En quatre ans, Visioptis a multiplié par trois son chiffre d'affaires, pour atteindre les 3,5M€ en 2010. Belle progression pour cette entreprise fondée en 1997, alors spécialisée dans l'importation de lunettes de soleil d'entrée de gamme, avant de bifurquer à l'aube des années 2000 vers la fabrication et la distribution de montures optiques et de solaires via un portefeuille de trois marques: Enrico Cecchi (détenue en propre), Vilebrequin et Banana Moon (sous licence). «L'objectif est, d'ici à cinq ans, d'atteindre les 10M€», annonce son dirigeant Walter Pirinoli.
Maîtriser sa production
Champion de voile, cet ancien sportif professionnel, chimiste de formation, a pris le contrôle total de la société mandelocienne en 2007 et imposé depuis sa vision stratégique. «Le marché des lunettes devient de plus en plus tendu, il nous fallait spécialiser l'entreprise sur des niches et apporter une valeur ajoutée aux opticiens», explique le dirigeant. Et pour Walter Pirinoli, cela passe d'abord par le développement de technologies et de design innovants qu'il se réapproprie pour «mieux coller au marché et respecter l'esprit des licences. On est ainsi passé du métier de distributeur grossiste à celui de producteur distributeur». Parallèlement, l'homme réorganise entièrement sa force de vente, et investit chaque année entre 12 et 15% de ses facturations dans la communication. Mais le récent développement de deux brevets force l'entreprise à aller plus loin dans la maîtrise de sa production. D'autant que sa dernière technologie, ECSmart Flex, a su trouver son public. Lancées fin 2010, ces charnières sans vis à axe d'articulation, imaginées pour la marque Enrico Cecchi, se sont déjà vendues à plus de 10.000 exemplaires. Visioptis vient donc de se doter d'une unité industrielle, dédiée à l'assemblage et à la découpe des montures, ainsi qu'à la production liée aux technologies brevetées. En manque de surface, l'entreprise s'est installé fin juin dans des locaux de 1.200m² sur la zone industrielle de Pégomas. «Visioptis possède ainsi une capacité tampon de production et s'affranchit de la dépendance asiatique où est produit l'essentiel de l'offre.» Cette production locale lui permettra également de profiter de la renommée "Made in France" sur les marchés étrangers, nouvelle cible de l'entreprise, et de réajuster progressivement les prix à la hausse. Une cellule export vient par ailleurs d'être mise en place pour les marchés asiatique et américain.
Deux nouvelles collections
En 2012, un nouveau réseau de vente sera constitué pour commercialiser deux nouvelles collections, une sous licence, l'autre en propre, qui s'adresseront à «des marchés de niche que l'on n'exploite pas encore». Walter Pirinoli n'en dira pas plus, mais l'homme se montre plus prolixe quant à sa volonté de revenir sur le marché du nautisme. Un secteur défriché à la fin des années 90 avec une technologie de verres polarisants en polycarbonate qui, faute de moyens, n'avait pas su résister à la crise du dollar et à la concurrence. L'ancien skipper signe là un retour aux sources...
Visioptis
Pégomas Walter Pirinoli 20 salariés CA 2010: 3,5M€ 04 93 48 22 33 @email