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Les calissonniers aixois sur le point d’obtenir une IGP
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Les calissonniers aixois sur le point d’obtenir une IGP

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L'union des fabricants de calissons d'Aix-en-Provence a déposé un dossier de demande d'Indication géographique protégée pour la célèbre confiserie aixoise. La réponse, attendue courant octobre, devrait conclure plus d'une année de travail.

Les calissionniers aixois produisent chaque année près de 400 tonnes de calissons — Photo : D.R.

Ils sont simplement une quinzaine d’entreprises et regroupent environ 300 salariés, dont une centaine pour la seule Confiserie du Roy René. Malgré leurs tailles modestes, les fabricants aixois de calissons se sont réunis afin d’obtenir une Indication géographique protégée (IGP) pour leur confiserie phare, jusqu’à présent protégée par aucune appellation permettant de valider son origine et sa composition. Des tentatives avaient déjà été menées au début des années 2000, en vain. "À cette époque-là, nous n’avions pas assez travaillé collectivement. Cette fois-ci, nous avons notamment été accompagnés par Olivier Nasles, président du Comité national de l’agriculture biologique, qui dirige une exploitation agricole tout près d’Aix-en-Provence, à Éguilles. Nous avons avancé lentement, mais nous avons désormais déposé notre cahier des charges et nous attendons la décision de la commission nationale de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) chargé de valider les IGP, dont l’origine remonte à une réglementation européenne de 1992 ", confie Laurence Pierrisnard, directrice générale de la Confiserie du Roy René et présidente de l’union des fabricants de calissons d’Aix-en-Provence (UFCA). Après une année de travail, la décision devrait intervenir courant octobre. Dès lors, aucun concurrent hors de l’aire géographique aixoise, ne pourra commercialiser de calissons avec une quelconque référence, directe ou indirecte, à "Aix-en-Provence".

Ne pas uniformiser le produit

"La définition du cahier des charges est une étape très importante. Nous avons veillé à ne pas nous laisser enfermer par certains critères qui pourraient dans l’avenir se révéler trop restrictifs, car une fois l’IGP obtenue, il est très difficile de revenir en arrière. De plus, nous sommes tous confrères et concurrents. La difficulté est de se mettre d’accord sur des dénominateurs communs, sans vouloir uniformiser le produit. L’idée n’est pas que tous les calissons aixois se ressemblent et soient interchangeables", poursuit la présidente.

Protection nationale puis européenne

Une fois la décision prise en octobre, une période de recours de six mois sera ouverte. " Il existe des calissonniers qui ne sont pas basés aux alentours d’Aix-en-Provence, dans les Alpes-de-Haute-Provence ou à Sète, mais ce ne sont pas des maisons historiques. Certains membres de l’UFCA sont des entreprises centenaires. Par rapport à d’autres appellations, nous avons su conserver le savoir-faire sur son territoire historique. L’IGP va permettre de distinguer clairement le calisson aixois, ce sera une clarification pour le consommateur ". Dans un premier temps, l’obtention de l’IGP protégera les fabricants au niveau national, puis passé un délai de six à douze mois, l’extension européenne sera obtenue. "Par rapport à d’éventuels concurrents, il est plus difficile de déposer une marque protégée par une IGP et, si cela arrivait, ce serait l’INAO qui nous défendrait… "

En 2016, une concurrence chinoise

En 2016, une entreprise chinoise avait déposé en Chine la marque " Calissons d’Aix ". " Avec les calissonniers, nous nous sommes alors mobilisés et nous avons défendu l’idée que les calissons d’Aix n’étaient pas seulement une marque, mais un signe de qualité lié à un terroir. L’Office chinois des marques a étudié notre dossier et tous nos éléments et, après un an d’analyse, a choisi de faire tomber la marque chinoise. Cet épisode symbolique nous a tous secoués et nous a mobilisés", se souvient Laurence Pierrisnard.

Les calissionniers aixois produisent chaque année près de 400 tonnes de calissons.

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