos clients et de faire entrer des prospects."

Montée en puissance progressive

L’investissement ne s’arrêtera pas là puisqu’à partir du premier semestre 2023, un réagencement de ses locaux va permettre à l’entreprise d’agrandir son laboratoire de 10 à 30 m². Il comptait deux collaborateurs et devrait accueillir deux stagiaires et un apprenti au cours de l’année. Un effort financier supplémentaire de 70 000 euros pour une montée en puissance patiemment orchestrée par Julien Bonté. "De 2019 à fin 2020, nous avons travaillé notre technologie et sur notre développement", explique le Costarmoricain. "En 2021, nous avons commencé l’industrialisation avec la production de petites séries. En 2023, on peut passer aux plus grandes séries."

Le business de l’entreprise est la conception (sourcer les ingrédients, formuler en fonction des espèces, réalisation des essais, etc.) et la fabrication de ces bolus qui permettent au bétail de bénéficier de complémentation alimentaire. "On peut le faire par l’intermédiaire d’une injection vétérinaire, par drenchage, qui est une méthode de réhydratation, ou par bolus. Les agriculteurs qui choisissent ce dernier sont en général vite convaincus", reprend le chef d’entreprise. 70 % des bolus produits par Theos contiennent des oligo-éléments, dont 40 % d’extraits de plantes à visée de prévention des maladies. 50 % de ces bolus d’oligo-éléments sont utilisables en agriculture biologique. Le marché de la jeune société s’adresse à 80 % aux bovins, à 15 % aux ovins et caprins et le reste aux porcs, chiens et chats.

Délitement jusqu’à six mois

L’un des avantages des bolus réside dans leur capacité de délitement long, qui peut aller jusqu’à six mois lorsque le produit se trouve dans l’un des quatre estomacs de la vache qui stocke les végétaux ingérés par le ruminant.

Theos appartient à la holding Taya (1,15 million d’euros de chiffre d’affaires attendu en 2022, 12 salariés), qui comprend également All4Feed (500 000 euros de CA en 2022, 4 salariés), cabinet de consultants experts en alimentation animale créé en 2012 et Bionida (250 000 euros de CA en 2022, un salarié), qui assure la commercialisation de produits de complémentation animale hors médicament et chimie. Taya est dirigée par Julien Bonté.

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