Un mois vu par Christian Talgorn
# Conjoncture

Un mois vu par Christian Talgorn

président de la caisse régionale du Crédit agricole du Morbihan et président de l'association européenne des banques coopératives parcours né en 1949 à Trégunc (29), professeur de droit à l'UBS, membre du centre de recherches européennes de l'université de Rennes

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'attaque d'Arnaud Montebourg sur les salaires des banquiers

« Cela devient clownesque que la classe politique s'attaque au privé. Elle a besoin de trouver des boucs émissaires. Les dernières déclarations d'Arnaud Montebourg sur les salaires des banquiers n'ont pas lieu d'être sans une exacte connaissance des choses. Les salaires des grands dirigeants des banques sont encadrés par la directive européenne CRD4. Ce salaire comprend une partie fixe et une autre variable dont le montant est différé sur trois ans. Aujourd'hui si le salaire d'un dirigeant de banque augmente, c'est donc que sa part variable progresse et que donc le titre est bon. C'est mécanique. »




Le plan d'économies de 50 Md€

« Il est impératif de le faire. Nous avons vécu au-dessus de nos moyens. L'État doit être exemplaire dans son contrôle et sa gestion. En terme de modalités, il ne faut pas se tromper et arrêter de croire que c'est par l'impôt que l'on peut faire quelque chose. Plus d'impôts, créer plus de doutes et bloquer les conditions nécessaires à l'essor des entreprises. Et en finalité, ces doutes bloqueront l'emploi. Je crois en revanche qu'il y a des ajustements à trouver du côté des dépenses publiques. À l'échelle européenne la France renvoie une image d'instabilité réglementaire et législative permanente. De quoi freiner les envies d'entreprises étrangères voulant s'installer en France. Que nos élites aient une vision sur le long terme alors que pour des raisons électoralistes, ils ne pensent qu'à court terme. »




Le SMIG jeune

« Je ne suis pas d'accord. Au nom de quoi des jeunes qui sont formés et compétents seraient moins payés que d'autres salariés de l'entreprise. Cherche-t-on à faire une société basée sur des acquis d'ancienneté. Ce n'est pas supportable. La concurrence doit se faire sur les compétences. Derrière ce projet de SMIG jeune, il faut voir toutes les discriminations dont fait preuve notre société dans le monde du travail. Nous ne devrions pas à avoir à parler d'égalité salariale pour les femmes ou de quelque différence que ce soit. »

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