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Transcan investit toujours plus pour sa croissance malgré des freins liés au recrutement
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Transcan investit toujours plus pour sa croissance malgré des freins liés au recrutement

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Transporteur routier mais aussi spécialiste de la logistique, de l’e-commerce ou de la livraison du dernier kilomètre, Transcan, basé à Carros près de Nice, investit toujours plus pour multiplier ses implantations sur son territoire et servir la demande. Une demande qui nourrit une croissance annuelle de 17 % depuis dix ans. Mais qui est aujourd’hui freinée par les difficultés de recrutement.

Franck Cannata, dirigeant de Transcan, transporteur également expert de la logistique et de l'e-commerce basé à Carros, près de Nice — Photo : Olivia Oreggia

L’extension du siège social vient de s’achever. Tout au fond de la zone industrielle de Carros, près de Nice, Transcan (près de 500 salariés, 42 M€ de CA 2023) a fait agrandir ses bureaux, sa salle de repos, ses locaux sociaux et a intégré une cabine de peinture poids lourds. De la surface et des étages supplémentaires pour passer de 500 à 1 500 m2. "Nous augmentons nos effectifs et nos activités, nous avons naturellement besoin de plus de support, résume le dirigeant, Franck Cannata. Transcan regroupe vraiment tout : commerce, comptabilité, juridique, social, fiscal… tout ce qui concerne le support des filiales d’exploitation."

"La flexibilité vaut de l’or"

Ce jour-là, des collaborateurs du groupe s’activent dans le bâtiment pour effectuer quelques finitions, entre la peinture des murs (rouge) et la moquette. Comme les camions du groupe, impossibles à manquer sur les routes des Alpes-Maritimes, leurs tenues sont évidemment rouges. Ils font partie de l’une des filiales, en question : "multiservices". Plomberie, électricité, contrôle d’accès, réseau informatique… tout ou presque est fait en interne. "Dans certaines activités, notamment l’e-commerce, nous filmons toutes les séquences d’emballage et suivons tous les colis une fois fermés, jusqu’à leur chargement dans les camions, explique Franck Cannata. Nous avons donc un gros besoin de savoir-faire autour de la sécurité. C’est la première chose que nous avons déployée. Le reste a suivi. La flexibilité, ça vaut de l’or."

Cette filiale multiservices est, avec celle dédiée à la mécanique, la seule venant en support. La dizaine d’autres structures le business et le développement de Transcan : transport routier, conteneur, logistique, e-commerce, EcoCity pour la livraison du dernier kilomètre…

Nouvelles filiales

Auxquelles s’ajoutent Les Transports Galot, société grassoise rachetée au printemps 2023. Une autre opération de croissance externe devrait suivre d’ici l’été 2024. D’autres filiales devraient également voir le jour cette année. C’est ainsi que procède le groupe : face aux besoins de ses clients, il apporte une réponse précise et structurée.

Un stratégique dernier kilomètre

Dernier exemple en date avec la nouvelle filiale CHR - cafés, hôtels, restaurants - pour assurer une livraison rapide de produits frais aux restaurateurs et professionnels des métiers de bouche. "Nous avons déployé pour eux notre philosophie EcoCity, afin de leur permettre d’avoir une longueur et une qualité d’avance. C’est très difficile à mettre en place, car il s’agit de produits sensibles. Mais nous amenons une solution, tout en décarbonant la ville, puisque les livraisons se font à vélos électriques", détaille Franck Cannata.

Avec sa flotte de vélos-cargos électriques, EcoCity assure la livraison du dernier kilomètre — Photo : Olivia Oreggia

La livraison du dernier kilomètre, en vélos-cargos électriques, Transcan s’en est fait une spécialité en créant EcoCity. Elle avait ouvert sa première boutique dans le centre-ville niçois en 2021, avec l’objectif de diminuer embouteillages et pollution en centralisant les livraisons des transporteurs. Depuis, le concept a essaimé jusqu’à Cannes et ne cesse de prendre de l’ampleur à Nice. Le groupe investit ainsi plus de 3 millions d’euros pour aménager, sous la place Masséna, une ancienne galerie marchande sur 1 200 m2 pour y créer un "hub" stratégiquement positionné à la jonction de plusieurs quartiers ultra-touristiques, dotés de nombreux restaurants et commerces de bouche. Pour se renforcer dans cette activité, Transcan a racheté en janvier dernier, l’entreprise azuréenne de livraison à vélo Le Lien, créée en 2008 par Maxime Le Nocher.

