Après avoir fortement développé la Confiserie du Roy René, à Aix-en-Provence, Laure Pierrisnard est chargée de décliner sa recette du succès dans les trois autres manufactures du groupe Territoire de Provence (CA 2025 : 34 M€), toutes implantées dans les Alpes-de-Haute-Provence. Directrice de l’entreprise aixoise depuis 2014, elle est désormais également à la tête des sites bas-alpins avec une mission : "Préserver nos savoir-faire d’Entreprise du patrimoine vivant, faire grandir les manufactures et les ouvrir davantage au public", comme elle l’a fait pour la marque spécialisée dans les calissons.
Des volumes de production grandissants
Comparée à la Confiserie du Roy René, l’échelle est bien différente, puisque la Biscuiterie de Forcalquier, la Caramélerie de Mane et la Chocolaterie de Banon représentent moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires et une trentaine de salariés à elles trois, contre une centaine de collaborateurs et 17 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’entreprise aixoise devenue un modèle. "Les sites sont plus petits, ont moins de notoriété, mais leurs savoir-faire sont tout aussi passionnants et ils font face à des volumes grandissants", souligne Laure Pierrisnard, qui vise une croissance à deux chiffres dès 2026 pour chacun d’eux.
Des produits à fort potentiel
"On peut développer ces marques. Les caramels en les faisant connaître davantage, mais surtout les biscuits et les chocolats", garantit la directrice, qui a déjà dopé le chiffre d’affaires de la Confiserie du Roy René en le faisant passer de 10 à 17 millions d’euros en 10 ans. Elle a notamment créé un univers complet autour de la marque, en renforçant le réseau des boutiques Le Roy René et en valorisant son volet patrimonial grâce au musée du calisson, implanté au cœur de la manufacture.
Des synergies commerciales et humaines à exploiter
Deux leviers qu’elle actionne également sur les sites bas-alpins. Les manufactures sont en effet autant de points de vente des gammes des différentes enseignes. Et leurs produits sont également commercialisés à la Maison de la pistache à Valensole, à l’Écomusée de l’olivier à Volx ou dans les épiceries fines Brémond, qui appartiennent au même groupe. Des synergies commerciales non négligeables, auxquelles s’ajoutent les synergies humaines puisque des fonctions transversales se développent, comme celle de responsable HSE (hygiène, sécurité et environnement) et RSE, née à la Confiserie du Roy René et mutualisée.
Un tourisme de savoir-faire en plein essor
Les sites de production sont par ailleurs de plus en plus orientés vers le tourisme de savoir-faire. Ils n'ambitionnent évidemment pas d'atteindre les 85 000 visiteurs du musée du calisson, mais l'aspect pédagogique va y être renforcé. Et Laure Pierrisnard compte sur le "passeport" créé il y a un an pour inciter les gourmands à multiplier les haltes dans chacun des sites du groupe Territoire de Provence pour booster l'attractivité. "Il faut faire rayonner le tourisme de savoir-faire, insiste-t-elle, communiquer sur cet itinéraire pour augmenter les visites libres ou guidées, les dégustations et les inscriptions à des ateliers. Nous voulons amener de nouvelles expériences."
Des sites plus ambitieux
Cela passe par une reconfiguration des manufactures de Banon et Forcalquier, où les parcours de visite comme de production s’étendent. À l’image de la Confiserie du Roy René, qui s’est installée en 2014 dans un bâtiment ultramoderne et durable (12 M€), les deux plus grandes manufactures bas-alpines vont investir dans leurs locaux. À la Chocolaterie de Banon, plus d’un million d’euros sont fléchés vers l’agrandissement du site, 500 000 euros vers la modernisation du matériel. Et à Forcalquier, 300 000 euros sont injectés dans un deuxième four et une deuxième ligne de production, en plus de la location d’un second bâtiment.