Bas-Rhin
Voltec Solar : "Nous allons doubler nos capacités de production"
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Lucas Weiss directeur général de Voltec Solar "Nous allons doubler nos capacités de production"

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Le fabricant alsacien de panneaux photovoltaïques Voltec Solar, dirigé par Lucas Weiss, investit pour doubler ses capacités de production et travaille main dans la main avec la PME nantaise Systovi pour changer d’échelle et devenir un acteur majeur sur ce marché.

Lucas Weiss dirige Voltec Solar — Photo : Voltec Solar

Voltec Solar (CA 2021 : 55 M€ ; 100 collaborateurs) est le seul fabricant de panneaux photovoltaïques dans la région Grand Est. En quoi votre investissement de 2,5 millions d’euros en 2021 a-t-il consisté ?

La société Voltec Solar, installée à Dinsheim-sur-Bruche (Bas-Rhin) a été fondée en 2009 alors que sa société sœur, l’entreprise familiale Alsapan (840 collaborateurs ; CA : 240 M€), qui produit des meubles et des aménagements intérieurs en Alsace, souhaitait se diversifier. Voltec Solar appartient, tout comme Alsapan, au groupe alsacien Strub (chiffre d'affaires non communiqué). Nous concevons et fabriquons des modules photovoltaïques avec une capacité industrielle de 200 mégawatts-crête (MWc) par an dans notre usine alsacienne, soit environ 500 000 panneaux photovoltaïques.

En 2021, nous avons investi 2,5 millions d’euros pour moderniser nos équipements de production et apporter des modifications dans nos gammes de produits. Des formats innovants sont développés et brevetés, et un nouveau module doit par ailleurs permettre de réduire les coûts d’installation des panneaux en gagnant en productivité. La certification des prototypes est lancée et nous espérons une commercialisation au premier semestre. 75 000 panneaux disposant de cette nouvelle technologie pourraient, à terme, être produits mensuellement.

De quelle manière prévoyez-vous d’accompagner le développement des demandes dans la filière photovoltaïque ?

Nos panneaux sont conçus en France. Face à un marché dominé par la concurrence asiatique, Voltec Solar et la société nantaise Systovi (70 collaborateurs ; CA : 29 M€), filiale du groupe familial Cetih (1 300 collaborateurs ; CA : 210 M€) spécialisé dans l’habitat et la rénovation énergétique, travaillent depuis 2020 à un projet commun. Nommé Bélénos, il doit aboutir, à terme, à une société française qui aurait les capacités de proposer et de fabriquer des panneaux pour l’ensemble des usages présents sur le marché hexagonal avec une capacité d’un gigawatt-crête par an.

Nos deux entreprises ont actuellement des stratégies complémentaires puisque Systovi développe et propose des solutions solaires destinées au marché résidentiel quand Voltec Solar répond davantage à des appels d’offres pour des installations photovoltaïques pour des centrales au sol, des grandes toitures ou des ombrières ou encore pour des projets d’autoconsommation d’énergie solaire. À elles deux, nos sociétés pourront ainsi s’adresser à l’ensemble du marché photovoltaïque français. Pour préparer cette coopération, nous investissons chacun dans nos capacités de production.

La forme juridique que prendra Bélénos n’est pas encore arrêtée. Nous travaillons actuellement à son montage financier et souhaiterions compter, en partie, sur des subventions et soutiens publics, notamment auprès de l’Ademe, de Bpifrance ou encore des régions.

Comment ce projet commun se traduit-il au sein de Voltec Solar ?

L’investissement en innovation de 2,5 millions d’euros bouclé en 2021 par Voltec Solar fait partie de cette stratégie. De son côté, Systovi a investi 1,5 million d’euros la même année pour transformer sa ligne de production. Par ailleurs, en 2022, Voltec Solar veut investir 14 millions d’euros et embaucher une centaine de personnes pendant le second semestre pour doubler ses capacités de production et son volume d’affaires d’ici 2023.

Vous faites de l’écoconception l’un de vos atouts. Comment cela se concrétise-t-il ?

En tant que fabricant, notre stratégie est de contribuer à structurer la filière d’un point de vue européen, avec les acteurs de la fabrication du verre, du polymère, de l’aluminium par exemple. Il y a encore quelques années, 30 % de la valeur d’un panneau photovoltaïque était européenne, cette part est aujourd’hui de 70 % mais il existe encore une dépendance à l’Asie. Un panneau photovoltaïque fabriqué en Chine ne rembourse pas sa dette carbone.

Dans notre démarche environnementale, nous faisons les choses localement, inscrites dans le territoire avec une maîtrise des impacts. Nous procédons par exemple à une optimisation importante de la logistique pour sélectionner les modes de transport les moins consommateurs d’énergie en réduisant le poids et la distance transportés. Enfin, nous travaillons sur le recyclage et la revalorisation des déchets, notamment avec une entreprise de recyclage située dans le sud de la France. Aujourd’hui, le taux de valorisation du contenu du module photovoltaïque est de 96 %.

Bas-Rhin # Industrie # Banque # Production et distribution d'énergie # Investissement