Alpes-Maritimes
Transcan teste l’indicateur de la Banque de France pour évaluer les risques climatiques
Alpes-Maritimes # Transport-logistique # Transition écologique

Transcan teste l’indicateur de la Banque de France pour évaluer les risques climatiques

S'abonner

Comment évaluer l’exposition de son entreprise aux risques climatiques ? C’est ce à quoi veut répondre l’indicateur climat lancé, gratuitement, par la Banque de France. Dans les Alpes-Maritimes, Transcan, acteur majeur du transport, a déjà utilisé ce nouvel outil. Le sujet était au cœur de la soirée annuelle de Sud Place Financière qui se tenait dans les bureaux de Grant Thornton à Nice.

De gauche à droite : Franck Cannata, gérant de Transcan et président de la FNTR 06, Alexandre Ozararat, Associé Grant Thornton, Philippe Billard, directeur de la Banque de France Alpes-Maritimes, Alain Lacroix, président de Sud Place Financière, Bernard Kleynhoff, président de Rising Sud, et Jean de Menduguren, directeur Stan Alpes-Maritimes — Photo : Olivia Oreggia

Acteur majeur du transport et de la logistique sur la Côte d’Azur, Transcan (500 salariés, 42 M€ de CA 2023) basé à Carros, est engagé depuis plusieurs années à réduire son impact carbone. Le groupe a notamment innové face à la problématique que représente la livraison du dernier kilomètre, en créant des hubs en centres-villes (5 en tout à Nice et Cannes) via sa filiale EcoCity, au moyen de vélos et de véhicules légers électriques. "Il faut réinventer notre métier pour optimiser et ainsi réduire le nombre de véhicules qui livrent le dernier kilomètre alors que la marchandise ne cesse d’augmenter, explique son gérant, Franck Cannata. La transition aura au moins deux axes prioritaires : le matériel et optimisation par la massification des flux".

Franck Cannata, gérant de Transcan et président de la FNTR 06, s’appuie sur l’indicateur climat de la Banque de France pour mesurer son impact — Photo : Olivia Oreggia

Avec ses camions rouge vif, l’entreprise fait partie des 2 000 sociétés françaises identifiées par la Banque de France pour expérimenter son indicateur climat qu’elle a présenté lors de la soirée annuelle de Sud Place Financière dans les murs de Grant Thornton à Nice.

Deux ans qu’elle y travaille. Et la voilà arrivée à sa phase opérationnelle. Cet outil qu’elle déploie peu à peu, avec l’Ademe, doit permettre d’évaluer l’exposition des entreprises aux risques climatiques. "Nous ne sommes pas là pour donner des leçons. Il s’agit de sensibiliser les entreprises, de les aider à se positionner", précise d’emblée Philippe Billard, directeur départemental de l’institution dans les Alpes-Maritimes.

La transition climatique concerne tout le monde

"Vous pouvez considérer que la transition carbone ce n’est pas pour vous, mais en réalité, elle va le devenir parce que vos clients vont l’exiger, parce qu’on va aller vers plus de réglementation, parce qu’on est dans un enjeu civilisationnel, un enjeu de survie et aussi d’équilibre économique […] On ne pourra pas avoir une économie prospère si le dérèglement climatique n’est pas contenu. Dans les Alpes-Maritimes, une montée importante du niveau de la mer rendrait probablement certaines infrastructures telles que la route du bord de mer et la voie ferrée inutilisables."

Philippe Billard est le directeur territorial de la Banque de France dans les Alpes-Maritimes — Photo : Olivia Oreggia

Trois volets évalués

À l’image de Franck Cannata, les dirigeants sollicités ou intéressés par l’initiative ont à répondre à un questionnaire, gratuit, pour évaluer in fine leur "trajectoire carbone", à savoir la courbe de leurs émissions de gaz à effet de serre. "Cela nous permet de nous comparer avec d’autres acteurs du territoire, d’avoir de la data sur ce que nous représentons, de mesurer aussi notre progression, souligne le dirigeant. On mesure habituellement nos efficacités, celle-ci est nouvelle."
Grâce aux données précises de MétéoFrance, l’entreprise peut également connaître les conséquences des risques physiques (sécheresse, précipitations, tempête, canicule…) et avoir ainsi une estimation de l’exposition de ses moyens d’exploitation, siège social et établissements secondaires. Nous travaillons à ce que toutes les entreprises, y compris en dehors de l’indicateur climat, puissent y avoir accès à horizon fin 2025."

Enfin, l’indicateur climat évalue le degré de maturité, de prise de conscience et donc de préparation face à ces enjeux. "Le tout en toute indépendance", précise Philippe Billard.

Objectif 10 secteurs en 2027

Le secteur dans lequel évolue Transcan fait partie des trois visés dans un premier temps : la production d’électricité, le foncier et donc le transport, un secteur d’activité majeur. "En France, 88 % des marchandises sont transportées par la route et 89 % des produits agricoles", précise le dirigeant azuréen qui aime aussi à rappeler que cumulés, ces poids lourds sont toutefois moins polluants que l’ensemble de nos voitures.

La construction automobile et les concessionnaires auto d’ailleurs, ainsi que la production d’acier et de ciment entreront à leur tour en 2025 dans le spectre de l’indicateur climat. L’objectif est d’atteindre les 10 secteurs les plus émetteurs, représentant 60 % des émissions de gaz à effet de serre.

Sud Place Financière a créé deux commissions dont une sur la finance durable — Photo : Olivia Oreggia

25 entreprises dans les Alpes-Maritimes

Sur les 2 000 entreprises concernées pour cette première campagne, 125 figurent en région Sud, dont 25 dans les Alpes-Maritimes. Mais pour une entreprise comme Transcan qui a déjà passé 88 % de sa flotte de camions au B100, un biocarburant, et qui prévoit d’ajouter encore en 2025 une quarantaine de vélos et véhicules légers électriques, qu’attendre alors de cet indicateur climat ? "Il nous faut nous challenger pour que cette transition soit de plus en plus performante sans perdre le volet économique, la valeur ajoutée, la qualité de travail, reprend Franck Cannata. L’enjeu est de ne rien dégrader tout en performant malgré tout sur ces indicateurs nouveaux qui auront un rôle déterminant aussi sur notre croissance. L’enjeu final est aussi d’obtenir des financements : le bon élève aura probablement une meilleure négociation commerciale que le mauvais. Ça commence et ça va se renforcer. L’extra comptable va compter de plus en plus."

En région Sud, seuls 500 poids-lourds roulent au biocarburant, contre 41 200 au diesel — Photo : Olivia Oreggia

Avoir des solutions dans les cartons

Pour autant en 2023, sur les 41 700 poids lourds qui circulaient en région Sud, 41 500 roulaient encore au diesel, seuls 500 au biocarburant.

"J’incite tous les adhérents à au moins mettre le pied dans la porte, écouter, s’imprégner de ces nouveautés, de ce que représente cette transition non pas comme un frein mais au contraire comme une opportunité, reprend Franck Cannata en sa qualité de président de la FNTR 06, la Fédération Nationale des Transports Routiers. Bien sûr de prime abord c’est un frein : c’est plus cher, contraignant, cela amène des difficultés supplémentaires, des risques permanents, mais si on ne l’intègre pas aujourd’hui, ce sera encore plus complexe plus tard. Même si aujourd’hui vous n’y croyez pas, il faut se tenir informé et avoir des solutions alternatives prêtes dans les cartons, c’est maintenant."

Alpes-Maritimes # Transport-logistique # Transport-logistique # Services aux entreprises # Transition écologique # Transition énergétique # Réseaux d'accompagnement