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Verley lève 32 millions d’euros pour industrialiser ses protéines de lait nouvelle génération
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Verley lève 32 millions d’euros pour industrialiser ses protéines de lait nouvelle génération

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La start-up lyonnaise Verley boucle une levée de fonds de 32 millions d’euros afin d’accélérer la commercialisation de ses protéines de whey produites par fermentation de précision. Mené par la société de capital risque parisienne Alven, ce tour de table doit financer l’industrialisation de la technologie et l’entrée sur le marché américain, dans un contexte de forte demande mondiale en protéines pour l’agroalimentaire.

Hélène Briand et Stéphane Mac Millan, cofondateurs de Verley — Photo : IRINA KO TISSERAND

Quatre ans après sa création, la foodtech lyonnaise Verley (40 salariés) change d’échelle. L’entreprise vient d’annoncer une levée de fonds de 32 millions d’euros afin d’industrialiser et de commercialiser ses protéines de lait "produites par fermentation de précision" pour l’industrie agroalimentaire.

Mené le fonds parisien Alven, le tour de table inclut l’injection de 25 millions d’euros en capital, auquel ont également contribué deux nouveaux entrants, Blast, le club d’investissement privé d’Anthony Bourbon et le fonds French Tech Seed opéré par Bpifrance dans le cadre du plan France 2030. Les investisseurs historiques, dont Sofinnova Partners, Sparkfood, Captech et Founders Future, participent également à l’opération. La répartition du capital n’est pas dévoilée, notamment le poids des fondateurs au capital, mais ce sont les fonds Alven et Sofinnova qui pèsent le plus lourd parmi les investisseurs. Sept millions d’euros proviennent en outre de prêts souscrits auprès de Bpifrance, Société Générale et BNP.

Un ingrédient utile pour prendre et conserver de la masse musculaire

Il s’agit de la 3e levée de fonds depuis 2022, date de création de la jeune entreprise, après une première levée de fonds en amorçage de 4 millions d’euros puis une seconde opération de 23 millions d’euros fin 2023. Une trajectoire fulgurante que Thibaut Lafargue, responsable marketing et communication de Verley, impute à "la capacité de Verley de pulvériser ses objectifs fixés avec les investisseurs à chaque levée de fonds".

Poudre de whey fermentée de Verley — Photo : IRINA KO TISSERAND

Verley développe des protéines de whey — notamment de la bêta-lactoglobuline, concentrée en leucine, un acide aminé crucial pour prendre et conserver de la masse musculaire — destinées aux industriels de l’agroalimentaire et de la nutrition. Des termes savants pour parler d’une version non animale de la poudre de petit lait (ou whey).

Particularité : ces protéines sont produites via un procédé breveté de fermentation de micro-organismes. Cette approche permet de reproduire, voire d’améliorer certaines propriétés des protéines laitières, tout en mobilisant moins de ressources naturelles.

Répondre à l’explosion de la demande en protéines

La levée de fonds intervient dans un contexte de croissance soutenue du marché mondial des protéines. "Celui-ci a atteint 50 milliards de dollars en 2025 et continue de progresser, porté par l’essor des régimes riches en protéines et par de nouveaux usages nutritionnels", déclare Thibaut Lafargue. Les sportifs, les personnes âgées ou encore les consommateurs soucieux de conserver un poids de forme constituent autant de marchés en expansion. Or l’offre peine à suivre la croissance du marché.

La production traditionnelle de whey se heurte à des limites structurelles, liées notamment à la disponibilité du lait et aux contraintes environnementales. Verley entend se positionner comme une alternative industrielle durable. De surcroît, ses ingrédients, des poudres commercialisés sous la marque FermWhey, apportent une "couche technologique" : résistance au processus UHT, propriétés d’émulsification ou de gélification recherchées par les fabricants pour des produits comme les yaourts ou les boissons protéinées.

Yaourt à haute teneur en protéines renfermant les ingrédients fabriqués par Verley — Photo : DR

Passage à l’échelle industrielle

La jeune pousse a déjà obtenu le feu vert de la Food and Drug administration (FDA), en 2025, validant la sécurité de ses ingrédients pour le marché américain, sa première cible. Avec un objectif de début commercialisation au 2e semestre 2026.

"Nous voulons d’abord entrer sur le marché américain. L’Europe et le Moyen-Orient constitueront ensuite les prochaines zones prioritaires d’expansion"

Les capitaux levés doivent justement permettre à Verley, qui dispose depuis 2024 d’un site pilote sur son siège de Gerland (Lyon 7e), d’accélérer son passage à l’échelle industrielle. L’entreprise prévoit notamment d’augmenter ses capacités de production grâce à des partenariats avec des sous-traitants en Amérique du Nord et en Europe.

Cuves de fermentation de Verley. La start-up possède un site pilote à Lyon — Photo : DR

"Nous voulons d’abord entrer sur le marché américain, qui est stratégique pour les ingrédients nutritionnels. Après ce lancement, l’Europe et le Moyen-Orient (Arabie Saoudite, NDLR) constitueront les prochaines zones prioritaires d’expansion", déclare Thibaut Lafargue.

Les fonds réunis viendront également renforcer les investissements en recherche et développement de Verley qui compte déjà 10 brevets actifs. "Nous avons le projet de cocréeer de nouveaux ingrédients avec nos clients industriels et de les accompagner dans leur mise en œuvre", détaille-t-il. Les objectifs de production de Verley ne sont toutefois pas dévoilés. Une mesure de prudence sur un marché très convoité ?

Lyon # Foodtech # Agroalimentaire # PME # Levée de fonds # Start-up