Dans le Nord, à Onnaing près de Valenciennes, Toyota (4,9 Mds€ de CA en 2024) est l’un des principaux employeurs du territoire. Avec un effectif de 5 000 salariés, c’est ce qu’on appelle un poids lourd. Et 2024 est une année de célébration pour le constructeur japonais, avec un nouveau record de production, un objectif presque atteint de 280 000 véhicules produits cette année… Et la 5 millionième voiture produite (en 23 ans) dans l’usine nordiste.
Pour continuer à répondre à la forte demande, Toyota va recruter 600 personnes en CDI, parmi les 1 000 collaborateurs employés en CDD ou en intérim. Dont une centaine de recrutements prévus d'ici la fin de l'année et le reste "à moyen terme". Pour rappel, 85 % de la production de l’usine sont destinés au marché européen.
Produire sur place
Depuis son installation en 2001, Toyota a investi près de 1,5 milliard d’euros. "Dès le départ, l’idée était de produire en France, rappelle Didier Leroy, premier président français de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) et actuel président du Conseil d’administration de Toyota Motor Manufacturing Europe. Il n’a jamais été question d’exporter depuis le Japon où 3 millions de voitures sont produites par an sur un volume total de production, toutes usines confondues, de 10,5 millions de voitures."
"Même si les capitaux sont japonais, Toyota fait du fabriqué en France"
Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, était sur place le 26 novembre pour le dévoilement de la 5 millionième Yaris produite. Unique en son genre, elle revêt les couleurs du drapeau français. Tout un symbole. "Même si les capitaux sont japonais, Toyota fait du "fabriqué en France" au service de la transition écologique puisque tous les véhicules qui sortent d’ici sont 100 % hybrides", met en avant le ministre.
L’hybride, la valeur sûre de Toyota
Une technologie hybride que certains jugent dépassée à l’heure du "tout électrique". Des critiques que les dirigeants de la firme balaient d’un revers de main. "Nous ne sommes pas réfractaires à l’électrique, au contraire, avance Didier Leroy. Une voiture hybride est aussi une voiture électrique mais avec une plus petite batterie. Nous voulons opter pour ces technologies parce que c’est le bon moment et non pas parce que ce serait un phénomène de mode."
"Aujourd’hui, l’hybride est le seul véhicule introduit sur le marché qui permet de diviser par cinq les émissions de CO2."
Et de démontrer, chiffres à l’appui, que pour l’heure, la voiture hybride émet moins de CO2 qu’une électrique. "Le lithium, matériau rare qui entre dans la fabrication d’une batterie, risque d’être en pénurie à partir de 2030. De plus, avec la quantité de lithium nécessaire pour une voiture électrique, on peut faire six voitures hybrides rechargeables. Aujourd’hui, l’hybride est le seul véhicule introduit sur le marché qui permet de diviser par cinq les émissions de CO2", assure Didier Leroy.
Alors que la région des Hauts-de-France se targue d’être la vallée de l’électrique, Philippe Beauchamps, vice-président de la région, abonde dans le sens de Toyota. Et ajoute que "la région est et veut rester" un leader européen dans l’automobile". "Toyota est un phare qui permet d’attirer d’autres investisseurs", a-t-il également déclaré.
Un marché qui risque de se tendre
Toyota, détenteur du label Origine France Garantie pour ses Yaris, craint néanmoins la conjoncture du marché. "La réglementation européenne est de plus en plus sévère concernant l’automobile alors que la concurrence va devenir de plus en plus féroce. L’élection de Trump risque de freiner l’entrée des Chinois aux États-Unis qui vont se rabattre sur l’Europe", redoute Didier Leroy. Les différents dirigeants se veulent néanmoins optimistes et vantent un "modèle différent des autres acteurs" tout en réitérant leur volonté de produire local.