125 millions d’euros pour deux nouveaux bâtiments

Et les investissements ne s’arrêtent pas là, bien au contraire. Dans la Plaine du Var, à l’ouest de Nice, le chantier de construction d’un bâtiment de 15 000 m2 débutera d’ici la fin de l’été prochain pour s’achever en 2026. Montant de l’opération : 25 millions d’euros. Il sera dédié à l’un des clients majeurs du groupe. Un peu plus loin, au cœur du PAL, le Parc d’Activité Logistique de Nice, c’est un chantier de 100 millions d’euros qui devrait être lancé mi-2025. La demande de permis de construction a été déposée. Il s’agit là de construire un bâtiment de 60 000 m2 sur plusieurs niveaux. La moitié sera commercialisée. Sur ce site, où se trouve déjà Transcan, "on déconstruira pour reconstruire", résume Franck Cannata qui travaille sur ce projet depuis quatre ans. Avec les contraintes topographiques et le manque de foncier propres aux Alpes-Maritimes, il faut innover et aborder la logistique "dans la verticalité", elle qui s’est toujours exercée à plat, le long de quais de chargement.

Transcan est déjà implanté au PAL, le Parc d’Activité Logistique, à Nice où le groupe a le projet de construire un bâtiment de 60 000 m2 en lieu et place de l’actuel — Photo : Olivia Oreggia

Recherche candidats

Mais si innover n'est pas pour déplaire au dirigeant, celui-ci vit plus difficilement le frein désormais majeur que représente la problématique de recrutement. "Nous avons plein d'idées, et pourrions faire des choses bien plus grandes encore si nous n'étions pas confrontés à cette problématique, car la demande est forte et en hausse, confie Franck Cannata qui illustre ses propos avec une équation simple. "Notre chiffre d'affaires annuel augmente de 17 % depuis dix ans. Étant prestataires de services, cela signifie que nous devons augmenter les effectifs d'autant, ou à peu près. Or, nous sommes limités par le manque de candidats et parfois d'intérêt de ceux qui se présentent. Il est très difficile d'imbriquer dans un projet des gens qui ne s'engagent pas forcément dans le temps et cela peut avoir un impact sur des collaborateurs qui eux, restent très impliqués."

Les métiers historiques du groupe sont les plus touchés, transport routier en tête. La faute selon le dirigeant à une mauvaise image qui colle désormais aux poids lourds. "Dans les médias, nous sommes pointés du doigt dès qu'il y a un accident. On passe pour de gros pollueurs, ce qui est complètement faux. Tout cela joue."

Camion du groupe Transcan — Photo : Olivia Oreggia

Les métiers historiques du groupe sont les plus touchés, transport routier en tête. La faute à une mauvaise image qui colle désormais aux poids lourds. "Dans les médias, nous sommes pointés du doigt dès qu’il y a un accident. On passe pour de gros pollueurs. Tout cela joue", observe le dirigeant. Mais le patron niçois dit observer le même phénomène dans chacune de ses filiales et activités.

Garder les talents dans la durée

Si les gros camions ne font plus rêver les petits garçons, les vélos, étonnement, ont toutefois le vent en poupe. "C’est dans l’air du temps et c’est vrai que nous avons bien moins de difficultés pour trouver des riders", ces livreurs à vélo, note Franck Cannata. "Mais là encore, il reste très difficile de les inscrire dans la durée."

Des appartements mis à disposition pour les salariés

Face à ces générations qui ne font pas du travail une priorité et qui ont du mal à tenir en place à un même poste, Transcan travaille sa communication et sa marque employeur, en passant par les réseaux sociaux, entre autres outils. "Nous sommes allés jusqu’à acheter des appartements en centre-ville pour les mettre en priorité à la disposition de nos collaborateurs, à loyer préférentiel", indique le patron.

Logement, attractivité… le tout sur un territoire particulièrement contraint, autant de sujets que Franck Cannata veut aussi faire avancer au-delà de son groupe et notamment au sein de la Fédération des Transports Routiers des Alpes-Maritimes dont il vient d’être élu président.

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