Dans une enquête annuelle publiée le 3 février, la Banque de France de Nouvelle-Aquitaine et la CCI Bordeaux-Gironde dressent un bilan 2024 de l’activité des entreprises dans la région Nouvelle-Aquitaine, accompagné de premières perspectives pour l’année en cours.
Selon l'enquête, le chiffre d'affaires 2024 des entreprises de la région est en augmentation légère dans les services marchands (+ 0,6 %), en contraction (-1,3 %) dans l'industrie et en baisse plus prononcée dans la construction (-2,2 %).
Une industrie résiliente
Dans l'industrie, le chiffre d’affaires des fabricants de matériels de transport, en particulier ceux de l’aéronautique, "évolue positivement" en 2024. Et ce, malgré une supply chain freinée par des tensions d’approvisionnement et de recrutement.
En revanche, l'activité dans le secteur agroalimentaire est en recul. Les industriels sont freinés par des récoltes en baisse pour les fruits et légumes. De leur côté, les fabricants de boissons souffrent des mesures antidumping chinoises, notamment les producteurs et négociants de cognac.
Du côté des effectifs de l'industrie régionale, on note une légère baisse (-1,3 %) pour 2024.
Pour 2025, les projections tablent sur une hausse du chiffre d'affaires (+ 2,6 % anticipés) et des effectifs (+0,4 %), dans l’ensemble des branches. Les industriels tablent sur une amélioration de la rentabilité et une progression modérée des investissements, "en lien avec l’autonomie énergétique notamment".
Le BTP toujours en souffrance
Le secteur de la construction, lui, reste à la peine, impactant particulièrement le gros œuvre qui enregistre un fort recul des nouveaux chantiers de logements collectifs et individuels. Le segment des bâtiments publics se révèle toutefois plus stable. Le second œuvre est aussi en recul "en raison de changements réglementaires de la Prime Rénov' et d’une baisse des transactions de logements anciens".
Les travaux publics sont en croissance, en raison de la demande des industriels et des commandes publiques. Ils pourraient ralentir le pas en 2025. Les effectifs (-0,4 % contre + 0,8 % en 2024) et les investissements, seraient aussi en recul à l’inverse d’une rentabilité qui "pourrait s’améliorer".
Une embellie attendue dans les services
L’activité des services marchands reste stable, avec des chiffres d’affaires en hausse notamment grâce à une augmentation des prix (+ 2,5 %) hétérogène en fonction des secteurs. Les effectifs évoluent peu (-0,3 %) mais le recours à l'intérim fléchit significativement.
L’hébergement s’en sort mieux que la restauration, les entreprises de la programmation et du conseil informatique "pâtissent de reports de projets industriels, hormis dans l’hébergement de données". Le transport routier continue de perdre des volumes.
Enfin, la Banque de France de Nouvelle-Aquitaine table sur une progression globale (hors intérim et transport routier) du chiffre d’affaires (+ 2,5 %) des services en 2025, due à une "accélération modérée de la consommation des ménages". Elle anticipe aussi une hausse des effectifs (+ 0,6 %), de la rentabilité et des projets d’investissements "un peu moins actifs, comme en 2024, tout en restant significatifs".